Ce Jour-là

Auguste Jean-Gabriel de Caulaincourt

Officier français de la période révolutionnaire et du Premier Empire

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Auguste Jean-Gabriel de Caulaincourt, né le 16 septembre 1777 à Caulaincourt en Picardie et mort le 7 septembre 1812 à la bataille de la Moskova, est un général français de la Révolution et de l’Empire.

Frère d'Armand de Caulaincourt, il entre dans la carrière des armes en 1792 et gravit tous les échelons jusqu'à celui de colonel du 19e régiment de dragons en 1801. En cette qualité, il participe à la bataille d'Austerlitz en 1805 avant de servir un temps auprès de Louis Bonaparte, devenu roi de Hollande.

De retour dans l'armée française en 1808, il est affecté dans la péninsule Ibérique à la tête d'une brigade de dragons et se signale notamment au combat d'Arzobispo. Il prend part à la campagne de Russie de 1812 et perd la vie au cours d'une charge dirigée contre les positions russes lors de la bataille de la Moskova, alors qu'il venait de remplacer le général Montbrun à la tête d'un corps de cuirassiers.

Il est né dans une famille noble originaire du Vermandois, en Picardie, dans l'actuel département de l'Aisne. Il est le fils de Gabriel Louis de Caulaincourt, 4e marquis de Caulaincourt et d'Anne Joséphine de Barandier de La Chaussée d'Eu.

Il est le frère cadet d'Armand Augustin Louis de Caulaincourt, 5e marquis de Caulaincourt et 1er duc de Vicence, grand écuyer de l'empereur Napoléon Ier.

Carrière sous la Révolution française

D'après son biographe Charles Thoumas, Caulaincourt se serait engagé au 8e régiment de cavalerie (ex-cuirassiers du Roi) le 14 juin 1792, ce qui est contredit par Georges Six qui indique qu'il aurait rejoint cette unité en tant que volontaire dès le 6 janvier de cette même année. Il est envoyé sur le front mais est rayé des contrôles pour congé dès avril 1793. Il réapparaît deux ans plus tard en étant promu sous-lieutenant et aide de camp auprès du général Aubert-Dubayet le 28 mars 1795. Le 24 août suivant, il passe avec son grade dans le 12e dragons avant d'être nommé lieutenant au 1er régiment de carabiniers le 21 janvier 1796, capitaine au 21e régiment de dragons le 28 janvier 1797 et enfin capitaine au 1er dragons le 22 janvier 1798.

C'est en cette qualité que Caulaincourt participe, dans les rangs de l'armée du Danube, à la bataille d'Ostrach le 21 mars 1799, au cours de laquelle il enfonce deux escadrons de hussards autrichiens et leur inflige une vingtaine de pertes, et à celle de Stockach qui a lieu quatre jours plus tard. Après avoir servi un temps comme aide de camp du général Klein, il est transféré à l'armée d'Helvétie et est élevé au grade de chef d'escadron à titre provisoire le 30 juin. Il intègre alors la division Lecourbe pour y commander les deux escadrons du 12e chasseurs qui sont attachés aux forces de ce général. Il occupe Schwytz au mois d'août et se distingue le 1er octobre au combat de Muotathal où il reçoit un coup de lance.

Caulaincourt retourne ensuite au 1er dragons qu'il conduit à la bataille de Marengo en juin 1800. Au cours de l'affrontement, alors que ses cavaliers protègent un mouvement de repli des fantassins de Victor, il est blessé d'un coup de feu à la tête. Il est confirmé dans ses fonctions de chef d'escadron par arrêté des consuls le 17 décembre 1800. Il se signale encore en Italie au début de l'année 1801 en s'emparant avec 40 dragons du village de Vedelago et de sa garnison autrichienne de 400 hommes. Promu chef de brigade du 19e régiment de dragons le 24 août suivant, il rentre en France après la paix et tient garnison dans la 16e division militaire.

Créé membre de la Légion d'honneur le 9 décembre 1803 puis officier de l'ordre le 15 avril 1805, il est nommé aide de camp de Louis Bonaparte le 9 juin 1804, tout en conservant le commandement de son régiment.

Il est toujours à la tête du 19e dragons lorsqu'éclate la campagne d'Allemagne de 1805. Lui et ses hommes sont affectés à la 4e division de dragons du général Bourcier, appartenant à la réserve de cavalerie de la Grande Armée. Au moment de franchir le Rhin pour aller combattre les armées austro-russes, le 19e dragons aligne 458 cavaliers répartis en trois escadrons. Le 14 octobre, Caulaincourt participe avec son régiment à la bataille d'Elchingen, où son unité, conjointement avec le 18e dragons, forme une brigade sous le général Laplanche. Quelque temps plus tard, le 2 décembre, a lieu la bataille d'Austerlitz au cours de laquelle le 19e dragons de Caulaincourt, fort à ce moment de 412 hommes, est engagé dans la lutte pour la possession du village de Sokolnitz, à la droite du dispositif français.

