Barbara Butch, anciennement Leslie Barbara Butch, née le 17 mars 1981 à Paris, est une DJ et militante française.
Elle est remarquée durant la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques d'été de 2024 à Paris aux côtés de Philippe Katerine et est victime de cyberharcèlement. Elle fait par la suite l'objet de controverses dans le cadre du conflit israélo-palestinien.
Barbara Butch, née Leslie, nait le 17 mars 1981 dans le 9e arrondissement de Paris. Elle grandit dans le 7e arrondissement au sein d'une famille juive traditionaliste. Son père, français d'origine marocaine, est peintre en bâtiment, sa mère, d'origine ashkénaze, est secrétaire.
Dès l'enfance, elle pratique de nombreux instruments et enregistre des mixtapes.
Elle quitte Paris à 22 ans pour Montpellier, où elle tient un restaurant de 2004 à 2008, L'Arrosoir, 14, rue du Pila-Saint-Gély, dans lequel elle fait ses débuts dans le « DJing » — c'est-à-dire qu'elle mixe et passe des vinyles dans un très petit établissement, fait novateur à l'époque. Ses choix sont essentiellement des musiques des années 1980. L'établissement est plus réputé pour son ambiance que pour sa gastronomie et doit finalement fermer. À la fermeture du restaurant, elle décide de se consacrer à sa carrière de DJ. Durant cette période, lorsqu'elle est en déplacement à Paris, elle y fréquente le Pulp.
Elle prend le nom de scène Leslie Barbara Butch, puis Barbara Butch, en référence à Barbara Bush, femme de George W. Bush, et au concept de butch dans le lesbianisme.
En 2013, elle retourne vivre à Paris et commence par jouer dans des petits bars comme Les Souffleurs dans le 4e arrondissement, ou Le Raymond, puis dans des endroits plus grands comme le Rosa Bonheur, bar-guinguette du 19e arrondissement (où elle est artiste résidente) La Machine du Moulin Rouge, le Glazart, ou encore La Mutinerie. Elle devient populaire auprès du public gay en 2013 sur internet et aux Souffleurs. Cela lui permet de se consacrer entièrement au DJing et d'abandonner un travail alimentaire dans la vente.
En 2017, elle est artiste associée au Centre chorégraphique national de Caen en Normandie pour un DJ set de clôture du programme de rentrée en association avec Ola Maciejewska, Alban Richard et Mélanie Perrier.
En 2020, lors du premier confinement dû à la Covid-19, elle lance les soirées virtuelles lappartchezmoi les samedis soir sur les réseaux sociaux, accessibles aux personnes malentendantes et sourdes.
En février 2021, elle pose pour une campagne virtuelle pour le parfum La Belle, de Jean-Paul Gaultier. En juin 2023 elle anime la soirée de gala La Nuit de l'Ourcq à la Philharmonie de Paris, ainsi que plusieurs soirées à l'Opéra Comédie à Montpellier (Winter Party en février 2023 et février 2024 puis Spring Party en mars 2025). Elle remporte la direction artistique de la Nuit blanche parisienne 2026.
Cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Paris et cyberharcèlement
En juillet 2024, elle est DJ lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Paris. Elle apparaît dans le huitième tableau intitulé Festivité qui débute par un défilé de mode et se termine sur une scénographie qui fait l'objet de nombreuses polémiques. Personnage majeur de ce tableau, elle est prise pour cible sur les réseaux sociaux. Elle reçoit des insultes sexistes, grossophobes, lesbophobes et antisémites ainsi que des appels au meurtre, ce qui la conduit à porter plainte pour « cyberharcèlement aggravé et menaces de mort ». En décembre 2024, le parquet de Paris annonce que trois personnes sont mises en examen à la suite de cette plainte.
En novembre 2025, le tribunal de Paris condamne quatre hommes pour cyberharcèlement à des peines de quatre mois d'emprisonnement avec sursis à dix mois ferme.
Sa nomination en octobre 2025 à la direction artistique de la Nuit blanche ravive le cyberharcèlement à son encontre.
En février 2020, elle fait la couverture de Télérama, illustrant la une « Le fléau de la grossophobie : mais pourquoi rejette-t-on les gros ? » en posant nue. Cette photographie est censurée par Instagram et Facebook alors qu'elle ne contrevient pas aux règles interdisant la présence d'organes sexuels et de tétons féminins, mais contrevient selon Instagram à sa règle interdisant le breast squeezing, pratique qui consiste à « se presser très fort les seins ». Instagram bloque durant 24 heures le compte personnel de Barbara Butch pour la même raison lorsqu'elle y republie l'image. Elle lance alors le #BarbaraButchChallenge invitant les internautes à partager la couverture de Télérama. En octobre 2020, Instagram annonce modifier ses règles de modération sur les photos montrant des seins, reconnaissant que la règle du breast squeezing donnait lieu à des erreurs de modération touchant davantage les membres de la communauté « plus-size », et remercie Barbara Butch d'avoir aidé le réseau social à prendre conscience de son erreur. Pour vérifier l'effectivité de ce changement de politique, elle lance alors un nouveau challenge encourageant les femmes à publier des photos où elles posent nues en tenant leurs seins dans leurs mains.
Activiste féministe, lesbienne et obèse, elle milite par son look, son travail et sur les réseaux sociaux en prenant position contre la grossophobie, l'homophobie et la putophobie. Du fait de cet engagement, elle est victime de cyberharcèlement. Elle publie de nombreuses photographies sur Instagram, où elle se met en scène avec sa compagne, ou alerte sur des actes homophobes. En 2023, elle se définit sur France Inter comme « love activist ».
Barbara Butch est en 2019 coordinatrice du pôle LGBT du bureau d'accueil et d'accompagnement des migrants.
En 2019, elle participe aux événements du CLAQ — Comité de libération et d'autonomie queer — et mixe gratuitement en soutien au mouvement de grève des femmes de chambres de l’hôtel Ibis Batignolles.