Ce Jour-là

Augusto Sandino

Homme politique nicaraguayen

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Augusto Calderón Sandino, né le 18 mai 1895 à Niquinohomo (Nicaragua) et mort le 21 février 1934 à Managua, est un leader de la guérilla nicaraguayenne qui, de 1927 à 1934, lutta contre le gouvernement légal qui était alors appuyé par les marines américains. Il fut assassiné en 1934 par la Garde nationale commandée par le premier des Somoza, Anastasio Somoza García, sur ordre de l'ambassadeur américain Arthur Bliss Lane.

Fils illégitime du propriétaire terrien Gregorio Sandino et de la paysanne métisse Margarita Calderón, Augusto Nicolás Sandino nait dans un petit village de Niquinohomo, au Nicaragua. Son père abandonne sa famille lorsque Sandino est encore en bas âge. Il doit apprendre très jeune à se débrouiller pour subvenir à ses besoins et à ceux de sa mère. À neuf ans, tous deux sont emprisonnés, car ils ne réussissent pas à payer toutes les dettes qui se sont accumulées.

Deux ans plus tard, Margarita quitte le village avec son nouveau compagnon et Augusto Sandino est recueilli par son père. Il décide alors de se prendre en main et d'aller à l'école. Il va à l'école primaire mais travaille dès son jeune âge comme commerçant ou mécanicien.

À vingt-cinq ans, il se retrouve en conflit avec le frère de sa fiancée, qui l'accuse d'avoir séduit sa sœur. Sandino blesse son adversaire à la cuisse avec son revolver et doit fuir le Nicaragua pour ne pas être arrêté. Il travaillera au Guatemala pour la United Fruit Company, et à Tampico (Mexique) pour la Huasteca petroleum.

Les tensions entre le gouvernement mexicain et celui des États-Unis sur le contrôle des ressources pétrolières d'un côté, et la situation du Mexique encore révolutionnaire de l'autre lui font prendre conscience de la situation similaire dans laquelle se trouve son pays.

Après qu'Adolfo Díaz ait repris le pouvoir en 1909 avec l'aide des États-Unis, des contrats sont signés. Les Américains fournissent des forces maritimes au Nicaragua et en échange ils peuvent installer des industries d'agriculture nord-américaines sur les terres fertiles du pays. Cette invasion des étrangers ne plait pas à tout le monde, y compris à Augusto Sandino. Lorsqu'il désire devenir membre d'un syndicat, les membres ne le laissent pas prendre part aux décisions. Pour eux, un Nicaraguayen est un « vendepatrias » (vendeur de la patrie), c'est-à-dire quelqu'un qui est prêt à vendre père, mère et pays. Quelqu'un qui a une attitude traditionnelle inefficace en raison de la continuelle intromission des États-Unis dans les affaires du pays et de la soumission des dirigeants face à l'oppresseur.

Il est de retour au Nicaragua en juin 1926. Il voit la situation précaire dans laquelle se trouvent les ouvriers et les paysans, surtout ceux qui travaillent pour les compagnies nord-américaines. Ils reçoivent par exemple, comme paie, des coupons de peu de valeur, échangeables seulement dans les magasins de la compagnie qui les emploie.

Il arrive dans un pays où s'organisait un petit mouvement nationaliste, et surtout anti-américain. Il s'unit au Parti libéral du général José María Moncada en octobre 1926. Il apporte USD $300 de ses économies pour acheter quelques fusils et armer 29 hommes qu’il parvint à rassembler par sa propagande sur ses intentions libérales. Il livre son premier combat en novembre 1926 avec ses hommes. Le prenant par surprise, ils réussissent à repousser un groupe de deux cents soldats mal préparés et mal armés, dans le village d'El Jícaro.

Sandino et sa troupe passent alors par plusieurs villages, renforçant ainsi leur petite armée. Ils gagnent encore quelques combats, dont certains grâce à l'aide des villageois ou des Mosquitos. La troupe ne cesse de se multiplier, et contrairement aux autres groupes de combattants, tous les hommes s'engagent volontairement à suivre Sandino. Ils participent aux traditionnelles disputes entre libéraux et conservateurs pour le pouvoir.

Repoussant de plus en plus les troupes conservatrices, il s'empare en mars 1927 de la ville de Jinotega, une place forte du gouvernement dans le nord du pays. Ils sont alors plus de trois cents Sandinistes. Malgré son affiliation au parti libéral, Sandino se répudie parce que son mouvement occupe un large spectre de la société indigène et ouvrière nicaraguayenne, très distante de l'oligarchie capitaliste et notable. Les armes de son groupe armé étaient trop anciennes pour lutter contre les troupes conservatrices d'Adolfo Díaz, et, quand il demandait des armes aux libéraux de José María Moncada, celles-ci lui étaient refusées.

