Ce Jour-là

Bachar el-Assad

Homme d'État syrien

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Bachar el-Assad, également orthographié Bachar al-Assad (en arabe : بَشَّار ٱلْأَسَد / Baššār al-Asad), né le 11 septembre 1965 à Damas, est un homme d'État syrien, président de la République arabe syrienne du 17 juillet 2000 au 8 décembre 2024.

Il devient président le 17 juillet 2000, succédant à son père Hafez el-Assad et perpétuant sa dictature. En tant que président, Bachar el-Assad assume également le rôle de commandant en chef des forces armées arabes syriennes, un poste prévu par la constitution qui lui confère un contrôle direct sur l’armée et les services de renseignement. N’ayant aucune formation militaire professionnelle, il a été promu général de brigade peu avant son accession au pouvoir, notamment à la suite de la mort de son frère aîné Bassel el-Assad, héritier initial du régime et officier militaire expérimenté, décédé dans un accident en 1994. Cette promotion politique lui a permis de légitimer son autorité sur les forces armées qui, avec les structures sécuritaires, constituent le socle principal de son pouvoir, particulièrement durant la guerre civile syrienne.

Il exerce également les fonctions de secrétaire régional du Parti socialiste Baas, un parti néo-baasiste qui mêle l'idéologie du nationalisme arabe syrien laïc avec du socialisme. Il est également le président du Front national progressiste qui réunit le Parti Baas syrien, le Parti social nationaliste syrien, les Unionistes sociaux-démocrates et l'Union socialiste arabe. Sa position de secrétaire général du Parti Baas syrien fait également de lui le chef de facto de tous les partis baasistes pro-syriens.

Au début de sa présidence, il libéralise une partie de l'économie, passant du socialisme d'État au socialisme de marché, assouplit la laïcité, mais conserve toutefois le fort nationalisme syrien et les liens unissant la Syrie avec la république islamique d'Iran. De même, la République arabe syrienne devient un acteur clé de l'Axe de la résistance malgré ses différences idéologiques majeures avec l'Iran. Sur le plan confessionnel, des chrétiens et des sunnites obtiennent des postes clés dans l'armée et les ministères, rompant ainsi en partie avec le clanisme alaouite entrepris par son père.

En 2011, sa répression des manifestations du printemps arabe provoque le déclenchement de la guerre civile syrienne, aux conséquences internationales. Les interventions militaires de l'Iran et de la Russie lui permettent cependant de se maintenir au pouvoir. Pendant ce conflit, Bachar el-Assad est accusé de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité par l'ONU en raison de bombardements ciblés contre les populations civiles, de l'utilisation d'armes chimiques et de la mort sous la torture ou par pendaison d'environ 100 000 opposants politiques.

Au début des années 2020, s'il a conservé ou repris le pouvoir dans la majeure partie du pays, et que le conflit armé est gelé, il demeure une figure très controversée, voire un paria pour une grande partie de la communauté internationale, en raison de la particulière gravité des exactions qui lui sont reprochées depuis le début du conflit.

Alors que ses alliés russes, iraniens et du Hezbollah sont affaiblis dans le contexte de l'invasion de l'Ukraine par la Russie, de la guerre à Gaza et de la guerre Israël-Hezbollah, alors que lui-même s'est aliéné une partie de l'Axe de la résistance, une offensive éclair lancée le 27 novembre 2024 par Hayat Tahrir al-Cham conduit à un soulèvement général, rejoint par les rebelles d'Al-Tanf et les cellules dormantes. Tandis que les troupes loyalistes battent en retraite, les insurgés prennent le contrôle de grandes villes comme Alep, Hama, Homs, Deir ez-Zor, Deraa et Soueïda. Les rebelles se rapprochant de Damas, Bachar el-Assad fuit par avion vers la Russie le 8 décembre 2024. Treize ans après le début de la guerre civile, le régime chute en moins de deux semaines. Le règne de la famille el-Assad prend ainsi fin après 54 ans. Il est condamné par contumace, le 11 août 2026, par un tribunal syrien, à la peine de mort, tout comme son frère Maher et d'autres ex-responsables syriens.

