Ce Jour-là

Baron de Münchhausen

Militaire allemand

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Karl Friedrich Hieronymus, baron de Münchhausen (ou Münchausen avec un seul « h » selon une graphie répandue), né le 11 mai 1720 à Bodenwerder et mort le 22 février 1797 dans la même ville, est un officier, mercenaire à la solde de l'armée russe. Le récit romancé de ses exploits en a fait un des héros les plus populaires de la littérature allemande.

Karl Friedrich Hieronymus, baron von Münchhausen naît à Bodenwerder dans le Weserbergland, région relevant de l'électorat de Brunswick-Lunebourg. Cousin du botaniste Otto von Münchhausen chancelier de l'université de Göttingen, il est, dans sa jeunesse, page du prince Antoine-Ulrich de Brunswick-Wolfenbüttel, qu'il suit en 1740 pour devenir mercenaire de l'armée russe. Il combat pendant dix ans dans l'armée d'Élisabeth Ire de Russie contre les Turcs de l'Empire ottoman, en Crimée. Il épouse Jacobine von Dunten en 1744 en Lettonie.

Il est nommé, en 1750, capitaine de cavalerie, avant de quitter l'armée russe. Lors de son retour en Allemagne, il s'installe dans le château qui l'a vu naitre à Bodenwerder et mène une vie de propriétaire terrien. Il confie à l'écrivain Rudolf Erich Raspe ses « extraordinaires » aventures avant de se fixer à Hanovre. Surnommé le « baron de Crac » (« baron du mensonge », selon l'expression « raconter des craques »), il aurait voyagé sur la Lune sur un boulet de canon et aurait dansé avec Vénus. Veuf en 1790, il se remarie en 1794 avec Bernardine von Brunn, union qui s'achève par un divorce. Il meurt le 22 février 1797 de la fièvre typhoïde, ruiné.

Son destin et sa faconde devinrent aussi légendaires que celles de son homologue d'outre-Rhin Cyrano de Bergerac, lui assurant une réputation d'affabulateur hors pair, voire de fou.

Son nom a été donné à une maladie psychiatrique grave : le syndrome de Münchhausen. Les victimes de ce syndrome simulent tous les symptômes d'une maladie afin d'attirer sur elles l'attention des médecins. Elles peuvent également provoquer l'apparition de symptômes chez l'un de leurs proches (syndrome de Münchhausen par procuration, appelé aussi « syndrome de Meadow »).

De son nom est également tiré celui d'un problème logique et philosophique, le trilemme de Münchhausen, aussi appelé trilemme d'Agrippa du nom du philosophe antique qui l'a le premier exprimé, et qui met en évidence l'impossibilité d'établir une vérité absolue sur quoi que ce soit. Pour l'anecdote, le baron avait prétendu tirer son cheval et lui-même hors des sables mouvants par ses propres cheveux, sans aucun support extérieur.

Les récits extraordinaires du baron constituent la reprise d'un imaginaire collectif amplifié par le merveilleux et la truculence d'un militaire nostalgique d'exploits, à la manière de Tartarin de Tarascon.

Les œuvres de fiction mettant en scène le baron sont nombreuses ; il convient de distinguer :

les suites apocryphes ou nouvelles aventures ;

En 1785, l'écrivain allemand Rudolf Erich Raspe recueille, ordonne et publie ces récits (du vivant du baron de Münchhausen) en anglais, sous le titre Baron Münchhausen's Narrative of his Marvellous Travels and Campaigns in Russia.

Un an plus tard, les Aventures sont traduites en allemand par Gottfried August Bürger (1747-1794), professeur à l'université de Göttingen, sous le titre Abenteuer des berühmten Freiherrn von Münchhausen. Plus qu’une traduction, il remanie les histoires et fournit une version plus poétique et satirique que le livre de Raspe.

En France, le livre sera traduit de l'allemand par Théophile Gautier (fils) en 1854 sous le titre Le Baron de Münchausen surnommé le Baron de Crac ou La Fleur des Gasconnades allemandes, avec des illustrations de Gustave Doré. Cette traduction est amputée de certains passages jugés trop « politiquement incorrects » pour ses contemporains.

Ce livre fut souvent réédité et illustré par de nombreux illustrateurs tels que :

Peter Sheaf Newell (1862-1924)

Quentin Faucompré (né en 1979)

Des auteurs ont imaginé de nouvelles pérégrinations du baron, épiques et rocambolesques, qui s'inscrivent parfaitement dans la longue tradition littéraire du personnage.

Dans trois bandes dessinées, Les Aventures oubliées du baron de Münchhausen, Olivier Supiot réutilise le personnage du baron pour plonger son lecteur dans de nouvelles aventures.

Cami a imaginé une réplique parodique et burlesque du baron de Münchhausen : le baron de Crac, militaire français, commandeur de l'ordre du Royal-Jabot, courtisan de Louis XV. De sa retraite en Gascogne, au château de la Cracodière, il raconte à ses invités émerveillés d'avance les exploits qui établirent sa réputation universelle (épisodes de chasse, scènes de batailles, incidents/accidents, missions du roi…). Il possède un fidèle valet nommé Dodu.

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