C'est dans ce contexte de conflits latents que le 6 janvier 1927, 16 navires de guerre des États-Unis, sous le commandement de l'amiral Julian Latimer, arrivent au Nicaragua avec l'objectif de soutenir Adolfo Díaz. Celui-ci, lors de son discours de bienvenue aux troupes américaines, se lamente du retrait de ces mêmes troupes du sol nicaraguayen en 1925 : « (…) je vous donne la bienvenue pour votre retour en aide à notre nation, tant que je serai président et pour les gouvernements qui me suivront, les marines de l'Union doivent rester dans mon pays ».

Ces paroles montrent la réalité du Nicaragua durant cette époque, une réalité à laquelle s'opposa en tout moment Augusto Calderón Sandino.

En mai 1927, les libéraux, guidés par Moncada, remettent leurs armes au représentant des marines au Nicaragua (Henry L. Stimpson). Un accord qui supposait l'appui présidentiel définitif des États-Unis à l'exécutif conservateur, ainsi que la répartition des pouvoirs entre conservateurs et libéraux. Sandino voit, une fois de plus, comment les libéraux se positionnent plus pour les intérêts d'une petite oligarchie et abandonnent de nouveau le peuple nicaraguayen. Selon Sandino : « Conservateurs et libéraux sont une même clique de canailles » (la misma bola de canallas). Sandino prend la décision ferme de continuer le combat et de « résister jusqu'aux ultimes conséquences ». Il renvoie les pères de famille et les indécis, pour repartir avec ses trente hommes les plus fidèles. En ce mois de mai 1927, Sandino et sa petite troupe baptisée « Armée de Défense de la Souveraineté Nationale » vont à Jinotega dans le but de poursuivre la lutte. Là-bas, il écrit le fameux « manifeste de El Mineral » depuis San Albino, établissant les points de sa lutte : contre l'oligarchie créole, les envahisseurs américains et pour la défense des opprimés. Il dénonce également la trahison du chef Moncada et promet de continuer cette bataille jusqu'à ce que tous les envahisseurs quittent le pays. La guérilla de Sandino a commencé.

Entre-temps, il se marie avec Blanca Arauz, une jeune femme qui partage ses idées et partagera aussi son existence risquée.

Les débuts du général Sandino ne sont pas faciles. Il a peu d'hommes sous ses ordres, la majorité de ceux-ci sont mal équipés et peu préparés aux opérations militaires. Il se rallie de nouveau avec les Indiens pour former une armée de près de 600 hommes. Ils livrent alors combat contre les marines américains et les soldats du gouvernement, mais après quelques heures et plusieurs pertes, ils doivent battre en retraite à la suite de l'intervention de l'aviation américaine. Sandino réorganise ses forces et forme l'Armée de défense de la souveraineté nationale du Nicaragua. Il opte pour créer son quartier général dans le département de Nueva Segovia, et dans un lieu difficile d'accès, le Cerro Chipote ou Chipoton. », qui se situe sous une brume permanente qui les protège des forces aériennes. Il procède maintenant par des attaques isolées et remporte souvent la victoire. Il élabore aussi plusieurs autres tactiques. Il engage des gens pour faire du bruit près des lieux de combats, déstabilisant ainsi l'adversaire en leur faisant croire que des renforts arrivent. Il engage aussi des adolescents de 15 ans et moins pour lui fournir les renseignements sur les déplacements du camp adverse. Le Nicaragua devient un terrain difficile pour les marines. La troupe de Sandino abat pour la première fois un avion américain le 8 octobre 1927.

Les ouvriers et les paysans, dont la pauvreté est entretenue par l’économie d’agriculture rentière et de plantations, constituent la principale base sociale de la rébellion. Sandino se déclare libéral mais combat, outre l'occupation américaine, l’élite libérale-conservatrice, qu’il définit comme oppressive, exploiteuse, raciste et prête à vendre le Nicaragua. « Sandino, raconte le sociologue Orlando Núñez, a repris les idées ainsi que le drapeau rouge et noir des anarcho-syndicalistes mexicains, l’analyse de classes du Salvadorien Farabundo Martí. Dans ses écrits, il exprimait la nécessité de l’intégration latino-américaine, comme l’avait rêvée Simón Bolívar, mais aussi l’intégration des Indiens dans les luttes politiques, sans exclure l’alliance avec des entreprises nationalistes afin d’affronter l’impérialisme américain ».

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