Basile Ier, dit Basile le Grand, ou Basile le Macédonien (en grec : Βασίλειος ὁ Μακεδών, Basíleios ō Makedṓn), né vers 811 et mort le 29 août 886, est un empereur byzantin ayant régné de 867 à 886.
Né dans une famille de paysans du thème de Macédoine, il entra au service d’un parent du césar Bardas. Son habileté au dressage des chevaux le fit remarquer de l’empereur Michel III (r. 842-867) qui se prit d'amitié pour lui et lui fit gravir tous les échelons de la hiérarchie jusqu'à le nommer coempereur ; Basile devait néanmoins usurper le trône de son bienfaiteur.
Devenu basileus, il démontra une grande compétence dans l'administration des affaires de l'État, raffermissant le pouvoir impérial, donnant une nouvelle impulsion à l'art byzantin et repoussant les frontières de l'empire. Il fut considéré par les Byzantins comme l'un de leurs plus grands empereurs et la dynastie macédonienne qu'il fonda devait régner pendant l'une des périodes les plus glorieuses et prospères de l'empire.
Basile naquit dans une famille paysanne à la fin de 811 (ou au cours des années 830 selon quelques auteurs) à Chariopolis dans le thème de Macédoine, ce qui lui valut le surnom de « Macédonien ».
Son père se nommait Bardas et son grand-père Maïktos ; sa mère s'appelait Pankalo et le père de celle-ci, Léon. L'origine ethnique de sa famille n’est pas connue et a fait l’objet de spéculations. Au cours du règne de Basile, une généalogie officielle a été conçue selon laquelle ses ancêtres n'auraient pas été de simples paysans comme on le croyait, mais des descendants des rois arsacides (Arshakuni) d'Arménie, ainsi que de Constantin Ier. Les historiens arméniens Stépanos Taronetsi (Xe siècle) et Samuel d'Ani (XIIe siècle) affirment qu'il venait du village de Thil au Taron, un canton de la province arménienne historique de Tôroubéran. Pour leur part, des historiens musulmans comme Hamza al-Isfahani et Abu jaafar al-Tabari qui vécurent au Xe siècle donnent à Basile et à sa mère le qualificatif de Saqlabi, terme ethnographique qui se réfère généralement aux Slaves, mais peut aussi être interprété comme un terme générique incluant les habitants de la région de Constantinople et de la Bulgarie. Ses origines ethniques peuvent ainsi avoir été arméniennes, slaves, ou arméno-slaves. Le nom de sa mère indiquerait une origine grecque par l'ascendance maternelle. On accepte généralement que son père aurait « probablement » été d'origine arménienne et qu'il s'était établi dans la Thrace byzantine. Selon Tobias, l'auteur de la seule biographie de Basile disponible en anglais, il est impossible de savoir avec exactitude quelle était l'origine ethnique de l'empereur, l'auteur privilégiant toutefois l'hypothèse arménienne, Basile ayant pu compter à divers moments de sa carrière sur l'appui d'Arméniens dans des positions importantes à l'intérieur de l'Empire byzantin.
Selon une tradition, son enfance se serait passée en Bulgarie où sa famille aurait été déportée par le khan Kroum (r. 803-814) en 813. Il y serait resté jusqu'en 836 lorsqu'il se serait joint à un contingent de captifs s'enfuyant vers le territoire byzantin de Thrace. Là, il eut la chance d’entrer au service d’un parent du césar Bardas, oncle de l'empereur, nommé Theophilitzès. Alors qu'il était au service de Theophilitzès, il se rendit à Patras où il gagna la faveur d’une riche matrone de l'endroit du nom de Danielis qui le prit sous sa protection et lui laissa une fortune. Il fut également remarqué par le basileus en raison de ses qualités de dompteur de chevaux et de lutteur extraordinaire, remportant la victoire sur le champion de lutte de Bulgarie. Graduellement, il devint le compagnon, l'homme de confiance et le garde du corps (parakoimomenos) de l'empereur. Syméon Métaphraste le décrit ainsi : « [Il était] d'une apparence physique hors de l'ordinaire et imposante ; ses sourcils se touchaient, il avait de grands yeux, une large poitrine et un air plutôt découragé ».
En 866, Michel III découvrit que sa maîtresse de longue date, Eudocie Ingérina, était enceinte. Plutôt que de divorcer de son épouse légitime ou de laisser l'enfant naître comme un bâtard, il força Basile à divorcer de sa propre épouse et à épouser Eudocie, laquelle put ainsi continuer à être la maîtresse de l’empereur tout en donnant un père légitime à l'enfant, qui fut appelé Léon. Même si Basile semble avoir détesté l'enfant, la promotion de Basile au titre de césar et de co-empereur assurait au jeune Léon une parenté légitime. Lors de la naissance de Léon, Michel III fit célébrer l'événement par des courses de chars et tout porte à croire qu'il aurait voulu que l'enfant d'Eudocie lui succède plutôt que Bardas, qui à titre de césar était l'héritier présomptif du trône.
