Ce Jour-là

Augusta Holmès

Compositrice française d'origine britannique et irlandaise

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Augusta Holmès, née Holmes le 16 décembre 1847 à Paris et morte le 28 janvier 1903 dans la même ville, est une compositrice française aux origines britannique et irlandaise, et une poétesse. Elle grandit à Versailles, où elle côtoie les salons et sociétés artistiques de son époque, fréquentant des personnalités comme Charles Gounod ou Camille Saint-Saëns. En 1879, elle prend la nationalité française et ajoute un accent grave à son nom de famille.

Grande mélodiste, élève de César Franck, amie de Franz Liszt et émule de Richard Wagner, elle compose avec un grand succès plusieurs symphonies et poèmes symphoniques, à l'image des Argonautes qui fit sa renommée, ainsi que quatre opéras, dont le plus célèbre, La Montagne noire, est représenté à l'opéra de Paris en 1895. Dans un autre genre, elle est l'autrice du noël Trois anges sont venus ce soir, popularisé par Tino Rossi.

À l'image de son idole Richard Wagner, dont elle possédait un portrait dans son salon de travail, elle écrit elle-même les textes de ses œuvres, qu'il s'agisse de ses très nombreuses mélodies, du texte de ses poèmes symphoniques avec voix ou même des livrets de ses opéras. Elle a été pendant un temps la compagne de l'écrivain Catulle Mendès, avec qui elle a eu plusieurs enfants.

Augusta Mary Anne Holmes naît rue Neuve-de-Berry, dans l'ancien premier arrondissement de Paris, le 16 décembre 1847. Ses parents sont Charles William Scott Dalkeith Holmes (né le 17 juillet 1797 à Youghal et mort le 19 décembre 1869 à Versailles), officier irlandais des dragons légers en demi-solde à partir d'avril 1817, et Tryphina Anna Constance Augusta Shearer (née en 1811 dans le Hampshire et morte en 1858). Le couple s'est marié en 1827.

Elle a pour parrain Alfred de Vigny, qui, selon certains, serait son père biologique. En 1855, la famille Holmes s'installe à Versailles, au 15 rue de l'Orangerie.

Holmes peut commencer des études de musique en 1858, à la mort de sa mère, car celle-ci refusait même la présence d'un piano au domicile familial. Son père lui donne aussi une éducation littéraire et linguistique (elle parle couramment le français et l'anglais, mais aussi l'italien et l'allemand). Elle fréquente le salon du musicien Guillot de Sainbris, ce qui lui permet de faire de la musique d'ensemble autant que de chanter. Elle y fait la connaissance de Charles Gounod et d'Ambroise Thomas. Elle y rencontre d'autres personnalités comme les peintres Henri Regnault et Georges Clairin, les écrivains Henri Cazalis, Armand Renaud, Louis de Lyvron, André Theuriet et le compositeur Camille Saint-Saëns qui « éprouve une réelle attirance pour la belle et talentueuse musicienne » et la demande en mariage à deux reprises. Elle participe aux soirées organisées par Regnault, Clairin et Blanchard à l'atelier du boulevard Saint-Michel, à Paris, ainsi que chez Saint-Saëns, au 168 faubourg Saint-Honoré.

Bien qu'elle étudie aussi la peinture, elle s'intéresse principalement à la musique. Elle commence ses études musicales avec Mlle Peyronnet, apprenant les grandes œuvres de Bach, Beethoven et Haendel, qu'elle connaissait par cœur. Tout comme son ami Camille Saint-Saëns, elle est considérée comme une pianiste prodige. Après l'étude du piano, Augusta devient élève d'Henri Lambert pour l'orgue, l'harmonie et le contrepoint, ainsi que du clarinettiste Hyacinthe Klosé. Elle apprend également le chant auprès de Guillot de Sainbris. Selon Henri Gauthier-Villars, sa tessiture « allait du contre-fa au si bémol aigu ». Elle chante en s'accompagnant elle-même au piano sur des mélodies dont elle écrit autant le texte que la musique, et devient l'élève de César Franck. Consciente de « l'indifférence qui accueille les œuvres d'une femme compositeur », elle publie ses premières partitions sous le pseudonyme d'Hermann Zenta, avant d'abandonner cet usage pour publier sous son nom propre.

Holmès rencontre le compositeur italien Gioachino Rossini qui l'encourage dans la voie musicale après l'avoir entendue déchiffrer un morceau à vue et chanter.

