La basilique Saint-Pierre (en latin : Sancti Petri et en italien : Basilica di San Pietro in Vaticano) ou la basilique papale Saint-Pierre au Vatican (Basilica Papale di San Pietro in Vaticano), parfois appelée Saint-Pierre de Rome, est l'édifice religieux le plus important du catholicisme. Elle est située au Vatican, sur la rive droite du Tibre, et sa façade s'ouvre sur la place Saint-Pierre.
Elle a été construite là où, selon la volonté de l'empereur Constantin Ier, les premiers pèlerins venaient vénérer saint Pierre, sur l'emplacement du cirque de Caligula et de Néron.
Inscrite à la liste du patrimoine mondial, établie par l'UNESCO, la basilique Saint-Pierre est considérée comme la plus grande conception architecturale de son temps et demeure l'un des monuments les plus visités au monde. Sa construction, à l'emplacement de l'antique basilique vaticane construite sous le règne de Constantin Ier, commence le 18 avril 1506 et est achevée en 1626. Ses architectes les plus importants sont Bramante, Michel-Ange, Maderno et Le Bernin.
La basilique Saint-Pierre est un important lieu de pèlerinage qui rassemble sur sa place au minimum 150 000 catholiques chaque dimanche pour l'angélus pontifical. Ce n'est pas la cathédrale du diocèse de Rome, puisque l'évêque de la ville siège à Saint-Jean-de-Latran, mais c'est l'église du pape et de l'État pontifical. Elle est également l'une des deux églises paroissiales de la cité du Vatican (l'autre étant l'église Sainte-Anne-des-Palefreniers). Bien que le Nouveau Testament ne mentionne pas la présence à Rome de l'apôtre Pierre, premier chef de l'Église chrétienne, ni son martyre dans cette ville, la tradition catholique indique que la tombe de saint Pierre est située sous le maître-autel, au centre de l'église, sous le baldaquin baroque.
La basilique Saint-Pierre est la deuxième des quatre basiliques majeures de Rome, après Saint-Jean-de-Latran, avant Sainte-Marie-Majeure et Saint-Paul-hors-les-Murs.
Avec une superficie de 2,3 ha et une capacité de plus de 60 000 personnes, elle est l'église catholique la plus grande au monde. Elle est aussi l'un des lieux les plus saints du christianisme, puisque la tradition situe en ce lieu la sépulture de Pierre, qui, selon la tradition catholique, fut le premier évêque de Rome, donc le premier pape.
Au début de l'Empire romain, le site était occupé par quelques villas, bâties autour de jardins impériaux qui appartenaient à Agrippine l'Aînée. Son fils, Caligula (37-41 apr. J.-C.), y fit construire un cirque privé, le Circus Vaticanus ou cirque de Caligula et de Néron, dont l'actuel obélisque constitue l'un des rares vestiges.
C'est dans ce cirque, ainsi que dans les jardins adjacents, qu'eut lieu le martyre de nombreux chrétiens de Rome à l’époque de Néron (54-68). La tradition place le martyre de l'apôtre Pierre dans l'enceinte même du cirque — inter duas metas (« entre les deux bornes ») de la spina (mur central bas autour duquel tournaient les chars). Le centre était occupé par l'obélisque. Selon la tradition transmise par des ouvrages apocryphes (tels les Actes de Pierre, Ac Pierre 38), Pierre fut crucifié vers 65, la tête en bas par humilité, car il ne se jugeait pas digne de mourir comme le Christ. Selon une autre version, il peut s'agir d'une cruauté supplémentaire volontairement infligée par les Romains.
L’emplacement traditionnel de la tombe de l'apôtre est indiqué par une pierre rouge, au sein d'une nécropole située au nord du cirque de Caligula et de Néron.
Dans la basilique constantinienne, un édicule, situé à la butée des nefs, signalait l'emplacement de la sépulture de Pierre. Placé sur une petite estrade de marbre, il prenait la forme d'un baldaquin supporté par des colonnes torses en bronze et prolongé par un portique à colonnes. Au centre, sous le baldaquin, se trouvait un édicule de marbre donnant accès, les jours de fête, à la sépulture. Ce dispositif est l'une des premières manifestations du culte des reliques des saints.
En 1939, lors de travaux d'excavation pour la construction de la tombe du pape Pie XI, une sépulture est découverte sous la crypte de la basilique, inaccessible depuis le IXe siècle. Il s'agit d'un modeste monument du IIe siècle élevé sur l'emplacement d'une tombe datée du Ier siècle et inséré dans les vestiges de la basilique de Constantin. Le cardinal Ludwig Kaas dirige 10 ans de recherches archéologiques, couronnées par la déclaration de Pie XII, le 24 décembre 1950 sur Radio Vatican, annonçant la découverte du tombeau de l'apôtre. Divers éléments permettent de formuler une hypothèse d'identification, sans cependant imposer de conclusion.
Ces restes sont accessibles par l'escalier de marbre situé au niveau de l'autel papal. Ainsi, le pape Paul VI annonce, en 1968, après avoir pris connaissance des études archéologiques, qu'il doit s'agir selon toute probabilité des restes du corps de saint Pierre.
Ancienne basilique constantinienne
L'ancienne basilique était probablement due conjointement à l'empereur Constantin Ier et au pape Sylvestre Ier. Commencée en 326, elle nécessita la démolition du cirque de Caligula et de Néron ou Circus Vaticanus qui s'étendait sur la partie sud du chantier. Constantin décida de raser les sépultures de la nécropole païenne alignées le long d'un sentier, car la tradition y fixait la tombe de saint Pierre. L'empereur pensa ainsi construire l'autel de sa basilique paléochrétienne au-dessus de cette tombe, faisant de l'édifice une basilique cémétériale avec un pavement souvent ouvert pour pouvoir y descendre des sarcophages. La basilique fut consacrée le 18 novembre 326 par le pape Sylvestre Ier.
Mais des études plus récentes, centrées sur l'étude d'inscriptions, remettent en question la paternité de Constantin dans l'édification de la basilique. Les chercheurs y voyant peut-être l'œuvre d'un de ses fils Constant ou Constance II.
C'était une basilique de 8 052 m2 (soit 122 × 66 m), comportant une nef à cinq vaisseaux, c'est-à-dire un vaisseau principal bordé par deux doubles bas-côtés, séparés par des colonnes de marbre coloré, puis un transept saillant et terminée par une abside semi-circulaire, construite autour de la tombe de saint Pierre. L'édifice était précédé d'un grand péristyle ou atrium, dit parfois quadriportique, cour à portique au centre de laquelle se trouvait une fontaine à ablutions décorée d'une pomme de pin et de paons en bronze. Celui-ci se situait sur la partie ouest de l'actuelle place Saint-Pierre.
De grandes dimensions, l'édifice était long d'environ 103 mètres. Il occupait la majeure partie de la superficie de l'édifice actuel. Il était relativement sombre et tout un apparat de luminaires venait compléter l'éclairage.
La basilique était un des principaux lieux de pèlerinage au Moyen Âge. Le cœur de la basilique était l'autel de la « Confession de Saint-Pierre » dont une ouverture, la fenestella confessionis, permettait aux pèlerins de voir les reliques de l'apôtre.