Au cours d'une expédition contre les Arabes, Basile réussit à convaincre Michel III que son oncle, le césar Bardas, complotait pour s'emparer du trône. Avec l'accord de l'empereur, Basile assassina Bardas le 21 avril 866. Il devint ainsi la personnalité la plus en vue de la cour et fut bientôt investi du titre de césar, maintenant vacant, avant d’être couronné coempereur le 26 mai 866. Cette promotion, impliquait probablement une adoption par l'empereur même si celui-ci était beaucoup plus jeune ; en même temps, elle ouvrait au fils putatif de Basile la voie vers le trône.
Toutefois, lorsque Michel III porta son attention vers un autre courtisan, Basiliskianos, et menaça de lui donner également le titre de co-empereur, Basile sentit que ses intérêts étaient menacés. Dans la nuit du 23 au 24 septembre 867, profitant de l'ébriété de l'empereur et Basiliskianos après un banquet au palais d'Anthimos, Basile et un groupe de compagnons, dont son père Bardas, son frère Marinos et un cousin Ayleon, s'introduisirent dans les appartements impériaux dont les serrures avaient été trafiquées. En l'absence de gardes, le Basileus et son nouveau favori furent assassinés. À la suite de la mort de Michel III, Basile, déjà couronné co-empereur, devint immédiatement basileus.
L'avènement de Basile Ier, même s'il fut disputé par quelques stratèges, se fit sans heurt, celui-ci s'étant assuré l'appui d’une puissante faction composée en bonne part de ses parents et d'Arméniens. La dynastie macédonienne qu'il devait fonder présida une période d'expansion territoriale pendant laquelle Byzance devint la plus imposante puissance d'Europe et de l'est méditerranéen.
Il est remarquable que Basile Ier ait été considéré dès son époque comme un monarque avisé et respecté, régnant sans heurt pendant dix-neuf ans. En dépit du fait qu'il n'ait eu aucune éducation formelle ni expérience militaire ou administrative, il s'était élevé dans la hiérarchie grâce à une série de manœuvres incluant des meurtres calculés après avoir été le compagnon de débauche d’un souverain peu considéré. De fait, il n'y eut que peu de réactions à Constantinople après l’annonce de la mort de Michel III, probablement en raison de son impopularité auprès des bureaucrates qui lui reprochaient son total manque d'intérêt pour les devoirs qui incombaient à sa charge ; par ailleurs son manque de ferveur religieuse lui avait aliéné la population en général. Au contraire, Basile, dès ses débuts, montra qu'il voulait gouverner pour le bien de l'État et, lors de son couronnement, dédia formellement sa couronne au Christ, maintenant une réputation de piété et d'orthodoxie tout au long de son règne.
Sur le plan domestique, Basile choisit de ne pas répudier l'épouse que lui avait imposée Michel III. Ayant déjà eu un fils de sa première épouse, appelé Constantin, il s'empressa de couronner celui-ci comme co-empereur en 869 et fit de même avec le fils d'Eudocie, Léon, en 870. Toutefois, les relations avec celui-ci ne devaient jamais être très bonnes. Quant au deuxième fils d'Eudocie, Étienne, on le destina à l'Église.
Dès le début de son règne, Basile Ier s'attaqua à une réforme du droit qui lui vaudra le surnom de « second Justinien ». Destiné à remplacer le code précédent appelé ecloga et première tentative de réforme du droit byzantin depuis Justinien, l'eisagoge (en grec : Εἰσαγωγή [τοῦ νόμου], Introduction [à la loi]), aussi appelé epanagoge (en grec Ἐπαναγωγή, Mise au point) est un code de loi promulgué en 886, lequel couvre l'ensemble des sphères de la loi. Deux de ses sections traitant de la position et du pouvoir de l'empereur byzantin et du patriarche, ainsi que la préface du livre furent écrits par le patriarche Photios Ier de Constantinople. À la mort de Basile Ier, une bonne partie du nouveau code était prête avec 40 livres, alors que la version définitive, complétée sous le règne de Léon VI le Sage et intitulée basilika en comptera 60. Ce nouveau code demeurera le fondement du droit byzantin jusqu’à la conquête par les Ottomans. Ironiquement, il semble que les travaux furent commencés sous la direction du césar Bardas qui devait être assassiné sur ordre de Basile.