Ce Jour-là

Auguste Blanqui

Révolutionnaire républicain socialiste français

Anúncio

Louis Auguste Blanqui, surnommé « l’Enfermé », né le 19 mai de l'an 13 de la République (8 février 1805) à Puget-Théniers (Alpes-Maritimes) et mort le 1er janvier 1881 à Paris, est un révolutionnaire socialiste français, souvent associé aux socialistes utopiques. Il défend pour l'essentiel les mêmes idées que le mouvement socialiste du XIXe siècle et fait partie des socialistes non-marxistes.

Après 1830, encore étudiant, Blanqui estime que la révolution ne pourra traduire la volonté du peuple que par la violence : « l'interdiction politique » qui place le peuple sans garantie, sans défense, devant l'« odieuse domination des privilégiés »[source insuffisante], conduit d'après lui fatalement à la lutte. Il fut, en conséquence de ses tentatives insurrectionnelles, emprisonné une grande partie de son existence, ce qui lui a donné le surnom de « l’Enfermé ». Il est à l'origine du blanquisme.

En 1880, il publie le journal Ni Dieu ni Maître dont le titre est devenu une référence pour le mouvement anarchiste. Karl Marx considère quant à lui Blanqui comme « la tête et le cœur du parti prolétaire en France ».

« Oui, Messieurs, c’est la guerre entre les riches et les pauvres : les riches l’ont voulu ainsi ; ils sont en effet les agresseurs. Seulement ils considèrent comme une action néfaste le fait que les pauvres opposent une résistance. Ils diraient volontiers, en parlant du peuple : cet animal est si féroce qu’il se défend quand il est attaqué. »

— Extrait de la défense d’Auguste Blanqui en Cour d’Assises, 1832

Son père, Jean Dominique Blanqui, est député des Alpes-Maritimes à la Convention nationale. Incarcéré comme girondin entre octobre 1793 et frimaire an III (décembre 1795), il rend compte des conditions de sa détention dans L'Agonie de dix mois. Il est réélu député au Conseil des Cinq-Cents, nommé sous-préfet de Puget-Théniers sous le Premier Empire puis sous-préfet de Marmande durant les Cent-Jours.

Son frère aîné, Adolphe Blanqui, théoricien et économiste libéral, favorable au libre-échange et au désengagement de l'État de l'économie. Sa soeur, Zoé Antoine (née Blanqui), soutiendra toute sa vie son engagement révolutionnaire. Les relations familiales sont très conflictuelles. Son père, Jean-Dominique, a épousé sa mère, Sophie, alors que celle-ci était très jeune : elle avait seize ans, lui trente-huit. Il est marqué par une grande jalousie et les relations conjugales se détériorent. De plus, les ressources financières sont très faibles. La chute de Napoléon et la Restauration engendrent des difficultés supplémentaires. Jean-Dominique réussit à obtenir le soutien de son fils aîné, Adolphe, qui hait alors sa mère, disant dans ses souvenirs qu'elle était dépensière et violente, tandis que celle-ci et Auguste conservent une affection mutuelle. Adolphe prétend alors que Sophie instille de la discorde entre ses enfants. Un rude conflit éclate entre Sophie d'un côté et Jean-Dominique et Adolphe : comme Sophie a hérité du domaine d'une tante, du château de Grandmont, elle se considère seule gestionnaire de son bien. Son mari et son fils aîné lui reprochent de mal gérer son argent ; son mari la pense désormais « méprisable ».

Si Auguste se montre parfois réticent à accepter l'autorité que son frère prétend avoir sur lui et s'il n'a pas la même relation avec ses parents, il faut reconnaître que leurs relations n'étaient pas fondamentalement mauvaises dans leur jeunesse. Adolphe voulait qu'Auguste, ainsi que le reste de sa fratrie, puisse disposer d'une éducation suffisante. Devenant enseignant et commençant alors à subvenir à ses besoins, il réclame de payer la moitié des frais d'éducation d'Auguste. Il est même contraint de payer tout de sa poche, sa tante et son père ne voulant pas contribuer aux frais. Il dit même qu'il considérait Auguste comme son enfant, qu'il lui a même « prodigué plus de soins [qu'il n'en a] donné à tous [ses] enfants ensemble ».

