Ce Jour-là

August Meyszner

Officier de la gendarmerie fédérale autrichienne

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August Meyszner est un officier SS, né le 3 août 1886 à Graz (Styrie, Autriche-Hongrie) et mort exécuté le 24 janvier 1947 à Belgrade (Yougoslavie).

Homme politique nazi, il fait carrière dans la police, atteignant un grade d'officier supérieur au sein de l'Ordnungspolizei (Orpo, « Police de l'ordre public ») autrichienne puis allemande après l'Anschluss. Lors de la Seconde Guerre mondiale, il occupe le poste de chef supérieur de la SS et de la Police en Serbie. Il est décrit par les historiens comme l'un des subordonnés les plus brutaux du Reichsführer-SS Heinrich Himmler.

August Meyszner commence sa carrière comme officier de la gendarmerie. Durant la Première Guerre mondiale, il sert sur le front italien et atteint le grade de Major en 1921. En septembre 1925, il rejoint le parti nazi autrichien et devient député de droite puis, en 1930, ministre de la province de Styrie. Du fait de son appartenance au parti nazi, il est écarté de la gendarmerie en 1933. En février 1934, il est arrêté puis mis en détention au camp d'internement de Wöllersdorf-Steinabrückl avant d'être libéré trois mois plus tard. En juillet de la même année, il est de nouveau arrêté à la suite d'une tentative de coup d'État, mais s'échappe de sa cellule et fuit en Allemagne, où il rejoint d'abord l'Orpo, puis l'Allgemeine SS. Il travaille ensuite dans divers postes de police en Autriche, en Allemagne et en Norvège occupée jusqu'à sa nomination au poste de chef supérieur de la SS et de la Police dans la Serbie occupée, au début de l'année 1942. Il est parmi les rares officiers de l'Orpo à accéder à ce poste.

Le séjour d'August Meyszner en Serbie est marqué par la friction et la concurrence entre les responsables militaires, économiques et diplomatiques allemands. C'est également durant cette période qu'il développe une méfiance et une haine viscérales envers les Serbes. Au cours de son mandat, il supervise régulièrement des exécutions et envoie des dizaines de milliers de travailleurs forcés en Allemagne et en Norvège occupée. Un détachement de la Gestapo, sous son commandement, a recours notamment à un Gaswagen pour tuer huit mille femmes et enfants juifs détenus au camp de concentration de Sajmište. En avril 1944, ses critiques envers les autres dirigeants du régime d'occupation allemand qui, selon lui, ne sont pas assez durs et cruels envers les civils serbes, lui valent d'être renvoyé de son poste de chef de la SS et de la Police. Heinrich Himmler le transfère ensuite à Berlin afin d'établir une gendarmerie à vocation européenne. Après la guerre, il est capturé par les Alliés et incarcéré dans l’attente de son jugement. Extradé en Yougoslavie avec le reste de ses subalternes, il est jugé et reconnu coupable de crime de guerre par un tribunal militaire yougoslave : il est condamné à la peine capitale puis pendu en janvier 1947.

August Edler von Meyszner naît le 3 août 1886 à Graz, en Autriche-Hongrie, de Rudolf Edler von Meyszner, un Oberstleutnant (lieutenant-colonel) de l'armée territoriale impériale-royale autrichienne (la Landwehr) anobli en 1884, et de son épouse Thérèse (née Tuschner). Son oncle est le lieutenant général Ferdinand von Meyszner. Après avoir terminé ses études primaires et secondaires à Graz, il fréquente une école des cadets à Vienne. En 1908, il est affecté au 3e régiment d'infanterie de la Landwehr à Graz en tant qu'élève-officier et, le 1er mai 1908, devient Leutnant (sous-lieutenant) dans le bataillon de Leoben. Jusqu'au 30 avril 1913, il occupe le poste d'officier technicien au département des transmissions et des communications téléphoniques, tout en assurant l'entraînement au ski du bataillon. À sa demande, il est transféré à la brigade de la gendarmerie de Trieste, le 1er mai 1913. En 1914, il effectue un stage en vue de ses nouvelles fonctions d'officier de gendarmerie et, le 1er mai 1914, soit une année jour pour jour après son transfert à Trieste, il est officiellement admis dans la gendarmerie autrichienne.

Au début de sa carrière dans la gendarmerie, il est nommé commandant du 5e détachement à Gorizia. Le 23 juin 1914, il est promu Oberleutnant (lieutenant). En août, il devient commandant de la section côtière de la gendarmerie de Grado, puis il est transféré le mois suivant à la section des gardes-frontières basée à Tolmin, dans l'actuelle Slovénie.

