Ce Jour-là

Basic (langage)

Langage de programmation informatique, pour l’amateur ou le débutant

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BASIC (de l'acronyme anglais BASIC pour Beginner's All-purpose Symbolic Instruction Code, littéralement « code d'instruction symbolique multiusage du débutant ») fait partie d'une famille de langages de programmation de haut niveau ayant pour caractéristique leur facilité d'utilisation et de compréhension. La première version de ce langage de programmation « simple, spécialement dédié à un usage conversationnel » a été créée par John G. Kemeny et Thomas E. Kurtz au Dartmouth College en 1963, dans le cadre du projet de temps partagé Dartmouth Time-Sharing System (DTSS), dans l'État du New Hampshire, peu après l'expérimentation du Compatible Time Sharing System, au MIT de Boston.

Jusqu'au début des années 1960, la programmation des ordinateurs reposait principalement sur l'écriture de programmes en code machine ou en langage assembleur, des langages de bas niveau propres à chaque architecture matérielle. Cette approche exigeait une connaissance approfondie de la machine utilisée, réservant ainsi la programmation à des spécialistes, souvent des scientifiques ou des ingénieurs. Bien que des langages de plus haut niveau, tels que Fortran et COBOL, aient vu le jour à la fin des années 1950, ils restaient complexes à maîtriser et n'étaient pas toujours accessibles aux novices ou aux non scientifiques. De plus, la diversité des architectures signifiait que chaque programme devait être adapté à un modèle d'ordinateur spécifique, rendant le développement logiciel long et difficile.

BASIC a marqué un tournant en rendant la programmation plus accessible. Ce langage de haut niveau s'affranchit des spécificités matérielles complexes grâce à un interpréteur, permettant ainsi à des étudiants, même issus de domaines non scientifiques, d’écrire des programmes sans avoir à maîtriser les subtilités des langages machines ou de l'assembleur. Sa simplicité et son adaptabilité en ont fait un outil pédagogique efficace, ouvrant la voie à un apprentissage plus accessible de l’informatique.

Le nom BASIC correspond au titre d'un article non publié de Kurtz et est le rétroacronyme de « Beginner’s All-purpose Symbolic Instruction Code », soit « Code d’instruction symbolique multiusage pour débutants ». Il n'a, par ailleurs, rien à voir avec les séries intitulées « Anglais basic » de Charles Kay Ogden.

Système de partage du temps de Dartmouth (DTSS)

En plus de ce langage de programmation, Kemeny et Kurtz ont également développé le gestionnaire de temps partagé de Dartmouth (DTSS), qui permettait à plusieurs utilisateurs d’éditer et d’exécuter des programmes BASIC simultanément sur des terminaux distants. Ce modèle général est devenu très populaire sur les systèmes de mini-ordinateurs comme le PDP-11 et le Data General Nova à la fin des années 1960 et au début des années 1970. On le voit notamment avec Hewlett-Packard qui produisent une gamme complète d’ordinateurs fonctionnant avec cette méthode, avec la série HP2000 à la fin des années 1960 et jusque dans les années 1980.

La première version du langage Basic a été développée sur un ordinateur central temps réel appelé GE-265 (General Electric), qui était un GE-225 avec une GE DataNet-30. Cet ordinateur 20 bits, conçu en 1959 au sein du département d'informatique industrielle de la société General Electric par Arnold Spielberg, père de Steven Spielberg, occupait une pièce entière, embarquait 10 000 transistors et 20 000 diodes. Les données étaient conservées sur des bandes magnétiques enroulées sur des bobines, des cartes perforées ou des bandes de papier. Vendu 250 000 dollars à l’époque, le GE-225 a été un succès commercial, malgré la désapprobation du directeur général de la société qui le produisait. Le Basic était le premier langage spécialement conçu pour être utilisé sur des systèmes interactifs.

Les premières versions de Basic étaient utilisées sur des ordinateurs en temps partagé. L’interprétation était plus commode que la compilation, car les modifications ne portaient souvent que sur quelques lignes entre deux passages successifs.

