La base antarctique Vostok (en russe : ста́нция Восто́к, [ˈstant͡sɨjə vɐˈstok], litt. « station orientale ») est une station de recherche russe (anciennement soviétique) installée en Antarctique depuis 1957 à l'occasion de l'année géophysique internationale, pour l'étude du climat.
C'est la plus isolée des stations de recherche sur le continent Antarctique. Le site a été choisi parce qu'il offre des possibilités de forages profonds.
La base Vostok se situe au-dessus du lac le plus austral du monde, le lac Vostok. Elle est, à sa création, à l'emplacement du pôle Sud magnétique.
Cette expédition est chapeautée par l'Institut de l'Arctique et l'Antarctique créée en 1920 à Saint-Pétersbourg. Elle a été précédée par celle qui a permis l'inauguration, le 13 février 1956, de Mirny, la première base antarctique soviétique.
Elle est dirigée par Alekseï Treshnikov depuis le continent et commandée par I.V. Maksimov. Les trois navires ( RV Ob, RV Lena et Kooperatsiya), quittent Kaliningrad le 7 novembre 1956.
Le 16 décembre 1957, l'expédition (en) établit une station scientifique sur le site baptisé Vostok (L'Orient), du nom du navire amiral de la première expédition antarctique russe commandée par Fabian von Bellingshausen. La base fonctionne sans interruption pendant plus de 37 ans. La station est fermée temporairement en janvier 1994. Aujourd'hui la station est devenue un lieu de coopération internationale utilisé à la fois par les chercheurs russes, américains et français.
Sa position, sur le pôle magnétique en 1957, est intéressante pour les études de l’ionosphère et pour les communications radio.
En 1996, les scientifiques russes et britanniques découvrent le plus grand lac sous la glace au monde, le lac Vostok, en dessous de la station. Le lac Vostok est situé 4 000 mètres en dessous de la calotte glaciaire Antarctique et s'étend sur une surface de 15 690 km2.
En 2019, la Russie entreprend la rénovation du complexe d'hivernage devenu trop vétuste, mais les travaux ne sont terminés qu'en 2023 et inaugurés le 28 janvier 2024, avec participation, en visioconférence, des présidents russe et biélorusse.
La station est située à une altitude de 3 488 mètres. C'est la station scientifique la plus isolée du continent Antarctique. Une distance de 1 253 kilomètres la sépare du pôle Sud géographique et la côte la plus proche se trouve à 1 260 kilomètres. En hiver, il est impossible de se rendre à la station et ses habitants ne peuvent alors compter sur aucune aide extérieure. Elle dispose d'une piste pour avions à skis, longue de 3900 m.
On y trouve deux monuments historiques de l'Antarctique : le tracteur lourd ATT-11 qui a participé à la première expédition vers le pôle Sud magnétique et le bâtiment de forage nommé Boris Kudryashov construit en 1983.
Des études scientifiques dans les domaines de la géophysique, de la climatologie et de la médecine y sont effectuées. La station abrite en temps normal 25 scientifiques en été et 13 en hiver.
La base Vostok détient le record de la plus basse température enregistrée sur Terre, mesurée in situ à −89,2 °C le 21 juillet 1983 et la station est connue comme étant le pôle du froid de l'hémisphère Sud. Mais les scientifiques estimaient que la température de l'air pouvait encore descendre plus bas en des points plus élevés de la calotte glaciaire Antarctique, puisque la température décroît avec l'altitude. Cela a été confirmé avec une température de −93,2 °C mesurée près de Dôme Argus le 10 août 2010 par télédétection du satellite Landsat 8, et même -98 °C dans de petites poches en haut de l’inlandsis, des records qui ne peuvent cependant pas être homologués puisque non mesurés sur place.
Durant la longue nuit polaire, la température moyenne de l'air est de −65 °C tandis que durant le bref été elle est de −30 °C. La température la plus chaude enregistrée à Vostok est égale à −12,2 °C (11 janvier 2002). La température mensuelle la plus basse a été enregistrée en août 1987 avec −75,4 °C. La base Vostok soumis à un climat d'Inlandsis (Köppen: EF, Trewartha: Eide). La température moyenne annuelle est de −54,1 °C.
Mais d'autres facteurs que la température y mettent à rude épreuve l'organisme humain :
la sécheresse extrême de l'air ;
un vent dont la vitesse moyenne est égale à 5 m/s (18 km/h) mais pouvant atteindre parfois 27 m/s (97 km/h) ;
le manque d'oxygène lié à l'altitude (3 844 mètres). Du fait que la densité d'oxygène décroît lorsqu'on s'approche des pôles, la densité d'oxygène à Vostok est comparable à la densité d'oxygène à une altitude de 5 000 mètres à une latitude plus tempérée ;