Bachar el-Assad naît le 11 septembre 1965 à Damas. Il est issu de la communauté alaouite, un groupe ethnoreligieux adepte d'une branche hétérodoxe du chiisme duodécimain. Il est le deuxième fils de Hafez el-Assad, président de la République arabe syrienne, et d'Anissa Makhlouf. Bachar el-Assad parle d'une enfance « très normale » ; la famille vit dans une maison relativement modeste au nord de l'ancienne ville de Damas, jusqu'en 1973, lorsqu'elle déménage dans le quartier plus aisé de Malki. À l'âge de trois ans, il commence sa scolarité à Damas, à l'École laïque, un établissement jouissant d'une grande réputation nationale. Il apprend le français et l'anglais, respectivement ses deuxième et troisième langues.

Bachar el-Assad se décrit comme un élève « moyen », ses professeurs s'en souvenant comme « au-dessus de la moyenne » sans être excellent et plutôt timide. Il va d'ailleurs, en raison de ses notes insuffisantes, quitter la « Laïque » pour terminer ses deux années de secondaire à l'école Le Frère (un lycée français) où il obtient de meilleurs résultats. Des professeurs mentionnent le fait que Bachar el-Assad, dont le père devient président en 1971, ne profite jamais de son rang. Contrairement à d'autres enfants de familles importantes, il arrive à l'école sans service de sécurité et préfère participer aux voyages scolaires en autocar, plutôt qu'avec un chauffeur privé.

En septembre 1982, Bachar el-Assad est admis à l'université de Damas et obtient un diplôme en ophtalmologie en 1988. Il effectue quatre années d'internat à l'hôpital militaire Tichrine (ar), dans la banlieue de Damas. Afin de poursuivre sa spécialisation, il part à l'automne 1992 pour Londres après avoir passé des examens sélectifs (un candidat sur quatre reçu) ; il échoue lors d'une première tentative, mais réussit à la seconde. Il commence sa résidence au Western Eye Hospital, faisant partie du St Mary's Hospital, dans le quartier de Marylebone. Plus tard, il est accepté en tant qu'apprenti par le docteur Ed Schulenber au St Mary's Hospital. Ce dernier garde un bon souvenir de Bachar el-Assad qu'il qualifie de « gentil » et « sympathique ».

À Londres, Bachar el-Assad vit seul dans un appartement au sud de Hyde Park. Il y découvre la liberté d'accès à Internet et de manière plus générale la haute technologie. Il ne sort que très peu en raison de son travail et de ses études. Durant son séjour à Londres, il rencontre sa future épouse, Asma al-Akhras, une Britannico-Syrienne de confession sunnite qui travaille à la City pour JP Morgan.

Bachar el-Assad avait à l'origine un faible intérêt pour la politique. Hafez el-Assad avait préparé son fils aîné, Bassel, à prendre sa succession à la tête du régime. À la mort de son fils aîné dans un accident de voiture en 1994, Hafez el-Assad fait alors appel à son fils cadet. Il est contraint de revenir en Syrie où il entre à l'académie militaire de Homs.

À la société informatique syrienne

Il est placé par son père à la tête de la Société informatique syrienne, où il participe à l'introduction d'Internet dans le pays, en 1998.

En 1999, il devient colonel, puis effectue des missions de confiance pour le gouvernement. Il s'est notamment rendu au Liban pour rencontrer le président Émile Lahoud et en France, en novembre 1999, où il est reçu en tête-à-tête par le président Jacques Chirac à l'Élysée.

À la mort du président Hafez el-Assad, le Parlement amende la Constitution pour abaisser l'âge minimum pour la candidature à la présidentielle, qui passe de 40 à 34 ans. Bachar el-Assad est promu deux jours plus tard général en chef des forces armées syriennes par le vice-président Khaddam, qui assure alors l'intérim à la tête du pays. Le Parlement le propose comme président de la République le 25 juin 2000. Il promet de mettre en œuvre des réformes économiques et politiques en Syrie. Il est désigné président de la République par un référendum le 10 juillet 2000. Certains Syriens voient en lui un réformateur qui démocratiserait le pays.

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