Bénédicte Savoy, née le 22 mai 1972 à Paris, est une universitaire et historienne de l'art française.
Elle est professeure d’histoire de l’art à l’université technique de Berlin. De 2016 jusqu'à 2021, elle a occupé la chaire internationale « Histoire culturelle des patrimoines artistiques en Europe, XVIIIe – XXe siècle » au Collège de France à Paris.
En tant que spécialiste des « translocations » d'œuvres d'art (y compris les vols d'œuvres d'art et l'art de pillage), elle s'est vue confier, à l'initiative de Philippe Étienne, ancien ambassadeur à Berlin où elle a vécu plusieurs années, la rédaction avec Felwine Sarr d'un rapport sur la restitution du patrimoine culturel africain (2018) pour le président Emmanuel Macron. Ce rapport a été contesté par différents experts, dont l'ancien président du musée du Quai Branly, ainsi que les journaux spécialisés tels que La Tribune de l'Art et La Gazette Drouot.
Bénédicte Savoy est la fille d'un professeur. Ancienne élève des lycées Fénelon et Henri IV à Paris, elle séjourne en 1988-1989 dans une famille d’accueil à Berlin-Ouest où elle fréquente le lycée Beethoven.
En 1992, elle est reçue deuxième à l'École normale supérieure de Fontenay-Saint-Cloud et en 1996 première à l'agrégation d'allemand.
Avant son installation à Berlin en 1993, elle participe aux premières créations théâtrales d’Olivier Py : Gaspacho, un chien mort (1991) et Les Aventures de Paco Goliard (1992).
Elle consacre ses premiers travaux universitaires au peintre Anselm Kiefer (sous la direction de Jean-Noël Vuarnet), puis soutient en 2000 un doctorat intitulé « Les spoliations artistiques de la France en Allemagne autour de 1800 » sous la direction de Michel Espagne. Cette thèse est publiée en deux volumes, aux éditions de la Maison des Sciences de l'Homme en 2003, avec une préface de Pierre Rosenberg de l'Académie française.
Nommée « professeure junior » au département d’histoire de l’art de l’université technique de Berlin en 2003, elle y est depuis 2009 titulaire d’une chaire consacrée à l’« Histoire de l’art comme histoire culturelle » (« Kunstgeschichte als Kulturgeschichte »).
De 2007 à 2012, Bénédicte Savoy a été élue à la Junge Akademie. En 2016, elle devient membre de l'Académie des sciences de Berlin Brandebourg. L'année suivante, elle est admise à l'Académie allemande pour la langue et la littérature. Elle a également été membre du cluster d’excellence « Topoi - The Formation and Transformation of Space and Knowledge in Ancient Civilization » à Berlin de 2007 à 2019.
Ses recherches portent sur l’histoire culturelle et sociale des arts, sur l’histoire des musées, sur les questions de spoliations artistiques.
Bénédicte Savoy travaille notamment sur le regard italien et allemand sur les spoliations artistiques commises par Napoléon. En 2010, elle est commissaire générale de l’exposition « Napoleon und Europa. Traum und Trauma » au hall des expositions de la République fédérale (de) à Bonn (avec Yann Potin), exposition reprise sous une forme adaptée au musée de l'Armée.
Elle assure avec David Blankenstein le commissariat général de l’exposition « Les Frères Humboldt. L’Europe de l’esprit » à l’Observatoire de Paris pour Paris Sciences Lettres (PSL) en 2014 et de l'exposition « Wilhelm und Alexander von Humboldt » au Deutsches Historisches Museum à Berlin qui s'est tenue de novembre 2019 à avril 2020.
En 2024, Bénédicte Savoy occupe la « Cátedra del Prado », une chaire académique invitée au musée du Prado à Madrid.
En septembre 2025, le New York Times a annoncé que Savoy avait été nommée la prochaine « Chaire du Louvre ». Selon le musée du Louvre, cette chaire est attribuée à un « grand penseur de notre temps ». Savoy prendra ses fonctions à l’automne 2026.
Au Collège de France, de 2016 à 2021
Après une intervention en tant que professeur invitée de Carlo Ossola en 2015, Bénédicte Savoy occupe entre 2016 et 2021 la chaire internationale Histoire culturelle du patrimoine artistique en Europe, XVIIIe – XXe siècles au Collège de France. Sa leçon inaugurale, intitulée « Objets du désir, désirs d'objets », est consacrée aux spoliations artistiques. En 2019, elle est publiée en allemand sous le titre Die Provenienz der Kultur (en français : La Provenance de la culture). Le texte a également été publié en italien dans la revue Il Giornale dell'Arte.
Sa leçon inaugurale a été critiquée par une partie de la presse spécialisée dans les questions patrimoniales pour son analyse de la statue de Bartholdi représentant Champollion installée dans la cour du Collège de France.
Rapport sur la restitution du patrimoine culturel africain, de 2018 à 2020