L’Azerbaïdjan (en azéri : Azərbaycan /ɑzærbɑjˈd͡ʒɑn/), en forme longue la république d'Azerbaïdjan (en azéri : Azərbaycan Respublikası /ɑzærbɑjˈd͡ʒɑn respublicɑˈsɯ/), est un pays du Caucase situé sur la ligne de division entre l'Europe et l'Asie. Sa capitale est Bakou, sa langue officielle est l'azéri et sa monnaie le manat.
L'Azerbaïdjan possède un riche patrimoine culturel. Il a la particularité d'être le premier pays à majorité musulmane à avoir accueilli des arts du spectacle tels que l'opéra et le théâtre. La République démocratique d'Azerbaïdjan a été fondée en 1918, mais deux ans plus tard, le 26 avril 1920, l'Armée rouge a franchi la frontière et est entrée en Azerbaïdjan. Le 28 avril 1920, la République socialiste soviétique d'Azerbaïdjan a été établie et a ensuite rejoint l'Union soviétique. Le pays a recouvré son indépendance en 1991 avec la dissolution de l'Union soviétique.
Cette ancienne république soviétique a des frontières terrestres avec la Russie au nord, l'Iran au sud, la Turquie à l'ouest-sud-ouest, l'Arménie à l'ouest et la Géorgie au nord-ouest. Bien que le pays n'ait pas accès à une mer ouverte (c'est-à-dire donnant sur l'océan mondial), il possède un littoral de 713 kilomètres sur la mer Caspienne (mer fermée), à l'est. L'exclave azerbaïdjanaise du Nakhitchevan dans le sud-ouest du pays est située au sud de l'Arménie et au nord de l'Iran et communique avec la Turquie à l'ouest.
L’Azerbaïdjan est membre de plus de quarante organisations internationales, dont l'ONU, l'Organisation des États turciques, la Communauté des États indépendants, l'Organisation de la coopération islamique et le Conseil de l'Europe. C'est un État laïc.
Le nom d'« Azerbaïdjan » vient du moyen perse Āturpātakān. Azer ou Azar signifiant « feu sacré » en persan, Azarbaïdjan est donc littéralement le Territoire des Zoroastriens. Effectivement, c'est dans cette région – sassanido-iranienne de l'Antiquité jusqu'à la guerre russo-persane de 1804-1813 ainsi que la guerre russo-persane de 1826-1828 – que se trouvait l'un des trois grands Temples mazdéens, l'Adur Gushnasp ou « Feu des rois et des généraux », de l'époque pré-islamique désormais en Azerbaïdjan iranien.
Certaines sources indiquent qu'avant 1918, le nom d'Azerbaïdjan désignait exclusivement la province iranienne d'Azerbaïdjan, située au sud du fleuve Araxe. Cependant, on trouve des exemples d'utilisation du terme Azerbaïdjan pour désigner les territoires situés au nord de l'Araxe à des époques antérieures. Dans ses références (parfois contradictoires) aux frontières de l'Azerbaïdjan, le géographe musulman du XIIIe siècle, Yaqut al-Hamawi, les étend jusqu'au fleuve Koura, englobant ainsi la région d'Arran. Selon Xavier de Planhol, cela indique qu'« à partir de cette période, la conception de l'Azerbaïdjan a eu tendance à s'étendre vers le nord et que sa signification évoluait rapidement ». À l'époque safavide, l'Azerbaïdjan désignait des territoires situés aussi bien au nord qu'au sud de l'Araxe. À la fin du XVIIIe siècle, des sources russes, arméniennes et persanes utilisaient le terme Azerbaïdjan pour désigner les territoires situés au nord de l'Araxe, sans toutefois lui attribuer de connotation ethnique particulière. Par exemple, dans sa lettre datée du 5 juin 1798 au roi George XII de Géorgie, Fath-Ali Shah Qajar a qualifié la Géorgie de « meilleure terre d'Azerbaïdjan », tandis qu'en 1783, le général russe S. D. Burnashev a écrit sur la « rébellion caractéristique des peuples d'Azerbaïdjan » en lien avec le khanat d'Erevan.
Les premières implantations humaines dans la région remontent à l'âge de la pierre, il y a plus de 1,5 million d'années. La plupart des sites préhistoriques sont situés dans les régions du Karabagh (grottes d'Azykh, de Taghlar et de Zar), de Gazakh (grottes de Dashsalahli et de Damdjili, sites préhistoriques de Shishguzey et de Kekilli où ont été découverts des outils de travail et autres), du Nakhitchevan et en région talyshe.
