Basile de Césarée, né en 329 et mort, selon la tradition, le 1er janvier 379 à Césarée de Cappadoce, est l'un des principaux Pères de l'Église. Il a été appelé, de son vivant, Basile le Grand en raison de son autorité morale et ecclésiale.
Fondateur d'un monastère dans la région du Pont, sur la mer Noire, il est l'auteur d'une règle connue comme la règle de saint Basile. Celle-ci est devenue la principale règle monastique de l'Église d’Orient et a partiellement inspiré la règle de saint Benoît dans l'Occident chrétien. Il pratiqua l'ascèse toute sa vie.
En 370, il devient évêque de Césarée. Son engagement pendant la famine, les hospices pour les malheureux qu’il crée au sein d’une cité de la miséricorde qui porte le nom de Basiliade en ont fait l'un des précurseurs du christianisme social.
Il défend la foi de Nicée contre l’arianisme et écrit des traités sur le Saint-Esprit, développant la théologie de la Trinité. Il cherche autant que possible à pacifier les divisions au sein de l’Église. Il est considéré, avec son frère Grégoire de Nysse et Grégoire de Nazianze, comme l'un des trois « Pères cappadociens ».
Il est reconnu comme Docteur de l'Église en 1568 par le pape Pie V. Vénéré en tant que saint par les orthodoxes comme par les catholiques, il est fêté le 2 janvier en Occident, et le 1er janvier, son dies natalis, en Orient, mais également lors de la « fête des trois docteurs œcuméniques », le 31 janvier, avec Jean Chrysostome et Grégoire de Nazianze.
Basile le Grand est originaire de Césarée de Cappadoce, où il est né vers 329, dans une famille chrétienne d'avocats et de rhéteurs appartenant aux milieux riches et influents de Césarée. Sa grand-mère, Macrine l'Ancienne, avait suivi l'enseignement de Grégoire le Thaumaturge et le transmit à sa famille. Deux des frères de Basile, Grégoire de Nysse et Pierre de Sébaste, deviendront évêques comme lui. Un autre frère, Naucratios, qui avait embrassé la vie érémitique, meurt vers 357 dans un accident de chasse ou de pêche. Sa mère Emmélie, une fois veuve, et sa sœur, Macrine la Jeune, se font religieuses.
Il étudie auprès de son père Basile l'Ancien, professeur de rhétorique, puis dans les écoles de grammairiens de Césarée de Cappadoce. Il poursuit ses études à Constantinople, puis à Athènes en 351, où il se lie d'amitié avec un camarade de l'Académie, Grégoire de Nazianze. Cette amitié naît de l'accueil fait par Grégoire de Nazianze à Basile, qui lui évite un bizutage trop important lors de son entrée dans l'Académie. Grégoire affirme ensuite : « Ce fut là le prélude à notre amitié ; c'est de là que jaillit l'étincelle de notre union ; c'est ainsi que nous fûmes touchés l'un par l'autre ».
Cette relation est renforcée lorsque Grégoire, lors d'un concours de rhétorique, prend la défense de Basile contre des Arméniens qui voulaient l'humilier . Cette amitié est renforcée par la foi forte que vivent Basile et Grégoire de Nazianze à Athènes, où ils côtoient de nombreux païens. Dans ses écrits, Grégoire insiste sur le caractère spirituel de leur relation. La première partie des études à Athènes semble indiquer que Grégoire joue auprès de Basile de Césarée un rôle de professeur. Les deux hommes développent le même goût pour la vie contemplative et monastique, dans une école où l'on étudie principalement les lettres classiques. Grégoire de Nazianze insiste dans son éloge funèbre de Basile sur l'intelligence supérieure de celui-ci.
Basile apprend la rhétorique, la grammaire, la littérature grecque classique en étudiant Homère, Euripide et Sophocle. Il a pour condisciple le futur empereur Julien.
