Ce Jour-là

Bart De Wever

Historien et homme d'État belge

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Bart De Wever (/ˈbɑrt də ˈʋeːvər/), également désigné par ses initiales BDW, né le 21 décembre 1970 à Mortsel, est un homme d'État belge néerlandophone membre de la Nieuw-Vlaamse Alliantie (N-VA), dont il était le président de 2004 à 2025. Il est Premier ministre de Belgique depuis le 3 février 2025.

Il préside la N-VA, parti politique nationaliste de droite prônant le confédéralisme en Belgique, depuis 2004. Il siège successivement au Parlement flamand, à la Chambre des représentants et au Sénat à partir 2004. Son parti remporte toutes les élections fédérales à compter de celles de 2010. Il est élu en 2012 bourgmestre d'Anvers.

Il joue un rôle dans toutes les périodes de formation post-électorales à partir de 2010. À la suite du scrutin de 2024, il constitue au bout de sept mois une coalition « Arizona » avec les libéraux (MR) et les centriste (Les Engagés) francophones, et les chrétiens-démocrates (CD&V) et les socialistes (Vooruit) flamands. Il devient alors le premier nationaliste flamand à accéder à la direction du gouvernement fédéral.

Bart Albert Liliane De Wever naît le 21 décembre 1970 à Mortsel, une ville néerlandophone de Belgique située en Région flamande, dans la banlieue d'Anvers. Son père est cheminot, sa mère commerçante. Politiquement proche de la Volksunie, un parti soutenant le nationalisme flamand, il grandit dans un milieu qui défend fortement les revendications flamandes. Son grand-père avait été secrétaire de la Ligue nationale flamande, un parti flamand d'extrême droite de l'entre-deux-guerres, reconnu parti unique par l'occupant nazi, et son père était un militant de la Volksunie. Toutefois, lors d'une interview, Bart De Wever tempéra le passé de son grand-père en affirmant qu'il n'avait pas réalisé d'actes de collaboration. Alors qu'il a à peine trois ans, sa famille l'emmène à une manifestation en faveur de la scission de l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde. Son frère, Bruno De Wever, né à Mortsel en 1960, deviendra comme lui, un historien s'intéressant de près au nationalisme flamand. Il est aussi professeur au département d'histoire à l'Université de Gand et spécialiste du mouvement flamand. Bruno est aussi membre du conseil scientifique du Centre d’études et documentation Guerre et sociétés contemporaines. Il a publié de nombreux articles et ouvrages sur l’histoire de la Seconde Guerre mondiale et sur le nationalisme en Belgique. Durant son enfance, Bart De Wever habitait dans un appartement situé au-dessus des locaux du Vlaams Nationaal Jeugdverbond (mouvement de jeunesse indépendantiste flamand) dont ses parents étaient concierges, Bart De Wever en sera membre durant sa jeunesse. Il a également une sœur, Karina née en 1967.

Bart De Wever est titulaire d'une licence d'histoire et d'une agrégation pour l'enseignement secondaire supérieur à la Katholieke Universiteit Leuven. Durant ses années d'études, il est membre du Liberaal Vlaams Studentenverbond (Fédération des étudiants libéraux flamand), et des sections d'Anvers et de Louvain du Katholiek Vlaams Hoogstudentenverbond (KVHV, Union des étudiants catholiques flamands, 1991-1994).

En 1996, il est élu membre du conseil du district de Berchem. Il est également assistant en histoire à la KUL. Il y participe, en tant que collaborateur scientifique, à l’élaboration de la Nouvelle Encyclopédie du Mouvement flamand.

Il prépare un doctorat dont le sujet de thèse est « Le Mouvement nationaliste flamand de l'après-guerre ». Il abandonne finalement cette thèse de doctorat pour se consacrer entièrement à la politique.

Fondation de la N-VA et premiers succès

En 2001, Bart De Wever fonde, avec Geert Bourgeois, la Nieuw-Vlaamse Alliantie (N-VA). Ce parti naît de l'éclatement de la Volksunie, parti nationaliste flamand qui a fait plusieurs fois partie du gouvernement belge. Comme la Volksunie, la N-VA défend les intérêts de la Flandre et souhaite son indépendance.

