Ce Jour-là

Barrage de Grand Coulee

Le barrage de Grand Coulee (en anglais : Grand Coulee Dam) est un barrage hydroélectrique de type poids sur le Columbia,

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Le barrage de Grand Coulee (en anglais : Grand Coulee Dam) est un barrage hydroélectrique de type poids sur le Columbia, dans l'État de Washington aux États-Unis, destiné à produire de l'électricité et à permettre l'irrigation. Construit entre 1933 et 1942, il ne possédait à l'origine que deux centrales électriques produisant 2 280 MW. En 1974, l'installation d'une troisième centrale porte la puissance à 6 500 MW faisant de ce barrage le plus puissant des États-Unis et l'une des plus grandes structures en béton au monde.

Le barrage fut le résultat d'un âpre débat qui eut lieu dans les années 1920 entre ceux qui voulaient irriguer la Grand Coulee avec un canal et ceux qui privilégiaient un barrage équipé d'un système de pompage. Les partisans d'un barrage remportèrent la partie en 1933 mais pour des raisons fiscales, la conception initiale prévoyait un barrage de 79 m qui ne permettait pas l'irrigation. Le Bureau of Reclamation et un consortium de trois sociétés appelé MWAK (Mason-Walsh-Atkinson Kier Company) commencèrent la construction en 1933. Après une visite du site en août 1934, le président Franklin Delano Roosevelt fit évoluer les plans en vue de construire un « barrage haut » plus cher mais qui permettrait l'irrigation. Le projet de barrage haut fut adopté par le Congrès des États-Unis en 1935 et il fut terminé le 1er juin 1942 lorsque l'eau dépassa le niveau du déversoir.

Les centrales hydroélectriques du barrage permirent l'industrialisation du nord-ouest américain lors de la Seconde Guerre mondiale. Entre 1967 et 1974, la troisième centrale fut construite en plus des deux centrales existantes. La décision de sa construction fut influencée par la demande croissante en énergie, par le besoin de réguler le débit de la rivière stipulé dans le Traité du fleuve Columbia avec le Canada et par la compétition avec l'Union soviétique. À travers une série d'améliorations et l'installation d'équipements de pompage-turbinage, le barrage possède une capacité installée de 6 810 MW. Le Columbia Basin Project permet ainsi l'irrigation de 2 720 km2.

Le réservoir est nommé Lac Franklin D. Roosevelt en hommage au président américain qui présidait lors de la construction du barrage. Comme de nombreux autres ouvrages hydroélectriques, le barrage de Grand Coulee entraîna le déplacement de populations. 3 000 amérindiens furent par exemple chassés de leurs terres ancestrales par la mise en eau du barrage. Ce dernier empêche également la migration des saumons, perturbant leur cycle de reproduction.

La Grand Coulee est un ancien lit de rivière situé sur le plateau du Columbia apparu au Pléistocène lors du retrait des glaciers. Les géologues pensaient initialement que la Grand Coulee avait été formée par un glacier mais la théorie selon laquelle elle avait été creusée par de fortes inondations issues du lac glaciaire Missoula s'imposa à partir du milieu du XXe siècle. La plus ancienne proposition connue pour irriguer la Grand Coulee avec l'eau de la rivière Columbia remonte à 1892 lorsque le Coulee City News et The Spokesman Review publièrent un projet proposé par un certain Laughlin MacLean prévoyant la construction d'un barrage de 330 m en travers de la Columbia, assez haut pour faire refluer l'eau dans la Grand Coulee. Un barrage de cette taille aurait un réservoir qui empiéterait sur le territoire canadien, ce qui serait en contradiction avec les traités. Peu après sa création, le Bureau of Reclamation lança une étude pour pomper l'eau de la rivière Columbia et irriguer des zones au centre de l'État de Washington. Une tentative pour lever des fonds échoua en 1914 après que le Congrès eut refusé la création d'obligations d'État.

