Les attentats du 21 avril 2019 au Sri Lanka sont une série de huit attaques terroristes islamistes, commises le dimanche de Pâques dans plusieurs villes du pays. Trois églises chrétiennes et trois hôtels de luxe sont visés à Colombo, Negombo et Batticaloa par une série d’attentats-suicides coordonnés, suivis plus tard par deux explosions dans une maison d'hôtes à Dehiwala et un complexe immobilier à Dematagoda. 269 personnes, y compris 42 ressortissants étrangers et 45 enfants, sont tuées et 496 personnes sont blessées.
Les attaques sont revendiquées par l'organisation État islamique le 23 avril 2019. Le gouvernement srilankais accuse quant à lui le National Thowheeth Jama'ath, un groupe terroriste islamiste sri-lankais. Son chef a prêté allégeance à l'État islamique avant les attentats.
Il s'agit des attaques les plus meurtrières commises contre des civils sri-lankais depuis la fin de la guerre civile sri lankaise en 2009.
Le 11 avril 2019, les services de renseignement srilankais avertissent qu'un mouvement islamiste projette des « attentats-suicides contre d’importantes églises catholiques et l’ambassade d’Inde ». La note fait notamment mention du National Thowheeth Jama'ath. Le quotidien indien The Hindu affirme en outre que la National Investigation Agency (NIA), l'agence indienne de lutte antiterroriste, aurait à la fin de l'année 2018 averti le gouvernement sri-lankais des risques d'attentats après avoir obtenu des informations auprès d'un sympathisant de l'État islamique originaire du Tamil Nadu.
Au cours des années 2010, 32 Srilankais issus de familles « bien éduquées et d'élite » rejoignent les rangs de l'État islamique en Syrie.
Les chrétiens sri-lankais célèbrent Pâques le 21 avril 2019 au Sri Lanka. Selon le gouvernement sri-lankais, les attaques sur les trois hôtels et les trois églises sont des attentats-suicides. Trente-cinq étrangers figurent parmi les victimes, dont des citoyens américains, britanniques et néerlandais.
Le sanctuaire catholique Saint-Antoine de l'archidiocèse de Colombo est visé par la première attaque terroriste peu avant 9 heures du matin heure locale, suivi par l'église catholique Saint-Sébastien à Negombo. Selon les médias sri-lankais, au moins 93 personnes ont été tuées lors de la seconde explosion.
L'église évangélique Sion à Batticaloa a également été la cible d'un kamikaze, peu après neuf heures. Selon des informations locales, au moins 27 personnes auraient été tuées, dont 9 seraient des touristes étrangers. Un responsable de l'hôpital de Batticaloa a déclaré que plus de 300 personnes avaient été admises à la suite de l'explosion. Le kamikaze s'est fait exploser dans la cour de l'église après avoir tenté d'y pénétrer, s'étant fait refouler par Ramesh Raju, un père de famille volontaire pour gérer la foule, qui ne l'a pas laissé rentrer avec ses deux sacs. L'explosion a eu lieu après une dispute avec le terroriste, tuant Ramesh Raju et 28 autres personnes, dont une de ses sœurs, le mari et le fils de celle ci âgé de 20 mois et 14 autres enfants. Tous se trouvaient à l'extérieur, et Ramesh Raju a certainement sauvé les 600 personnes qui se trouvaient déjà dans l'église. Les membres de la congrégation de l'église évangélique de Zion le considèrent comme un héros, des affiches à son effigie ont été placardées sur la route qui va à sa maison et une semaine après les faits « des dizaines de personnes font encore la queue pour présenter leurs condoléances à la veuve du disparu ».
Trois hôtels 5 étoiles situés sur le front de mer, dans le centre de Colombo, ont été attaqués quasi-simultanément : le Cinnamon Grand Hotel, Le Kingsbury et le Shangri-La Hotel.
Le kamikaze du Shangri-La, chef du groupe islamiste National Thowheeth Jama'ath, accusé par les autorités d'être responsable des attaques, s'est fait exploser à 8 h 57 pendant le petit-déjeuner dans le restaurant Table One situé au troisième étage de l'hôtel, qui était rempli de touristes étrangers, constituant l'essentiel de la clientèle de l'hôtel.
Le kamikaze qui a frappé le restaurant Taprobane du Cinnamon Grand Hotel s'est enregistré sous un faux nom la nuit précédente, prétextant un voyage d'affaires. Muni d'une assiette, le kamikaze est entré dans la file d'attente du buffet de petit-déjeuner du restaurant le lendemain matin et a actionné sa ceinture d'explosifs alors qu'il était sur le point de se servir. Un des gérants de l'hôtel, présent pour accueillir les invités, figure parmi les tués sur le coup.
Plus tard dans la journée, un hall de réception de l'hôtel The Tropical Inn, situé à Dehiwala-Mount Lavinia, a également été touché par une attaque à la bombe et deux victimes ont été rapportées.
Vers 14 h 15, lorsque la police commença à perquisitionner les maisons des suspects dans la banlieue de Colombo, un des protagonistes actionna sa bombe dans un complexe immobilier de Dematagoda, tuant trois policiers : un sous-inspecteur et deux agents de police.
La kamikaze, une femme enceinte, s'est fait exploser en présence de ses trois enfants. Elle était la femme d'Ilham Ibrahim, le kamikaze de l’hôtel Shangri-La, et la belle-sœur d'Inshaf Ahmed Ibrahim, le kamikaze de l’hôtel Cinnamon Grand.
Un engin explosif improvisé a été découvert près de l'aéroport international Bandaranaike de Colombo et a été démantelé par l'armée de l'air sri-lankaise.
Le 22 avril, la « Special Task Force », l'unité d'élite antiterroriste de la police sri-lankaise, a localisé une camionnette appartenant aux assaillants près du sanctuaire Saint-Antoine, site de l'une des explosions de la veille. Lors de l'inspection, les policiers ont découvert 3 bombes à bord du véhicule. La zone est évacuée et l'unité de désamorçage appelée sur place. Après une tentative infructueuse de désamorçage, les bombes ont explosé simultanément en ne causant aucun blessé. Le même jour, la police aurait trouvé 87 objets servant à fabriquer des explosifs à la gare routière privée de Bastian Mawatha à Pettah.
Le 24 avril, le bilan des attentats est d'au moins 359 morts, dont 45 enfants, et 500 blessés. Cependant, le lendemain, les autorités sri-lankaises revoient à la baisse le bilan des attentats suicides : celui-ci passe provisoirement à 253 morts, selon un décompte rendu public. Dans un communiqué, le ministère de la Santé a fait savoir que le personnel médical avait achevé l'ensemble des autopsies, jeudi soir, et avait conclu que certains corps de victimes mutilées avaient été comptés plusieurs fois. Le bilan définitif est de 269 morts sans compter les 9 terroristes.
Il s'agit de l'attentat le plus meurtrier de l'histoire du Sri Lanka, de l'attentat le plus meurtrier commis par l'État islamique contre les chrétiens et de l'attentat le plus meurtrier commis par l'État islamique en dehors de l'Irak et de la Syrie.