Les constructeurs des premiers ordinateurs individuels avec clavier ont eu besoin d'inclure un outil permettant aux utilisateurs d'écrire des logiciels pour leur matériel. L'une des premières entreprises, Datapoint Corporation (en) (à l'époque TRW), avait créé son propre langage pour ses terminaux programmables Datapoint, mais l'abondance d'étudiants connaissant le Basic la conduisit à porter ce langage sur des machines comme son DATAPOINT 2200. Une version interprétée pouvait sans difficulté tenir en mémoire morte (ROM) ou vive (RAM). Le Basic avait en 1970 un concurrent, le langage FOCAL, mais celui-ci était propre à DEC et fut vite marginalisé, comme le sera le HPL de Hewlett-Packard six ans plus tard.

Le Basic offrait aussi quelques commandes comme old, new, list et quelques autres déjà définies à l'intérieur même du langage, lui conférant ses capacités interactives.

Les instructions scalaires commençaient par LET (LET A=3) et les matricielles par MAT (MAT C = A+B). Très vite, le LET deviendra facultatif pour alléger l'écriture des programmes.

Chaque instruction était précédée d'un nombre, en général attribué de 10 en 10, qui permettait de remplacer une instruction ou d'en intercaler d'autres sans avoir à maîtriser un complexe éditeur de texte en mode machine à écrire.

Les premiers ordinateurs individuels possédaient presque tous un interpréteur Basic en mémoire morte (TI-99/4A, Commodore 64, TRS-80, Apple II, etc.). Hewlett-Packard laissait le choix sur son HP 9825 entre un Basic standard et son langage maison HPL plus puissant, mais moins standard. Ces langages étaient sur cartouche ROM amovible.

En 1968, un article d'Edsger Dijkstra devenu très populaire avait insisté sur la nocivité de l'instruction « goto » en matière de qualité du code, et donc la productivité du programmeur. Cette critique s'appliquait alors à la plupart des langages, dont les dialectes du Basic. Dix ans plus tard, presque tous les langages avaient pris cette critique en compte, y compris le Basic. La popularité du Basic, langage de programmation grand public par excellence, fit dire à certains[réf. souhaitée] que ce langage a donné naissance à plus de mauvais programmes qu'aucun autre langage. Olivier Lecarme, professeur à l'Université Laval, affirmait à l'AFCET : « BASIC programming cannot teach you any kind of programming, not even basic programming ». De fait, privilégiant l'action plutôt que la méthode, ce langage aux contrôles sommaires ne convient qu'à la « petite programmation » (moins de 500 lignes).

Le Basic équipa dès le milieu des années 1970 presque tous les micro-ordinateurs du moment (Olivetti P6060, Tektronix 4051, IBM 5100, Commodore PET, etc.). Dans les années 1980, la plupart des micro-ordinateurs étaient fournis avec un interprète Basic, parfois stocké en mémoire morte (ROM) : ROM BASIC. Le premier IBM PC pouvait démarrer sans disquette et exécutait cette version du Basic rudimentaire.

Les versions les plus répandues ont été les interpréteurs conçus par Microsoft, qui pratiquait une politique de prix modérés et avait fini par s'imposer comme la référence : quelles que fussent les machines source et cible, on savait qu'un programme écrit en Basic Microsoft tournerait sur un autre Basic Microsoft.

En 1977 Microsoft avait sorti l'Altair BASIC (adaptation du Basic par Bill Gates et Paul Allen) pour l'Altair 8800 du constructeur MITS. C'était son premier logiciel. En 1979 Microsoft obtient d'IBM la commercialisation de son interprète Basic avec les futurs IBM PC et compatible PC. Cette version était incluse dans la puce ROM des PC, et se lançait au démarrage en l'absence de système d'exploitation. Plus tard, Microsoft a vendu différentes versions du Basic pour DOS, dont Basica, GW-Basic, QuickBasic et Visual Basic pour MS-DOS. Microsoft Windows 95 et Windows 98 incluaient un interpréteur QBasic à installer à partir du CD-ROM et Windows 98 incluait un interprète VBScript. Visual Basic for Applications a été ajouté dans les produits Microsoft Office en 1997.

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