Son parti a alors relativement peu de poids dans le paysage politique belge. Lors des élections législatives fédérales belges de 2003, Bart De Wever se présente en tant que tête de liste à Anvers. Il n'est pas élu et la N-VA n'obtient qu'un seul siège sur 150 à la chambre des représentants. Celui-ci revient à Geert Bourgeois, le président du parti. Le Vlaams Blok, parti nationaliste flamand d'extrême droite, gagne de son côté 18 sièges de députés.

En 2004, la N-VA fait alliance avec le CD&V, une des formations politiques les plus importantes du pays. Les deux partis forment un cartel et présentent une liste commune aux élections régionales de 2004. Le cartel CD&V-N-VA remporte ces élections et devient la formation dominante du gouvernement de la région flamande. Yves Leterme, du CD&V, en est le président. La N-VA obtient, avec Geert Bourgeois, le ministère flamand des Affaires administratives, de la Politique extérieure, des Médias et du Tourisme. Bart de Wever est lui élu député au parlement flamand. Cette même année, il devient président de la Nieuw-Vlaamse Alliantie.

Le 6 janvier 2005, il attire l'attention du grand public en menant un convoi de 12 camionnettes dans le sud du pays. C'est le nombre de véhicules qui serait, selon son parti, nécessaire pour transporter, en coupures de 50 euros, l'argent versé chaque année par la région flamande aux régions wallonne et bruxelloise. Il fait symboliquement verser ce faux chargement au pied de l'ascenseur à bateaux de Strépy-Thieu, situé en région wallonne. Bart de Wever veut dénoncer par là les transferts financiers, qu'il estime trop élevés, de la Flandre vers la Wallonie. Il s'en expliquera plus tard : « C'était une action très extrême et, allez, pas très fine, admet Bart De Wever. Je voulais signifier que la Flandre est prête à une solidarité efficace, mais pas à des transferts sans fin et sans conditions. ».

Aux élections communales de décembre 2006, il est élu au conseil communal de la ville d'Anvers, pour un mandat allant de 2007 à 2012.

Négociations après les élections de 2007

Aux élections législatives de juin 2007, Bart De Wever figure en deuxième position sur la liste du cartel CD&V-NVA menée par Inge Vervotte dans l'arrondissement d'Anvers. Il est élu député fédéral avec 41 962 voix. Le cartel CD&V-N-VA devient le groupe le plus important à la Chambre des représentants de Belgique, avec 30 députés, dont 5 de la N-VA. Bart De Wever participe dès lors, aux côtés d'Yves Leterme, chef de file du Cd&V, aux discussions avec les autres partis pour former un nouveau gouvernement. C'est une période de crise politique, les responsables des partis peinant à s'entendre sur un projet de gouvernement et surtout une réforme de l'État fédéral. En août 2007, alors qu'il se rend à la table des négociations, Bart De Wever, déclare franchement que le piétinement des débats sert la cause de son parti. En décembre 2007, au bout de 192 jours de tergiversations, un gouvernement de transition (Verhofstadt III) est constitué pendant que les débats de fond continuent entre les chefs des partis.

Les négociations aboutissent finalement en mars 2008, à la formation du gouvernement Leterme I, composé de cinq partis. La N-VA refuse de participer à ce gouvernement mais vote cependant la confiance. Tout en restant l'allié du Cd&V, Bart de Wever regrette le peu d'engagements concrets des partis en vue d'une réforme de l'État : « Nous avons promis à nos électeurs que nous n'entrerons pas dans un gouvernement sans avoir la certitude qu'il y aurait une importante réforme de l'État. On sait bien qu'on ne réalisera pas tout notre programme. Mais il faut des avancées sur la régionalisation des leviers socio-économiques : le marché du travail, fiscalité, etc. Ce sera aussi bénéfique pour la Wallonie. ». Durant toute cette période, la fermeté de Bart De Wever sur la question de la réforme de l'État et sa défense des intérêts communautaires séduisent de nombreux Flamands et augmentent le potentiel électoral de son parti.

Pour faire avancer la réforme de l'État, le Premier ministre Yves Leterme propose de dialoguer de communauté à communauté. À la mi-août, Bart De Wever juge que le résultat des discussions sur la restructuration de l'État est très insatisfaisant. À la même période, plusieurs journaux annoncent que Bart De Wever est sous la protection de la police car il aurait reçu un flux croissant de menaces de mort émanant de francophones.

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