Un avocat d'Ephrata nommé William M. Clapp proposa en 1917 que la Columbia devait être barrée immédiatement après la Grand Coulee. Il suggérait qu'un barrage de béton pourrait inonder le plateau comme la nature l'avait fait avec les glaciers des millénaires auparavant. Clapp fut rejoint par un autre avocat, James O'Sullivan et par Rufus Woods, éditeur du journal Wenatchee World. Ensemble, ils furent connus sous le nom de Dam College (association du barrage). Rufus commença à promouvoir le barrage Grand Coulee dans son journal, souvent avec des articles écrits par O'Sullivan. L'idée du barrage gagna en popularité auprès du public. Les experts restaient cependant divisés en deux camps. D'un côté, les "pompeurs" favorables à un barrage associé à un système de pompes pour élever l'eau de la Columbia jusque dans la Grand Coulee où des canaux et des canalisations permettraient l'irrigation. De l'autre, les "creuseurs" préféraient détourner les eaux de la rivière Pend Oreille via un canal jusque dans les plaines du centre et de l'est de l'État. De nombreux locaux, tels que Woods, O"Sullivan et Clapp étaient des pompeurs tandis que d'influents hommes d'affaires à Spokane associés à la Washington Water and Power Company (WWPC) étaient de fervents creuseurs. Les pompeurs avançaient que la production d'électricité du barrage pourrait être utilisée pour réduire le cout de la construction et accusaient les creuseurs de vouloir maintenir un monopole sur l'électricité dans la région.

« Une telle puissance, une fois développée pourrait alimenter des voies ferrées, des usines, des mines, des pompes d'irrigation, fournir de la chaleur et la lumière sur une telle étendue que globalement ce serait le plus exceptionnel, le plus intéressant et le plus remarquable développement à la fois de l'irrigation et de la production d'énergie de cet âge de miracles industriels et technologiques. »

En 1921, la WWPC obtint un permis pour la construction d'un barrage à Kettle Falls à environ 180 km de la Grand Coulee. S'il était construit, ce barrage reposerait dans le réservoir du barrage de Grand Coulee et rendrait impossible sa construction. la WWPC lança des fausses rumeurs selon lesquelles des forages dans la Grand Coulee n'avaient trouvé que de l'argile et de la roche fragmentée mais pas de granit sur lequel les fondations du barrage pourraient reposer. Ces rumeurs furent démenties par de nouveaux forages ordonnés par le Bureau of Reclamation. Les creuseurs engagèrent alors le général George Washington Goethals, ingénieur du Canal de Panama pour préparer un rapport. Ce dernier, truffé d'erreurs, ne fit pas évoluer la position du Bureau of Reclamation. En juillet 1923, le président Warren Gamaliel Harding visita l'État de Washington et exprima son soutien aux travaux sur l'irrigation dans la région, mais il mourut un mois plus tard. Son successeur Calvin Coolidge n'avait que peu d'intérêt pour les projets d'irrigation. Le Bureau of Reclamation, désireux de mener un important projet pour accroitre sa réputation, était concentré sur le Boulder Canyon Project qui aboutira au Hoover Dam. Le Bureau fut autorisé à mener une étude en 1923 mais le cout du projet rendit les décideurs fédéraux réticents. Les propositions de l'État de Washington reçurent peu de soutien de ceux qui craignaient que l'irrigation n'entraine une surproduction de céréales et une baisse des prix. Après le refus du président Coolidge, les demandes de fonds pour réaliser des études sur le site ne furent pas accordées.

En 1925, le Congrès autorisa le Corps du génie de l'armée des États-Unis à mener une étude de la rivière Columbia. Cette étude fut incluse au sein du Rivers and Harbors Act de mars 1925 qui finançait les études sur la navigation, la production d'énergie, le contrôle des crues et le potentiel d'irrigation des rivières. En avril 1926, le Corps des ingénieurs présenta son premier rapport. Avec le soutien des sénateurs Wesley Livsey Jones et Clarence Dill, le Congrès avança 600 000 $ pour des études complémentaires devant être menées par le Corps des ingénieurs et la Federal Power Commission sur le bassin de la rivière Columbia et la Snake river. Le major John Butler présenta son rapport de 1000 pages au Congrès en 1932. Il recommandait la construction du barrage de Grand Coulee ainsi que celle de neuf autres barrages dont certains au Canada. Le rapport établit que la vente de l'électricité produite permettrait de payer les couts de construction. Le Bureau of Reclamation, dont l'intérêt pour le barrage fut relancé par le rapport lui apporta son soutien.

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