Ce Jour-là

Attentats de mars 2012 en France

Série d’assassinats islamistes en France qui ont fait sept victimes en mars 2012

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Les attentats de mars 2012 en France, ou tueries de mars 2012 à Toulouse et Montauban, sont une série d'attentats islamistes qui se sont déroulés en mars 2012, tuant sept personnes : trois militaires dont deux de confession musulmane et quatre civils, dont un rabbin et trois enfants juifs au collège-lycée Otzar Hatorah, deux des enfants tués étaient ceux du rabbin.

La méthode employée lors de chaque meurtre est identique : casqué, à scooter, équipé d'une caméra, le terroriste islamiste franco-algérien Mohammed Merah exécute ses victimes « à bout touchant » avec un pistolet de type Colt 45 de calibre .45 ACP et un pistolet mitrailleur de type Mini-Uzi de calibre 9 mm Parabellum. L'analyse balistique a montré que l'une des armes du crime était la même dans les trois attaques. Retranché dans son appartement, Mohammed Merah est tué le 22 mars 2012 lors de l'assaut donné par les policiers du RAID.

D'abord considéré comme des attentats commis par un loup solitaire, il est établi que Mohammed Merah a bénéficié des complicités de sa famille et de la filière d'Artigat. Les attentats sont revendiqués par un groupe terroriste lié à Al-Qaïda, organisation dont Merah se revendique également. Mohammed Merah avait fait de nombreux voyages au Proche-Orient, en Afghanistan et au Pakistan au cours de sa radicalisation. Le rôle de la Direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI) qui suivait Merah et avait envisagé son recrutement comme informateur ainsi que la durée du siège et le mode opératoire de sa neutralisation font polémique.

En 2017, Fettah Malki est condamné à 14 ans de réclusion criminelle pour association de malfaiteurs terroristes et en 2019, son frère Abdelkader Merah est condamné à 30 ans de réclusion criminelle pour « association de malfaiteurs » et « complicité d’assassinats ».

Assassinat d'un militaire à Toulouse

Le 11 mars 2012, à 16 h 0, Mohammed Merah prononce « tu tues mes frères, je te tue » et abat le maréchal des logis-chef Imad Ibn Ziaten, un Français d'origine marocaine du 1er régiment du train parachutiste, d'une seule balle dans la tête sur un parking situé devant le gymnase du Château de l'Hers dans le quartier de Montaudran, au sud-est de Toulouse, avec une arme de calibre .45 ACP. Le militaire a préalablement été contacté par le tueur à la suite d'une annonce pour la vente d'une moto sur le site Le Bon Coin ; il est abattu lors du rendez-vous fixé pour la transaction. Sur la vidéo réalisée par Merah lui-même avec une caméra Gopro fixée sur la poitrine, on le voit poser des questions à son interlocuteur : « T'es à l'armée ? T'es militaire ? » Ensuite, tout va très vite. Le ton monte : « Mets-toi à plat ventre. Allonge-toi », insiste Merah qui arme son pistolet, un 11.43. Ibn Ziaten ne baisse pas la garde: « Tu ranges ton arme. Je ne me mettrai pas à plat ventre. Tu dégages. » Merah insiste mais Ibn Ziaten ne bouge pas : « Tu vas tirer ? Ben vas-y, tire ». Des témoins[réf. nécessaire] aperçoivent l'assassin qui s'enfuit à scooter.

Le secrétaire d'État auprès du ministre de la Défense et des Anciens Combattants, Marc Laffineur, a accompagné la dépouille au Maroc. Ibn-Ziaten est inhumé dimanche 25 mars 2012 dans la ville de M'diq, dans le nord du Maroc.

