Ce Jour-là

Baie-Comeau

Ville dans la Côte-Nord au Québec (Canada)

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Baie-Comeau est une ville canadienne au Québec, chef-lieu de la MRC de Manicouagan, dans la région de la Côte-Nord.

La ville se situe sur la rive nord du fleuve Saint-Laurent, aux embouchures de la rivière Manicouagan et de la rivière aux Anglais, à environ 350 km au nord-est de la ville de Québec. Avec 20 687 habitants (26 643 habitants dans l'aire urbaine), Baie-Comeau est la deuxième ville la plus peuplée de la Côte-Nord après Sept-Îles.

La ville a une vocation principalement industrielle en comptant des activités dans les domaines forestier, de l'aluminium et de l'hydroélectricité. Elle a d'ailleurs été fondée à la suite de la construction de la papeterie de la compagnie Chicago Tribune, et dirigée par le colonel Robert R. McCormick, qui a fait ériger la Centrale McCormick pour le fonctionnement de son usine et la vente de surplus d'électricité. La Quebec North Shore Paper Company (QNSP) et l'augmentation des activités forestières ont contribué à l'expansion industrielle et démographique de la ville.

Le nom de la ville de Baie-Comeau provient de sa baie côtière. Ce nom lui a été attribué en l'honneur de Napoléon-Alexandre Comeau, géologue et naturaliste de la Côte-Nord, qui a réalisé le sauvetage de gens prisonniers des glaces du fleuve Saint-Laurent en 1886. Le nom Comeau Bay a initialement été porté par le bureau de poste de la ville. Il a été francisé en 1936 et attribué à la ville lors de sa fondation en 1937.

Baie-Comeau est située sur la rive nord du fleuve Saint-Laurent dans la région de la Côte-Nord à 400 km au nord-est de Québec et à 230 km au sud-ouest de Sept-Îles. La ville est limitrophe de Rivière-aux-Outardes au nord-ouest, de Chute-aux-Outardes à l'ouest, de Franquelin à l'est, de Ragueneau et Pointe-aux-Outardes au sud-ouest ainsi que de Pointe-Lebel au sud. Baie-Comeau s'étend sur 334 km2. Baie-Comeau est située le long de la route 138 entre Chute-aux-Outardes à l'ouest et Godbout à l'est et à l'extrémité sud de la route 389 reliant Fermont au nord.

Le territoire de Baie-Comeau compte deux bassins versants qui sont situés dans la région hydrographique du Saint-Laurent nord-est et font partie de la zone de l'organisme de bassins versants Manicouagan (OVBM). Les deux bassins sont ceux de la rivière Manicouagan et de la rivière aux Anglais. Baie-Comeau est traversée par cinq rivières: la rivière Manicouagan, la rivière Amédée, la rivière Petit-Bras, la rivière à la Chasse et la rivière aux Anglais. Ces rivières sont alimentées par une trentaine de lacs. Plusieurs de ces lacs sont utilisés pour la pêche et la villégiature. La rivière aux Anglais sert de lieu de reproduction pour le saumon de l'atlantique. Le bassin est également utilisé pour alimenter l'aluminerie et la papetière. La rivière Manicouagan est principalement utilisée pour la production d'électricité. La pêche sportive est également pratiquée sur tout le bassin.

À Baie-Comeau, entre 2001 et 2017, les températures maximale et minimale furent respectivement 30,9 °C et −34,2 °C. Le record de chaleur est survenu le 3 juillet 2011 tandis que le record de froid date du 17 janvier 2009.

Grâce aux recherches archéologiques, on a identifié la présence d'humains plus ou moins permanente dans la région côtière orientale de la Côte-Nord vers 6 500 ans avant Jésus-Christ. Les Innus habitaient sur le territoire à l'époque des premières documentations. Il y a également des soupçons de présence de Vikings autour de la Rivière Amédée au début du premier millénaire. Au XVIIe siècle, il y a présence d'un poste de traite au lac Manicouagan. Un autre est en fonction à l'embouchure de la rivière Manicouagan au XIXe siècle. Les ressources du littoral sont exploitées par différents groupes, incluant les Amérindiens et les Innus. Après la colonisation européenne, des pêcheurs français, anglais, portugais, scandinaves et basques profitent aussi des eaux saumâtres de l'estuaire. En effet, les premiers échanges entre les Amérindiens et les Européens se déroulent vers le milieu du XVIe siècle. Les relations entre les européens et les euro-canadiens se déroulent plus à l'ouest de la région, soit à Tadoussac, aux îlets Jérémie et à Bestiamites où des postes de traite sont en fonction. Les explorateurs navigant sur le fleuve Saint-Laurent redoutent les battures de sable dans la baie où de nombreux naufrages se sont produits.

