Ce Jour-là

Augustin Morgenthaler

Résistant français pendant la Seconde Guerre mondiale

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Augustin Morgenthaler, né le 8 juillet 1921 à Strasbourg et mort le 26 novembre 1944 à Ballersdorf, est un résistant français, membre de la Brigade indépendante Alsace-Lorraine, mort pour la France lors de la Libération de l'Alsace.

Augustin Morgenthaler est issu d'une famille alsacienne d'intellectuels catholiques. Son père, Alphonse Morgenthaler, philologue et helléniste de sensibilité maurrassienne, exerce comme professeur de classe préparatoire littéraire (khâgne) au lycée Fustel-de-Coulanges à Strasbourg. Par sa mère, la famille compte parmi ses membres l'abbé Henri Cetty, grand-oncle d'Augustin, curé à Mulhouse et figure de la Démocratie chrétienne en Alsace. Ce dernier décède le 11 novembre 1918, au moment de l'annonce de l'armistice.

Il effectue sa scolarité secondaire au lycée Fustel-de-Coulanges à Strasbourg, où il participe au mouvement scout avec son frère Jean-Georges. Il y côtoie notamment Bernard Metz au sein de la troupe de la 5ème Strasbourg, rattachée à la paroisse Saint-Pierre-le-Jeune catholique.

En novembre 1939, la famille Morgenthaler suit le repli de l'université de Strasbourg à Clermont-Ferrand, où Alphonse Morgenthaler rejoint la faculté des lettres comme professeur. Augustin y obtient une licence ès lettres. En 1941, il rejoint la communauté des Gergoviotes sur le plateau de Gergovie.

Dans le contexte du régime de Vichy, qui entreprend une réforme de la formation des élites par la création d'écoles de cadres destinées à former l'élite de la « Révolution nationale », Augustin Morgenthaler est nommé instructeur à l'école des cadres de Clerlande. Ces établissements, au nombre d'une soixantaine, accueillent prioritairement les jeunes diplômés, tandis que les autres sont généralement affectés dans les Chantiers de la jeunesse française.

Le 30 juin 1944, il épouse à Clerlande Madeleine Metz, sœur de son ami scout Bernard Metz.

Le 3 septembre 1944, quelques jours après la libération de Paris, Augustin et son frère Jean-Georges s'engagent dans la Brigade indépendante Alsace-Lorraine (BIAL) recruté par Bernard Metz. Incorporés comme soldats de deuxième classe, ils rejoignent la compagnie Verdun du bataillon Strasbourg.

Du 23 au 27 novembre 1944, la BAL est rattachée à la 5e division blindée dans le cadre des opérations visant à consolider la percée de la 1re armée française du général de Lattre de Tassigny dans le sud de l'Alsace. Les combats pour le contrôle de la route Belfort-Mulhouse se révèlent particulièrement meurtriers, avec 18 soldats de la BIAL tombés à Ballersdorf et à Dannemarie.

Le 26 novembre 1944, vers 16 heures, Augustin Morgenthaler trouve la mort à Ballersdorf. Il est tué par balle alors qu'il se porte au secours de l'aspirant Malnory, de la première section, blessé mais qui survivra. Son oncle, l'abbé Armand Cetty, curé de Ballersdorf, procède à la bénédiction de sa dépouille.

Ses obsèques militaires sont célébrées le 29 novembre 1944. Il est inhumé à la nécropole nationale d'Altkirch (sépulture 852), aux côtés de ses camarades tombés au combat.

Le 24 avril 1945, soit cinq mois après la mort d'Augustin, naît à Clerlande son fils posthume, Michel.

Son frère Jean-Georges, blessé à la joue par un éclat d'obus le jour même de la mort d'Augustin, poursuit le combat. Fait prisonnier par les Allemands à Gerstheim le 10 janvier 1945 lors de la défense du sud de Strasbourg par la BIAL, il est interrogé à l'hôpital psychiatrique de Rouffach puis transféré à Fribourg-en-Brisgau par des miliciens français. Ses parents le croient mort jusqu'à son retour de captivité fin mai 1945. Revenu à la vie civile, Jean-Georges devient éditeur aux éditions Privat à Toulouse. Il décède le 28 juillet 2010.

Sur le plateau de Gergovie, depuis 1951, son nom figure sur la stèle des Gergoviotes en hommage à ses morts.

Il est reconnu « mort pour la France ».

Médaille de la Résistance française avec rosette.

: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Marion Dacko, Arnaud Pocris et Yann Deberge, Les Gergoviotes : des étudiants en résistance, Clermont-Ferrand, Presses universitaires Blaise-Pascal, 2024, 223 p. (ISBN 978-2-38377-271-2), « Augustin Morgenthaler (1920-1944) », p. 165. .

Eric Le Normand (dir.), Marie-Noèl Hatt-Diener et Michel Morgenthaler, Association pour des études sur la Résistance intérieure des Alsaciens (AERIA) (ill. Christophe Clavel), La Résistance des Alsaciens, Paris, Fondation de la Résistance, Département AERI, 2016 (ISBN 978-2-915742-32-9), « Augustin et Jean-Georges Morgenthaler ». .

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