Assassinat de deux militaires à Montauban

Le 15 mars 2012, à 14 h 10, deux militaires d'origine algérienne, Abel Chennouf, âgé de 26 ans et Mohamed Legouad, âgé de 24 ans, sont tués et un troisième, Loïc Liber, âgé de 28 ans, est grièvement blessé à la tête, alors qu'ils retirent de l'argent à un guichet automatique bancaire situé à proximité de la caserne où ils sont cantonnés à Montauban. Leur assassin, arrivé à scooter, écarte fermement une personne âgée et tire dans la tête et dans le dos des victimes, prenant le temps d'achever l'une d'elles à terre. Les enquêteurs retrouveront sur place treize étuis de calibre .45 ACP similaires aux munitions utilisées lors du premier meurtre. Le tireur prend la fuite à scooter aux cris de « Allahu akbar ». Un chargeur roule sous une camionnette garée à proximité. Un des trois militaires est sous-officier au 17e régiment du génie parachutiste, les deux autres sont des engagés au sein du même régiment.

La piste de la motivation raciste est évoquée avant et après la troisième attaque, celle de l'école juive : les deux tués sont d'origine maghrébine et le blessé est antillais.

Loïc Liber, la victime survivante, d'origine Guadeloupéenne sort de l'hôpital début mai 2012, tétraplégique après avoir reçu une balle qui lui a sectionné la moelle épinière. Il est décoré de la médaille militaire des mains du ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian en mars 2023.

Tuerie à l'école juive Ozar Hatorah

Un attentat au collège-lycée juif Ozar Hatorah situé rue Jules-Dalou dans le quartier de La Roseraie au nord-est de Toulouse a lieu le 19 mars 2012 vers 8 h.

Un homme qui porte une caméra sanglée sur la poitrine arrive devant l'école à bord d'un scooter, un Yamaha TMAX. Il descend de son véhicule et ouvre immédiatement le feu en direction de la cour d'école. La première victime est un rabbin et professeur de l'école, Jonathan Sandler, âgé de 30 ans, abattu en dehors de l'école alors qu'il essaie de protéger du tueur ses deux jeunes fils, Gabriel, 3 ans, et Arié, 6 ans, en levant ses mains nues. Les caméras de vidéosurveillance montrent que le tueur assassine l'un des enfants alors qu'il rampe à terre aux côtés des corps de son père et de son frère. Il entre ensuite dans la cour d'école et poursuit Myriam Monsonégo, la fille du directeur de l'école, Yaakov Monsonégo, âgée de 8 ans, lui tire dans l'épaule puis l'attrape par les cheveux ramassés en queue de cheval et pointe son pistolet qui s'enraie à ce moment d'après les caméras de vidéosurveillance. L'assassin change alors d'arme, passant de ce que la police identifie comme un pistolet 9 mm Parabellum à un de calibre .45 ACP et tire dans la tempe de la fillette à bout portant. Il s'enfuit ensuite à scooter. Durant l'attaque, le tueur blesse grièvement Aaron « Bryan » Bijaoui, âgé de 15 ans et demi, qui sera hospitalisé jusqu'au 12 avril.

Les corps des quatre victimes sont transportés mardi soir, 20 mars 2012, à Roissy, où ils sont salués par le président Sarkozy. Ils sont inhumés à Jérusalem au cimetière Har Hamenouhot de Givat Shaul le 21 mars 2012 au matin, en présence d'Alain Juppé, ministre des Affaires étrangères.

Le père de Jonathan Sandler, Samuel (Shmuel) Sandler, décédé en 2023 et qui vient de perdre son fils et deux de ses petits-fils, déclare : « Mon petit cousin a été déporté à Auschwitz à l'âge de 8 ans en 1943. Je pensais que les enfants ne seraient plus assassinés en France, ou dans le monde. »

Les services de la police scientifique ont annoncé que la même arme a été utilisée au cours des trois épisodes de la vague d'assassinats.

Plusieurs pistes sont envisagées pour expliquer ces meurtres. Les hypothèses les plus citées sont celles du terrorisme intérieur ou extérieur, d'un déséquilibré ou d'un « loup solitaire » du même genre qu'Anders Behring Breivik. La hiérarchie de la police est « sur la piste de l'ultra-droite » et les médias mettent en avant la « piste néonazie ». Trois hommes liés à des mouvements néonazis, suspectés dans un premier temps, membres du 17e régiment de génie parachutiste en 2008, sont rapidement mis hors de cause.

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