Du VIIe au Xe siècle, la région connaît un essor politique, sous les Sajides, les Chirvanchahs, les Salarides, les Ravvadides et les Cheddadides.
Au XIIe siècle, après l'effondrement de l'Empire seldjoukide, les Atabegs d'Azerbaïdjan règnent depuis leur capitale de Nakhitchevan, puis d'Ardabil, et enfin de Tabriz, sur l'Azerbaïdjan iranien actuel et sur l'Arran (l'Azerbaïdjan moderne). Leur territoire est ensuite conquis par le Khwarezmchahs Jalal ad-Din au XIIIe siècle, dont l'État succombe ensuite aux Mongols. Au XIIIe siècle, l'Empire mongol des Khulaguides est fondé, avec sa capitale à Tabriz.
Après la mort de Timur, deux États turcs indépendants et rivaux ont émergé dans la région : Qara Qoyunlu et Aq Qoyunlu. Aq Qoyunlu et Qara Qoyunlu se composaient principalement de tribus turques de langue azérie et avaient une structure confédérée à deux États. Certains historiens sont d'avis qu'ils sont des Azerbaïdjanais modernes Les Shirvanshahs, en revanche, sont redevenus indépendants dans ce processus et ont renforcé leurs gouvernements locaux.
En 1501, l'État des Safavides a été créé en Azerbaïdjan et en Iran. La lignée de la dynastie était basée sur la ville d'Ardabil dans le sud de l'Azerbaïdjan. La langue principale des Safavides était l'azéri, mais ils parlaient aussi le persan.
La langue principale des dirigeants safavides était l'azéri, il était parlé dans le palais safavide jusqu'à l'effondrement de l'État. Les seigneurs féodaux de l'État se composaient des tribus Qizilbash de langue azerbaïdjanaise et avaient le dessus dans l'administration de l'État. De même, ils constituaient l'armée de l'État des Safavides.
À la fin du XVe et au début du XVIe siècle, Shah Ismaïl Ier Séfévi s'empare de la Perse et conquiert la Transcaucasie. Allié à l’Angleterre et au Portugal contre les Ottomans, il est néanmoins défait lors de la bataille de Tchaldiran en 1514.
À la fin du XVIe siècle, l’empire séfévide s’affaiblit à la suite des guerres permanentes avec les Ottomans, qui conquièrent le territoire de l’Azerbaïdjan moderne. Leur domination dure vingt ans, jusqu'à ce que l’héritier et petit-fils d'Ismail Ier, Shah Abbas Ier, les rejette : il forme rapidement une armée régulière, vainc les Turcs et restaure presque entièrement l'ancien empire séfévide au début du XVIIe siècle.
Au début du XVIIIe siècle, l’empire séfévide s’affaiblit de nouveau et il est une nouvelle fois envahi par les Turcs, qui y resteront six ans : Nadir Shah, fondateur de la dynastie des Afcharides, expulse les Turcs ottomans mais, après la mort de Nadir Shah, l'empire s’effondre de nouveau.
Sous le règne de Nadir-shah, de nombreuses entités — principalement des khanats (qualifiés d'« Azerbaijani » par Tadeusz Swietochowski et Firouzeh Mostashari), avec à leur tête des dynastes turcs — se forment sur le territoire de l’Azerbaïdjan, de l’Arménie et de l’Azerbaïdjan iranien modernes, qui aspirent à l’indépendance. Ils le sont vraisemblablement sous la dynastie Zand mais sont repris en main au début du XIXe siècle sous les Kadjars. Les khanats réussissent toutefois à maintenir leur indépendance[réf. nécessaire]. Deux d'entre eux, les khanats de Kouba et du Karabagh, prennent sous leur contrôle la plupart des autres khanats.
En 1796, en prenant les khanats de Bakou et Talish, les troupes russes envahissent le Caucase de l’Est. Mais elles sont rapidement chassées.
En 1806, Bakou est de nouveau conquise par les Russes au cours de la nouvelle guerre russo-perse. Le traité de Golestan en 1813 donne à la Russie les provinces perses situées au nord de l’Araxe. Bakou devient la capitale d’un gouvernement russe aux termes du traité de Turkmantchaï de 1828 et du traité de paix conclu à Edirne.