Quelques jours après le début de la Première Guerre mondiale, August Meyszner épouse Pia Gostischa, jeune femme originaire de Marburg an der Drau (aujourd'hui Maribor). Le couple a une fille et un fils.

Le 19 mai 1915, il est affecté comme commandant d'une compagnie de gendarmerie sur le front italien. Plus tard dans la même année, il est nommé commandant de la 12e compagnie alpine. Le 1er août 1916, il est promu Rittmeister (littéralement maître de cavalerie, équivalent à capitaine) avec effet au 11 août. En 1917, il est conseiller à la 15e brigade de montagne. En août de la même année, il est rappelé à la gendarmerie de Trieste et, en novembre de l'année suivante, devient commandant de la gendarmerie de Styrie à Graz. Durant la Grande Guerre, August Meyszner est blessé et reçoit diverses distinctions honorifiques. Il est notamment décoré de l'ordre de la Couronne de fer, de la croix du Mérite militaire, de la médaille du Mérite militaire, de la croix des Troupes de Charles et de la médaille de la Croix-Rouge de 2e classe.

En décembre 1919, August Meyszner commande la gendarmerie frontalière de la ville de Judenburg, à la frontière avec le royaume des Serbes, Croates et Slovènes. Cette année-là, il adhère à la Deutsch-Völkischen Turnverein, une association sportive nationaliste allemande, et prend la tête du groupe paramilitaire d'extrême-droite Steirischer Heimatschutz (Garde nationale styrienne). Plus tard, il profite de son rang supérieur dans la gendarmerie pour fournir des armes aux troupes de la Heimwehr.

Jusqu'en 1928, August Meyszner travaille à Judenburg, période durant laquelle il est à maintes reprises envoyé en renfort de plusieurs détachements. En 1921, il est promu major et, en août de la même année, est envoyé à la tête d'un détachement de gendarmes afin de superviser l'unification du Burgenland avec l'Autriche. Ses hommes se heurtent à des séparatistes hongrois dont l'un parvient à le blesser à la jambe. En 1922, son unité réussit à maîtriser des syndicalistes en grève dans la région de Judenburg et, en 1927, mate la rébellion survenue au lendemain de la révolte de Juillet. Il rejoint le parti nazi autrichien le 5 septembre 1925 et reçoit le numéro de membre 10.617. En mai 1927, il est reçu en audience par Adolf Hitler avec deux de ses camarades de la Garde nationale, Walter Pfrimer et Hanns Albin Rauter. Le 1er janvier 1929, August Meyszner est transféré à Graz où il entre en contact avec des organisations d'extrême-droite.

En 1930, August Meyszner devient député au Landestag, le parlement provincial de Styrie, où il représente le Heimatblock, parti politique du groupe paramilitaire nationaliste Heimwehr. Le système de représentation proportionnelle de la Styrie lui permet également d'obtenir un poste de ministre au sein du gouvernement provincial. En 1931, il s'intéresse au projet de coup d'État de Pfrimer, mais ses obligations de député et de ministre l'empêchent de participer au putsch, qui avorte après l'émission d'un mandat d'arrêt à l'encontre de Pfirmer et de son complice Konstantin Kammerhofer. August Meyszner nie toute implication dans l'affaire mais déclare ouvertement son soutien aux putschistes. Durant cette période, il occupe brièvement le poste de chef de la Garde nationale. Il commence également à tisser des liens plus étroits avec le parti nazi autrichien et rencontre à plusieurs reprises Theodor Habicht, délégué d'Adolf Hitler en Autriche. À la fin de l'année 1933, les négociations entre les deux hommes aboutissent à l'accord dit de Venise, par lequel la Garde nationale est mise sous l'égide du parti nazi. En avril 1933, August Meyszner exprime ouvertement sa sympathie pour l'idéologie nazie en critiquant violemment les juifs d'Europe devant le Landestag. À partir du mois de mars 1933, le gouvernement dirigé par le Front patriotique d'Engelbert Dollfuss proroge la juridiction du parlement et, en juin de la même année, interdit le parti nazi autrichien et la Garde nationale. Quelques jours auparavant, les fonctionnaires membres du parti nazi autrichien sont déclarés subversifs. August Meyszner est par la suite déchu de son siège au parlement et mis en retraite anticipée de la gendarmerie en septembre 1933, à l'âge de 47 ans.

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