Ce Jour-là

Barnabé

Juif compagnon de Paul dans la tradition chrétienne, présent dans les Actes des Apôtres

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Joseph, surnommé Barnabé (forme francisée) ou Barnabas (forme translittérée du grec), est un juif, lévite dont l'action est liée à l'île de Chypre (Ac 4,36). Il tient une place importante dans les Actes des Apôtres, comme étant celui qui introduisit saint Paul auprès des apôtres à Jérusalem (Ac 9,27) et plus tard auprès des chrétiens d'Antioche. Il fut son premier compagnon de voyage et son chef de mission, avant leur séparation conflictuelle à cause de Marc.

Il est mentionné dans les Actes des Apôtres au chapitre 15, au sujet du concile de Jérusalem.

Bien qu'il ne soit pas l'un des douze Apôtres, l'Église catholique et l’Église orthodoxe lui donnent le titre d'apôtre, comme à Paul. Il figure dans les listes de saints et est liturgiquement commémoré le 11 juin.

Barnabé ne faisait pas partie du groupe des Douze. Par exception, les Actes des Apôtres lui attribuent le titre d'apôtre au sens large, comme à Paul, cf. Ac 14,14 : « Informés de la chose, les apôtres Barnabé et Paul déchirèrent leurs vêtements… ».

D'après le Nouveau Testament, Barnabé était l'oncle ou le cousin de Marc — assimilé soit à Marc l’Évangéliste soit à Jean Marc —, fils d'une Marie (Actes 12,12 et Col 4,10). Conformément aux règles de l'Église primitive à Jérusalem, il vendit un champ dont il mit le montant de la vente à la disposition des apôtres (Ac 4,36-37). Selon Clément d'Alexandrie, il faisait partie des septante disciples de Jésus.

Barnabé est le chef de mission du premier voyage missionnaire dans lequel Paul et Marc l’accompagnent. Il est mentionné dans les Actes au chapitre 15, lors du concile de Jérusalem. Paul et Barnabé connurent un désaccord au sujet de la composition de leur équipe, lors du deuxième voyage apostolique de Paul. Barnabé voulait emmener Marc, contrairement à l'avis de Paul. Ils se séparèrent donc et formèrent deux équipes. Paul et Silas partirent pour la Lycaonie, tandis que Barnabé et Marc s'en allèrent évangéliser Chypre (Ac 15,36-40).

Barnabas est également cité dans la Première épître aux Corinthiens (9,6-12) et dans l'Épître aux Galates (2,11-13).

Là s'arrêtent les données fondées sur des documents remontant au Ier siècle. La suite repose sur des traditions plus tardives.

Barnabé se serait rendu dans l'île de Chypre pour l'évangéliser. Selon une tradition constante et bien attestée dans l’Église (déjà mentionnée au Ve siècle et reprise dans la Légende dorée, les synaxaires orientaux et les historiens de Chypre), saint Barnabé fut martyrisé à Salamine (Chypre) vers l’an 61. La forme du martyre diverge selon les sources : pendaison ou crémation ou lapidation.

Ses disciples (dont Marc) récupérèrent secrètement son corps et l’enterrèrent dans une grotte à l’ouest de Salamine, en plaçant sur sa poitrine un exemplaire de l’Évangile selon saint Matthieu que Barnabé avait lui-même copié, certaines versions de la tradition disent même qu’il s’agissait du texte original écrit de la main de Matthieu lui-même.

En 488 (ou 478 selon certaines sources), l’archevêque de Constantia-Salamine (aujourd’hui Famagouste), Anthemios, reçut en songe la révélation de l’emplacement du tombeau sous un caroubier. Les fouilles confirmèrent la vision : on trouva le corps incorrompu de Barnabé avec, sur sa poitrine, le manuscrit de l’Évangile de Matthieu. Ce manuscrit fut porté à l’empereur Zénon à Constantinople ; cette découverte permit à l’Église de Chypre d’obtenir définitivement son autocéphalie (indépendance) lors du concile de Chalcédoine et après. La tradition la plus ancienne et la plus répandue (attestée notamment par Théodore le Lecteur, les Actes de Barnabé, la Légende dorée et de nombreuses sources chypriotes et françaises) affirme que cet évangile était écrit en hébreu (ou en « lettres hébraïques » ou « en langue hébraïque »). C’est précisément cette version hébraïque que les Pères (Papias, Irénée, Origène, Jérôme, etc.) disent que Matthieu avait rédigée en premier.

Le tombeau lui-même a fait l’objet de fouilles au Ve siècle (découverte officielle), puis le site est devenu le Monastère Saint Barnabé près de l’antique Salamine, aujourd’hui dans la partie nord de Chypre. Ce monastère a été transformé en musée archéologique et iconographique après 1974 ; le tombeau (une petite chapelle souterraine) est toujours visible et a été étudié archéologiquement. Le manuscrit, quant à lui, après avoir été conservé à Constantinople (on le mentionne encore au XIe siècle dans la chapelle Saint-Étienne du palais), a disparu (probablement lors du sac de Constantinople en 1204 ou plus tard). Il n’existe donc plus aujourd’hui pour une étude directe.

Étymologie du surnom de Barnabé

Le nom français Barnabé vient du grec Βαρνάβας (Barnabas), qui est lui-même une transcription de l'araméen בר נביא, bar neviyā (« fils de prophète »).

Selon les Actes des Apôtres (4,36), le nom de Barnabé est un surnom que lui ont donné les Douze, qui l'ont appelé « Barnabas », en donnant à ce nom son équivalent grec : υἱὸς παρακλήσεως, huios paraklēseōs, expression qui signifie « fils d’encouragement » ou « fils de consolation ». Le s final est une hellénisation habituelle pour un nom propre masculin au nominatif.

Barnabé dans les Actes des Apôtres

Les Actes des Apôtres évoquent Barnabé principalement lorsque Paul de Tarse se trouve avec lui.

Le texte occidental, tel qu'attesté notamment par le Codex Bezae, identifie Joseph Barnabas (c'est-à-dire Barnabé) à Joseph Barsabas (Ac 1,23).

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