Axel Kahn, né le 5 septembre 1944 au Petit-Pressigny (Indre-et-Loire) et mort le 5 juillet 2021 à Paris 15e, est un scientifique, médecin généticien et essayiste français. Directeur de recherche à l'Inserm et ancien directeur de l'Institut Cochin, il préside l'université Paris-Descartes de 2007 à 2011 puis la Ligue nationale contre le cancer de 2019 à 2021.
Il est surtout connu du grand public pour ses actions de vulgarisation scientifique et ses prises de positions sur des questions éthiques et philosophiques ayant trait à la médecine et aux biotechnologies — notamment le clonage et les OGM — en particulier dans le cadre de son travail au sein du Comité consultatif national d'éthique (CCNE) de 1992 à 2004.
Axel Maurice René Kahn naît le 5 septembre 1944 au Petit-Pressigny (Indre-et-Loire). Il est le fils du philosophe Jean Kahn-Dessertenne (1916-1970) d'origine juive alsacienne par son père et de Camille Ferriot (1914-2005), fervente catholique originaire de Mussy-sur-Seine (Aube). Le second mari d'une de ses arrière-grands-mères, Jacques Maurice Dessertenne, était un peintre reconnu qui illustra notamment plusieurs éditions de l'encyclopédie Larousse.
Il est le frère du journaliste Jean-François Kahn (1938-2025) et du chimiste Olivier Kahn (1942-1999).
Il passe les premières années de sa vie aux bons soins de sa nourrice Léontine Moreau dans le village du Petit-Pressigny. Après cette prime enfance campagnarde, on lui fait rejoindre, en 1949, sa famille rue des Plantes à Paris où son père dirige l'école privée Godéchoux. Ses parents se séparent en 1954 et Axel reste avec sa mère et son frère Olivier. En 1957, sa mère fait une rechute de tuberculose et se fait soigner une année durant dans un sanatorium. Axel est envoyé en pension à Saint-Germain-en-Laye dans les Yvelines.
Après avoir été louveteau à cinq ans, il est enfant de chœur et entre chez les Scouts de France, où il est victime de pédophilie par un chef scout et un prêtre.
Très attiré par la religion catholique au point d'envisager un temps d'entrer dans les ordres, il perd la foi alors qu'il est pensionnaire en classe de seconde à Pontlevoy près de Blois (Loir-et-Cher) dans un lycée jésuite mais reste attaché aux valeurs chrétiennes. Entreprenant des recherches généalogiques, il prend conscience de ses origines juives et découvre le racisme.
Axel Kahn entre en classe de première au lycée Buffon à Paris. Comme son père l'avait fait dans sa jeunesse, il s'engage à cette époque auprès du Parti communiste et devient, en 1961, secrétaire des jeunesses communistes du lycée. Après un prix au concours général, puis le baccalauréat qu'il obtient avec mention, il fait des études de médecine et devient interne des Hôpitaux de Paris à l'hôpital Lariboisière notamment.
En 1967-1968, durant son service militaire dans le cadre de la coopération, il est médecin-chef dans la préfecture de Haute-Kotto en République centrafricaine.
Le 17 avril 1970, son père se suicide en laissant, à lui seul plus jeune garçon de sa fratrie, un message : « […] au plus capable de faire durement les choses nécessaires, […] sois raisonnable et humain […] », événement qu'il considère comme ayant eu une grande importance dans sa vie. En 2004, il fera encore de cette injonction le titre d'un de ses ouvrages.
Axel Kahn est le père de trois enfants issus de son premier mariage en 1969 avec Viviane Seillon. Il épouse en deuxièmes noces, le 28 janvier 1995 dans le 15e arrondissement de Paris, Pascale Briand, une chercheuse scientifique française ; ils se séparent en juin de la même année.
Axel Kahn est docteur en médecine avec une spécialité en hématologie (1974) et docteur ès sciences (1976). Il devient chercheur à l'Inserm avec une spécialisation en biochimie et intègre en tant que chargé de recherches, en 1976, le groupe de Jean-Claude Dreyfus au sein de l'Institut de pathologie moléculaire de l'hôpital Cochin créé en 1969 et dirigé par Georges Schapira, qui formera le cœur du futur Institut Cochin.
Il effectue l'ensemble de sa carrière de chercheur à l'Inserm, devenant directeur de recherche de seconde classe en 1978, de première classe en 1988, puis de classe exceptionnelle en 1993. En parallèle de ses activités de recherche, il exerce la médecine jusqu'en 1992, notamment à l’hôpital Beaujon.
Il est également membre fondateur et le rédacteur en chef, de 1986 à 1997, de la revue scientifique franco-québécoise Médecine/sciences.
Ses travaux portent sur la génétique moléculaire appliquée à l’étude de maladies héréditaires, notamment hématologiques, et à celle des mécanismes de la différenciation et de la régulation de l’expression des gènes. Il est l'auteur avec ses équipes de plus de 450 articles parus dans des revues scientifiques de premier plan.
Dans la continuité de sa thèse de doctorat consacrée en 1976 aux déficits en glucose-6-phosphate déshydrogénase, il développe des recherches en enzymologie, s'intéressant en particulier aux anomalies biochimiques à l'origine des anémies liées aux déficits en enzymes telles que la phosphofructo-kinase, la phosphoglycérate kinase, et la pyruvate kinase dont il est un spécialiste. Ses résultats d'enzymologie lui permettent de mettre en évidence le caractère monoclonal de la splénomégalie myéloïde. Il démontre également que la pyruvate kinase, enzyme des globules rouges et du foie, peut être codée par le même gène sous le contrôle de deux promoteurs distincts.
À la fin des années 1970, Axel Kahn commence à s’intéresser au génie génétique pour étudier la synthèse des enzymes mutés. Après avoir cloné l’ADN complémentaire et le gène de la pyruvate kinase, Axel Kahn et son équipe contribuent de manière significative à la compréhension de la régulation de ce gène par le glucose. En collaboration avec l'unité Inserm 293 de Nathalie Josso, il dirige l'équipe qui clone l'ADN complémentaire et le gène de l’hormone antimüllérienne. Avec Jamel Chelly, il met en évidence le mécanisme de la transcription illégitime dans lequel n’importe quel gène peut être transcrit dans n’importe quel type de cellule.
Il s'oriente dans les années 1990 vers la thérapie génique en dirigeant des équipes de recherche qui étudient les possibilités thérapeutiques du transfert de gènes. Elles montrent, en 1993, l'efficacité d'une thérapie génique locale sur la souris pour la myopathie de Duchenne. Dans le même temps, les travaux du groupe emmené par Livia Poenaru établissent la possibilité du transfert de gènes dans les cellules du cerveau. Cette méthode sera utilisée pour tenter de traiter la dégénérescence moto-neuronale chez la souris. Une autre équipe évalue quant à elle la possibilité de repeupler le foie de la souris grâce au transfert d'hépatocytes résistants à l’apoptose. Avec Christine Perret-Mayeux, il dirige les travaux qui démontrent, en 1998, l'importance des mutations du gène codant la β-caténine dans les carcinomes hépatocellulaires chez la souris et chez l’homme.