En 355, à l'âge de 26 ans, il quitte Athènes sans l'aval de Grégoire de Nazianze. Il enseigne la rhétorique à Césarée de Cappadoce et à Néocésarée, et y exerce quelque temps la profession d'avocat jusqu'en 356.
Sa sœur Macrine, qui vit dans le Pont une vie d'ascèse avec sa mère, alors veuve, l'encourage à démissionner et à se faire baptiser. Il décide alors de mener une vie monacale.
Basile reçoit le baptême des mains de l'évêque de Césarée, Dianée. Basile, profondément attiré par la vocation monacale, se rend en Syrie, en Palestine et en Égypte afin d'observer et de découvrir les personnes menant une vie de cénobitique ou anachorétique. Ces périples durent deux ans.
En 358, de retour de ces voyages, il renonce au monde, se retire dans la solitude dans le Pont, au bord de l'Iris, près du lieu où vit la communauté de femmes réunie autour de sa mère et de sa sœur Macrine. Sur la rive opposée, il crée un ermitage qui devient très vite une communauté d’hommes, plusieurs moines le rejoignant. Les rapports entre les deux communautés de ce monastère double nous sont connus par la Vie de Macrine, dialogue laissé par Grégoire de Nysse, frère de Macrine et de Basile.
Là, Basile reçoit des visites de Grégoire de Nazianze, et développe une règle de vie monacale. Dans sa correspondance épistolaire avec Grégoire de Nazianze, il envoie à son ami les règles de vie monastique qui constituent ultérieurement les règles de l'ordre de saint Basile. Devenu prêtre, il rédige des conseils dont cinquante-cinq forment la « grande règle » et 313 autres la « petite règle ». Grégoire de Nazianze lui rend visite à plusieurs reprises, aidant sans doute à la formulation des règles monastiques qui deviennent postérieurement le fondement du monachisme oriental. Il y reste pendant cinq ans, menant une vie monacale.
En 362, il quitte son monastère afin d'assister son évêque de Césarée de Cappadoce, Dianius, qui meurt rapidement. Son successeur Eusèbe l'ordonne prêtre et le prend comme auxiliaire pour ses talents intellectuels. Basile aide à la gestion de l'évêché et prêche à Césarée. L'une des principales raisons de la venue de Basile auprès de l'évêque de Césarée est de conseiller l'évêque face aux persécutions de Julien l'Apostat. L'avènement de Julien comme empereur avait occasionné des troubles à Césarée, Julien ayant alors réprimé la population et exigé des amendes importantes. La présence de Basile auprès de l'évêque doit permettre une meilleure gestion de l'évêché. Pendant cette période, Basile reste en contact avec son monastère à travers une abondante correspondance épistolaire.
Pendant une courte période, Basile se trouve en désaccord avec Eusèbe et décide de repartir vivre dans le Pont. Les raisons de ce conflit ne sont pas claires. Il serait dû à une division de l'Église de Césarée vis-à-vis d'Eusèbe, qui aurait été accusé de défendre l'arianisme, ce qui provoque le début d'une division du clergé. Basile demande conseil à Grégoire de Nazianze et décide de ne pas prendre part à la division mais plutôt de partir en ermitage.
L'arrivée de Valens marqua le début de la persécution contre les partisans de la foi de Nicée. Basile décide alors de revenir afin de soutenir son évêque et le clergé. Cette aide de Basile lors des persécutions de Valens permet de réconcilier les différentes factions. Basile devient le principal soutien de l'évêque Eusèbe.
En 364, Basile rédige le traité Contre Eunomius, dans lequel il développe toute une théologie contre Eunome et sa conception de Dieu, qui nie la Trinité. Il dirige le diocèse avec un rôle non officiel d'évêque auxiliaire. Grégoire décrit le rôle de Basile : « Il en résulta qu'il était même investi du pouvoir dans l'Église, bien que le siège occupé par lui appartînt au second rang : en apportant son dévouement, il recevait en échange l'autorité, et c'était une chose admirable que ce concert et cet entrelacement des liens du pouvoir. L'un conduisait le peuple et l'autre le conducteur ».