En récompense de ses services, Caulaincourt reçoit la croix de commandant de la Légion d'honneur le 25 décembre 1805. Lorsque Louis Bonaparte est proclamé roi de Hollande en mai 1806, il le suit en qualité d'aide de camp et grand écuyer (21 juin) et est nommé général-major de l'armée hollandaise le 30 août suivant. Après avoir exercé un court laps de temps les fonctions de ministre plénipotentiaire de Hollande à Naples, de décembre 1807 à janvier 1808, il réintègre l'armée française avec le grade de général de brigade un mois plus tard.

Employé à la division de cavalerie réunie à Poitiers le 11 février, il se voit gratifier d'une rente de 4 000 francs sur la Westphalie le 17 mars ; le titre de baron de l'Empire lui est également décerné, soit le 19 mars soit au mois de mai. Toujours en 1808, il achète le château de la Brûlerie situé à Douchy dans le département du Loiret.

Au début de l'année 1808 est organisé le corps d'observation des Pyrénées occidentales, qui ne tarde pas à se mettre en route pour l'Espagne où Napoléon cherche à évincer les Bourbons du trône. Les deux brigades de cavalerie de ce corps, constituées à partir de régiments ou d'escadrons de marche, sont commandées respectivement par les généraux Lagrange et Caulaincourt. Ce dernier entre en Espagne le 19 mars 1808. Vers la fin avril, ses 1 635 cavaliers sont cantonnés dans la région de Burgos et de Valladolid. La brigade Caulaincourt est cependant dissoute peu après le déclenchement de l'insurrection espagnole et les hommes renvoyés à leurs unités d'origine.

Caulaincourt se contente alors de servir à l'état-major de l'armée d'Espagne, et ce jusqu'à la fin de l'année. Durant l'été, il est envoyé avec une colonne de différentes armes pour réprimer l'insurrection qui s'est déclarée dans la province de Cuenca et pour y punir l'attentat commis sur un officier et sur quelques soldats français massacrés par la population. Parti de Tarazona, il arrive le 3 juillet devant Cuenca, où il trouve 4 000 Espagnols disposés à défendre cette position avec des pièces de canon. Il met en fuite ces derniers avec une perte de 7 à 800 hommes tandis que le reste se réfugie dans les montagnes. Il soumet ensuite la ville à un pillage en règle au cours duquel plusieurs habitants sont assassinés par les soldats français. Caulaincourt lui-même, cherchant à canaliser les excès de ses troupes, ordonne le sac de la cathédrale afin d'en redistribuer les richesses à ses officiers. Après la capitulation française de Bailén, il parvient à ramener ses troupes à Madrid malgré la précarité de ses lignes de communication. Le trafic des biens spoliés de Cuenca, auquel se livrent ses soldats à leur retour dans la capitale, suscite l'indignation du roi Joseph Bonaparte qui écrit à Napoléon : « toutes les personnes sensées de l'armée et du ministère me disent qu'il vaudrait mieux qu'il [Caulaincourt] y eût essuyé un échec [à Cuenca] que de tenir cette conduite ».

Le 24 décembre 1808, Caulaincourt est placé à la tête de la 2e brigade de la 4e division de dragons, menée par le général La Houssaye, à la suite du renvoi pour insubordination du général de brigade Rioult-Davenay. Le nouveau commandant a sous ses ordres les 18e et 19e dragons. D'abord stationnée avec le reste de la division en Galice à la mi-janvier 1809, la brigade prend part à la deuxième invasion napoléonienne du Portugal au mois de mars. Dans les premiers jours de la campagne, les cavaliers de Caulaincourt contribuent à la prise de Chaves, où ils s'emparent d'un canon, et à la victoire de Braga en repoussant 6 000 Portugais et en prenant un autre canon. Ses dragons enlèvent ensuite deux drapeaux à la bataille d'Oporto puis un autre à Penafiel au cours d'une charge qui cause de lourdes pertes dans les rangs espagnols. Non loin d'Amarante, alors qu'il commande l'avant-garde des généraux Delaborde et Loison, il bat, avec un bataillon du 17e d'infanterie légère et le 19e régiment de dragons, un corps portugais et occupe Amarante. Le 12 mai, lorsque Loison juge à propos d'évacuer cette ville, Caulaincourt est affecté au commandement de son arrière-garde, composée de trois bataillons d'infanterie et du 19e dragons, et s'acquitte de sa mission avec succès.

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