Premiers développements (1898-1910)

En 1898, Henri et Damase Jalbert (aussi fondateur de Val-Jalbert), originaires du Saguenay-Lac-Saint-Jean, débutent l'exploitation forestière sur les rives de la rivière Manicouagan avec 75 hommes. Au printemps 1899, une scierie est construite à l'embouchure de la rivière Amédée. La création de cette usine mène à l'installation d'une vingtaine de familles et ainsi à la fondation du village Saint-Eugène de Manicouagan aussi appelé Manicouagan et Poste de Manicouagan. Un petit barrage est construit sur la rivière afin de contrôler le débit de l'eau pour faire fonctionner le moulin qui utilise la vapeur d'eau générée par une chaudière au bois. À l'hiver 1899-1900, le chantier compte une centaine d'hommes et 75 000 billots sont coupés. Les crues printanières entraînent le bris des estacades et la perte de la moitié de la coupe. À la suite de ces difficultés, les Jalbert vendent leur propriété à la compagnie Scougall, Dobell & Beckett pour 36 000 $ en 1900. À l'été 1901, un feu de forêt ravage les alentours du village et à l'automne, l'incendie du magasin du moulin occasionne des pertes de 6 000 $ en matériel. À l'automne 1902, le moulin est victime d'un incendie. Les installations sont acquises en 1903 par la Manicouagan & English Bay Export dont William Dobell est le propriétaire et le moulin est reconstruit.

En 1907, les crues printanières anormalement fortes entraînent à nouveau le bris des estacades et la perte totale des billots, ce qui engendre la fermeture de la scierie et l'abandon du village. Le village se voit donner le nom de Vieux-Poste en 1936 lorsque commence la construction de la ville de Baie-Comeau.

Le projet Manicouagan (1911-1934)

Dès 1911, le colonel Robert Rutherford McCormick, président du Chicago Tribune, souhaite que son entreprise soit plus autonome au niveau de l'approvisionnement du bois et de la transformation en papier. Il propose alors la construction d'une usine de papier qui serait la propriété du journal dans le but d'abaisser les coûts de production et être plus concurrentiel. Une usine est alors construite en Ontario en 1913 et en 1921, cette usine compte cinq machines à papier. Une filiale nommée l'Ontario Paper Company est alors créée. Afin de répondre à la demande importante d'approvisionnement en bois, McCormick explore le fleuve Saint-Laurent et ses affluents dans le but d'acquérir ses propres concessions forestières, puisque l'Ontario refuse de lui accorder des droits d'exploitation. À la suite de l'armistice, il commence l'exploitation d'un chantier à Shelter Bay (Port-Cartier) en 1918, puis dans la Baie-des-Cèdres (Franquelin) en 1920. McCormick obtient le grade de colonel en 1917 lors de la première guerre mondiale. Il nomme Arthur Schmon, un ancien officier, gérant de ces projets.

La publication du New York Daily (affilié au Chicago Tribune) en 1919, entraîne l'augmentation de la demande en bois. Pour répondre à cette demande, le potentiel forestier et hydroélectrique aux environs des rivières Manicouagan et aux Outardes est exploré en 1922. L'Ontario Paper Company obtient le bail d'exploitation forestière sur la rive Est de la rivière Manicouagan le 30 janvier 1923, malgré la présence aux enchères du concurrent, l'Anglo Canadian Pulp and Paper Co. (aujourd'hui Papiers White Birch), ce qui a eu pour conséquence d'en faire monter le prix. Le gouvernement du Québec alloue le bail en échange de la construction d'une usine de transformation au plus tard le 30 janvier 1930, ce qui donna naissance au projet Manicouagan.

La phase initiale du projet prévoit la construction d'un barrage hydroélectrique sur la rivière aux Outardes puisque le débit de la rivière Manicouagan est trop élevé et inconstant pour les capacités de l'époque. La construction du barrage débute lors de l'hiver 1926. Arthur Schmon devient le gérant des opérations de l'Ontario Paper Company au Québec et donc du projet Manicouagan et est responsable de trouver l'emplacement pour la future usine. L'Anse à Comeau est identifiée comme lieu propice à la construction du quai grâce à la découverte d'eaux profondes et d'une vallée qui permettrait la construction de l'usine et de la ville. Une entente entre l'Ontario Paper Company et l'Anglo Canadian Pulp and Paper, qui a également obtenu des lots d'exploitation sur la rive de la rivière Manicouagan, est conclue pour la construction du quai qui mène à la création d'une filiale commune, la Québec Logging Corporation, le 12 octobre 1926. La construction d'un quai de pierre de 300 mètres, appuyée par le gouvernement fédéral, débute seulement en 1929. La situation de pénurie de papier d'après guerre s'étant transformée en surproduction amène la baisse de rentabilité du projet, McCormick demande alors un délai supplémentaire de deux ans au gouvernement de Louis-Alexandre Taschereau en 1927. À l'été 1929, la première section du quai est terminée, des bâtiments pour héberger les travailleurs sont construits ainsi que le premier bureau de poste nommé Comeau Bay. Toutefois, le grand Krach boursier de 1929 retarde les travaux entre 1930 et 1934 et la date du contrat est de nouveau repoussée au 30 juillet 1934. Entre-temps, l'Ontario Paper Company fait l'acquisition des concessions de la Brown Corporation entre la rivière la Chasse et la rivière Amédée, de la Manicouagan & English Bay Export au vieux poste et de l'Anglo Canadian Pulp and Paper. Le barrage sur la rivière aux Outardes est complété en 1931. Cette fois, le gouvernement décide de repousser la construction de l'usine en 1937.

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