À l’âge de treize ans, Auguste monte à Paris. Pensionnaire à l'institution Massin où enseignait son frère Adolphe (futur économiste libéral), de sept ans son aîné, il suit les cours du lycée Charlemagne. Il étudie ensuite le droit et la médecine. Mais il se lance très tôt dans la politique, se faisant le champion du républicanisme révolutionnaire sous le règne de Charles X, de Louis-Philippe Ier puis de Napoléon III. Ses opinions de jeunesse sont marquées par l'hostilité à la Restauration, et par conséquent par le bonapartisme, le courant républicain étant alors vraiment minoritaire. Il devient athée. Il fréquente Jean-Baptiste Say, dont il connaît le fils par le lycée et dont Adolphe deviendra le disciple. Tout juste âgé de dix-sept ans, il milite activement contre le procès des quatre sergents de la Rochelle, condamnés à mort pour avoir adhéré à la société secrète de la Charbonnerie et fomenté des troubles dans leur régiment. Decaux explique que « sa doctrine politique, selon laquelle un groupe restreint, mais résolu, de révolutionnaires, peut s'emparer du pouvoir, est assurément née de là [de son engagement dans le carbonarisme] ».

Contre Charles X et Louis-Philippe

Carbonaro depuis 1824, au sein de cette organisation secrète en lutte contre la restauration monarchique, Auguste Blanqui est mêlé à toutes les conspirations républicaines de son époque. Dès lors, se succèdent pour lui complots, coups de force manqués et emprisonnements.

En 1825-1826, il participe au journal saint-simonien Le Producteur fondé par Olinde Rodrigues et Prosper Enfantin. En 1827, il est blessé par trois fois lors des manifestations d'étudiants au Quartier latin dont une blessure au cou. En 1828, il projette une expédition en Morée pour aller aider la Grèce insurgée. Il part avec son ami et camarade d'études Alexandre Plocque. Le voyage s'achève à Puget-Théniers, faute de passeport.

Il entre au journal d’opposition libérale de Pierre Leroux Le Globe fin 1829. En 1830, on le compte dans les rangs de l'association républicaine la plus séditieuse, connue sous le nom de Conspiration La Fayette, qui joue un grand rôle dans la préparation de la Révolution de 1830, à laquelle il participe activement. Après la révolution, il adhère à la Société des amis du peuple ; il se lie avec d’autres opposants au régime orléaniste : Buonarrotti (1761-1837), Raspail (1794-1878) et Barbès (1809-1870), entre autres.

En janvier 1831, au nom du « Comité des Écoles », il rédige une proclamation menaçante. À la suite de manifestations, il est emprisonné à la Grande Force pendant trois semaines. Mais, récidiviste et prêchant toujours la violence, il est de nouveau arrêté et inculpé de complot contre la sûreté de l'État. Fin 1831, a lieu un procès durant lequel lui et quatorze camarades sont accusés de délits de presse. Blanqui témoigne alors de son caractère révolutionnaire, réclamant le suffrage universel, accusant des bourgeois d'être des « privilégiés », se déclarant, lui, prolétaire. Il utilise une formule qui témoigne de son idéal socialiste : « Frapper d'impôts le nécessaire, c'est voler ; frapper d'impôts le superflu, c'est restituer ». Et il dit alors : « Toute révolution est un progrès ». Aggravant alors son cas devant les juges, il est alors condamné à un an de prison.

Après un nouveau séjour en prison, il reprend ses activités révolutionnaires à la « Société des familles », que continue en 1837 la « Société des saisons ».

Le 6 mars 1836, il est arrêté, fait huit mois de prison, puis est placé en liberté surveillée à Pontoise.

Le 12 mai 1839, de retour à Paris, avec Armand Barbès et Martin Bernard, il participe à l'insurrection qui s’empare du Palais de justice, échoue à prendre la Préfecture de police, et occupe un instant l'Hôtel de ville. On compte 77 tués et au moins 51 blessés du côté des insurgés, 28 morts et 62 blessés chez les militaires. Après l’échec de l'émeute, il reste caché cinq mois, mais il est arrêté le 14 octobre.

Le 14 janvier 1840, il est condamné à mort. Sa peine étant commuée en prison perpétuelle, il est enfermé au Mont-Saint-Michel. Sa femme, Amélie-Suzanne Serre, meurt alors qu'il est emprisonné en 1841 ; ils s'étaient mariés en 1833. Il avait été le professeur d'Amélie, alors qu'elle avait onze ans. Les parents d'Amélie, M. et Mme Serre, avaient au départ eu beaucoup de sympathie pour Blanqui qui se montrait hostile au légitimisme. Mais ils ont ensuite été fort réticents à accepter le mariage de leur fille avec Auguste. Ce dernier leur paraissait miséreux. De plus, il était emprisonné, s'étant montré à maintes reprises complètement défavorable au régime de Louis-Philippe. Eux avaient plutôt une bonne opinion de la monarchie de Juillet. Pour ces raisons, le mariage d'Amélie avec Auguste leur déplaisait, et ils ne l'acceptèrent que de mauvaise grâce, du fait de l'insistance d'Amélie.

Anúncio

Bientôt sur l'application World in Stories

Audio, téléchargement hors ligne, sans publicité et plus.

Découvrir Premium
Auguste Blanqui | World in Stories