Avigdor Liberman (en hébreu : אביגדור ליברמן; nom et prénom de naissance, en russe : Эвик Львович Либерман, Evik Lvovitch Liberman), né le 5 juin 1958 à Kichinev (RSSM, URSS), est un homme politique israélien.
Originaire de Moldavie, Avigdor Liberman immigre en Israël à l'âge de 20 ans, en 1978, puis réside depuis les années 1990 dans la colonie de Nokdim, en Cisjordanie.
Après avoir été membre du Likoud, il crée et dirige le parti d’extrême droite Israel Beytenou, dont il est la tête de liste aux des élections législatives de 2006, de 2009 et de 2015.
À partir de 2001, dans les gouvernements d’Ariel Sharon, d’Ehud Olmert et de Benyamin Netanyahou, il est plusieurs fois ministre (Infrastructures, Transports, vice-Premier ministre et Affaires stratégiques, Affaires étrangères, Défense). Sa rupture avec Netanyahou met celui-ci en difficulté et permet la formation du gouvernement Bennett, dans lequel Avigdor Liberman devient ministre des Finances.
Personnalité ultranationaliste, il est controversé en raison de ses positions anti-arabes et belliqueuses.
Avigdor Liberman naît sous le nom d'Evik (ou Evit) Lvovitch Liberman à Kichinev, dans une famille juive russophone de Moldavie soviétique ; il s'appelle Evik en l'honneur d'Eva, une de ses grand-mères.
Sa mère est Esther Markovna et son père Lev Yankelevitch Liberman. Comme Juif de Bessarabie, Lev Liberman est, jusqu'en 1940, citoyen roumain et membre de l'organisation sioniste de jeunesse Betar. Envoyé au front dans les rangs de l'Armée rouge pendant la Seconde Guerre mondiale, il est fait prisonnier par les Allemands. On ignore comment Lev survécut à sa captivité, mais cela lui vaut d'être déporté par le NKVD en Sibérie pour s'être laissé capturer par l'ennemi (ce qui, à l'époque stalinienne, est considéré comme une « trahison »). À son retour de déportation, Lev se marie et devient le père d'Evit.
En Moldavie soviétique, le jeune Evit étudie à l'Institut agronomique de Kichinev et travaille pour une courte période à Bakou (Azerbaïdjan), avant de partir pour Israël en 1978. Après avoir fait son service militaire comme caporal de Tsahal, il est diplômé d'un baccalauréat universitaire en arts, en relations internationales et en sciences politiques à l'université hébraïque de Jérusalem. Au cours de ces études, il se bat deux fois avec les membres d’un groupe d’étudiants arabes. Durant ses premières années en Israël, il exerce plusieurs métiers, notamment à l'aéroport Ben Gourion et comme videur dans une boîte de nuit.
Marié, père de trois enfants et habitant la petite colonie de peuplement de Nokdim, en Cisjordanie, Avigdor Liberman parle l'hébreu, le yiddish, le russe, le roumain et l'anglais.
À partir de 1999, il est rédacteur en chef d'une revue intitulée Yoman Yisraeli.
Il occupe un poste à la direction du Likoud de 1993 à 1996, puis la fonction de directeur de cabinet du Premier ministre Benyamin Netanyahou de 1996 à 1997, rompant avec lui cette année là, jugeant sa politique trop conciliante vis-à-vis des Palestiniens.
Dans les années 1990, il se fait le porte-parole des juifs russophones arrivés en Israël. Il devient ainsi une personnalité éminente pour les Israéliens d'origine russe.
En 1999, il fonde le parti russophone Israel Beytenou et est élu député à la Knesset. Il reproche au Premier ministre travailliste Ehud Barak de négliger diplomatiquement la Russie, dont il espère influencer la politique étrangère en la soutenant « dans sa lutte contre le terrorisme islamiste en Tchétchénie », sans succès toutefois.
En mars 2001, il fait entrer son parti dans la coalition gouvernementale menée par le Likoud d'Ariel Sharon : il est nommé ministre des Infrastructures nationales. Il en démissionne en mars 2002. Lors de la seconde Intifada, en 2002, il appelle au bombardement des stations d'essence, banques et centres commerciaux palestiniens. En février 2003, il devient ministre des Transports. Il déclare peu après à propos des prisonniers palestiniens détenus dans les prisons israéliennes : « Je propose de les transporter en autocars jusqu'à la mer Morte pour les noyer ».
Il s'oppose au plan de désengagement des territoires occupés et propose, en mai 2004, un plan alternatif prévoyant une séparation entre Juifs et Arabes pour créer deux États ethniquement homogènes. Il soutient la solution à deux États avec échange de territoires (certaines villes israéliennes à majorité arabe seraient données à l’État palestinien alors que certaines implantations juives seraient données à Israël). Peter Beinart écrit, dans son essai critique de l'establishment juif américain : « Il n’y a pas besoin d’être paranoïaque pour voir le lien entre l’idéologie actuelle d’A. Liberman et ses anciennes positions. Plus vous dépouillez les Arabes israéliens de protection légale, plus vous les accusez de trahison, plus une politique d’expulsion devient alors justifiable ». Ce point de vue est condamné par Ariel Sharon et les adversaires d'Avigdor Liberman lui reprochent d'être populiste et démagogue. Le 4 juin 2004, alors que la tension monte autour du plan de désengagement de la bande de Gaza, Ariel Sharon limoge Liberman du gouvernement.
Aux élections législatives de 2006, son parti profite de l'effondrement du Likoud de Benyamin Netanyahou et remporte 11 sièges à la Knesset. En avril 2006, Avigdor Liberman s'exprime en faveur d'une action israélienne contre l'Iran, dont le programme nucléaire et les discours de son président, Mahmoud Ahmadinejad, sont considérés comme des menaces pour l'existence de l'État d'Israël.
Le 23 octobre 2006, son parti signe un accord avec Kadima et entre dans la coalition au pouvoir. Avigdor Liberman est nommé ministre des Affaires stratégiques, avec rang de sixième vice-Premier ministre dans le gouvernement Olmert. Le 16 janvier 2008, Avigdor Liberman quitte le gouvernement afin de s'opposer aux négociations de paix avec les Palestiniens, lancées le 27 novembre 2007 à la conférence d'Annapolis. Il rompt également la coalition entre Kadima et son parti, Israel Beytenou. En 2009, il critique l'opération Plomb Durci pour l'insuffisance des moyens employés pour vaincre le Hamas.
Après les élections législatives de février 2009, en obtenant 15 sièges, son parti devient le troisième parti de la Knesset, devançant le Parti travailliste (13 sièges). Il devient alors un interlocuteur indispensable des deux grandes formations, le Likoud et Kadima, en vue de former une coalition qui sera à même de mener le pays. Il apporte son soutien à Benyamin Netanyahou et est coopté avec son parti dans le gouvernement de coalition du centre et de la droite. Il devient ministre des Affaires étrangères, son activité provoquant des tensions avec les pays voisins, notamment l'Égypte.