En 1869, elle assiste à la création de L'Or du Rhin en compagnie de Franz Liszt, qui lui écrira plus tard avoir « la plus haute opinion de [ses] talents extraordinaires ». La même année, elle donne naissance à Raphaël, qu'elle a avec le poète Catulle Mendès, alors époux de Judith Gautier.

En 1870, sous la guerre franco-prussienne, elle sert comme ambulancière. Éminemment patriote, elle compose Vengeance !, un chant guerrier, et une ode à la France sous le titre Dieu sauve la France à la fin de l'année 1870. Elle ajoute un accent grave à son nom.

C'est à partir de 1875 qu'elle étudie auprès de César Franck. En 1876, elle fait le voyage à Bayreuth pour l'inauguration du palais des festivals. À Tribschen, elle rencontre Richard Wagner, qui imprégnera ses compositions comme dans le poème symphonique Lutèce ou dans son opéra Astarté puisqu'elle écrit les textes de ses mélodies, oratorios, symphonies vocales et de ses opéras, dont le plus connu est La Montagne noire.

En 1876, elle compose sa première symphonie Roland Furieux, qui ne sera créée qu'en 2019 par l’Orchestre national de la BBC du Pays de Galles, à Cardiff. Cependant, l'Andante pastoral, qui constitue le deuxième mouvement, a souvent été joué séparément et fut créé dès janvier 1877 à Paris, sous la direction d'Édouard Colonne. Octave Mirbeau rapporte que, lors de l'une de ces représentations à laquelle il assiste, l'œuvre a été sifflée, non pas à cause de sa qualité que l'auteur souligne, mais parce qu'Augusta Holmès était considérée comme wagnérienne. En 1876, elle fait notamment le voyage à Bayreuth pour assister à l'inauguration du Palais des festivals de Bayreuth et à la création de L'Anneau du Nibelung Sa seconde symphonie Lutèce est composée l'année suivante.

Avant 1877, elle adhère à la Société des compositeurs de musique, à laquelle elle restera jusqu'à sa mort.

En 1879, elle est naturalisée française.

En 1880, Augusta Holmès compose son deuxième poème symphonique avec voix, Les Argonautes, qui remporte un vif succès malgré son échec au concours de la ville de Paris, et qui lui permet de faire jouer en 1882 son troisième poème symphonique, Irlande, d'allure très patriotique et vantant le pays de ses origines. Elle reverse d'ailleurs les droits d'auteur que lui rapportent les représentations de l’œuvre à des organisations nationalistes irlandaises. En 1883, elle compose deux autres poèmes symphoniques, Andromède, qui s'inspire à nouveau de la mythologie grecque, et un second poème symphonique patriotique, Pologne.

En 1884, elle écrit son quatrième opéra, La Montagne noire : créé à l'opéra Garnier, le 8 février 1895, cet ouvrage remporte un succès mitigé avec treize représentations, et n'est pas repris à Paris. Cependant, le talent de la compositrice n'est pas ignoré, salué par Debussy, et le public lui pardonne cet échec en se souvenant des succès de ses précédents poèmes symphoniques à la « musique charmante et robuste ».

En 1887, elle compose son célèbre cantique de Noël Trois anges sont venus ce soir, qui connait un succès équivalent à Minuit, chrétiens, le chant composé par Adolphe Adam. Il sera chanté par Tino Rossi et d'autres chanteurs populaires.

En 1888, elle compose pour glorifier la France une ode symphonique, Ludus pro Patria, inspirée du tableau homonyme de Puvis de Chavannes. Dans la même veine, 1889 est l'année d'une certaine reconnaissance officielle : elle compose une Ode triomphale pour célébrer le centenaire de la Révolution française, une œuvre monumentale pour un orchestre de trois cents musiciens et un chœur de neuf cents chanteurs et chanteuses costumés sur un plateau de 2 000 mètres carrés. Ce qui fait dire à Saint-Saëns, dans Le Rappel : « Il fallait plus qu'un homme pour chanter le centenaire ; à défaut d'un dieu impossible à rencontrer, la République française a trouvé ce qu'il lui fallait : une muse ! ». La première se déroule le 11 septembre 1889 au palais de l'Industrie, devant quinze mille spectateurs et spectatrices : la pièce, grandiose, au caractère à la fois solennel et populaire, est un véritable succès public. Les représentations se poursuivront le 12 et le 14 septembre. Ces célébrations sont dans la lignée des grandes cérémonies révolutionnaires de François-Joseph Gossec ou de Étienne Nicolas Méhul.

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