Ce Jour-là

Attentats de Téhéran

Attentats du 7 juin 2017

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Les attentats de Téhéran sont deux attaques quasi simultanées menées le 7 juin 2017 au Parlement iranien et dans le mausolée de l’ayatollah Khomeini, le fondateur de la république islamique d'Iran. L'attaque est revendiquée le jour même par l'État islamique et fait au moins 17 morts et 52 blessés.

L'attaque terroriste survient en plein Ramadan. Elle intervient dans un contexte d'intensification de la propagande de l’État islamique vers la minorité sunnite présente en Iran, alors que le gouvernement iranien mène des actions armées en Irak et en Syrie, notamment contre des groupes djihadistes sunnites.

De plus, les récentes offensives contre les bastions de l'État islamique, Mossoul en Irak et Raqqa en Syrie, entraînent le retour de djihadistes dans leur pays d'origine, parmi lesquels l'Iran. Un chercheur estime ainsi qu'entre 350 et 400 Kurdes iraniens, pour la plupart issus de milieu modeste, pourraient avoir intégrés les troupes de l'État islamique en Irak et en Syrie dans les années passées.

Les attentats surviennent dans un contexte régional tendu. Le 5 juin 2017, l'Arabie saoudite, Bahreïn, les Émirats arabes unis, le Yémen, l’Égypte et les Maldives rompent leurs relations diplomatiques avec le Qatar, accusant celui-ci de soutenir le terrorisme et d'entretenir des relations trop étroites avec l'Iran.

Au fil des jours qui suivent les attentats, la chronologie des événements ainsi que les éléments relatifs à l'identité de leurs auteurs sont révélés publiquement par Reza Seifollahi, secrétaire-adjoint du Conseil suprême de sécurité nationale.

Les attentats sont deux attaques, menées quasi simultanément, qui ont lieu au matin du 7 juin 2017. La première attaque se déroule au Parlement iranien lorsque quatre assaillants (âgés entre 20 et 25 ans) pénètrent dans son enceinte tandis que la seconde est commise au mausolée de l'ayatollah Khomeini par deux autres assaillants. Elles sont l'œuvre de six iraniens qui ont rejoint l'État Islamique et qui ont combattu pour cette organisation en Irak et en Syrie.

D'après le ministère iranien des Renseignements, un troisième groupe a été neutralisé à Téhéran avant de pouvoir passer à l'action.

À 10 h 30 (heure locale), un groupe de quatre hommes s’introduit à l'intérieur du Majlis, le Parlement iranien et se retranche à l'intérieur. Selon un député du Majlis, Elias Hazrati (en), « les assaillants [...] étaient armés de deux fusils d'assaut AK-47 et d'un pistolet » et d'après le vice-ministre iranien de l'Intérieur Hossein Zolfagari, « ils étaient déguisés en femmes ». Une fusillade éclate entre les assaillants et les forces de sécurité. L'un des hommes actionne sa ceinture explosive qu'il portait au quatrième étage du bâtiment au moment où les forces spéciales donnent l'assaut. D'après la télévision d'État IRIB, ils auraient retenu plusieurs personnes en otage. Par ailleurs, les forces de sécurité désamorcent une bombe.

Durant l'attaque, les parlementaires sont restés à l'intérieur du bâtiment et ont décidé de continuer les débats. Ceux-ci étaient retransmis en direct par la chaîne de télévision d’État, dans un petit cadre en bas des écrans de télévision, en simultanée des informations concernant l'attentat.

Mausolée de l’ayatollah Khomeini

Environ 30 minutes après le début de l'attaque au Parlement iranien, deux hommes pénètrent dans l'enceinte du mausolée de l'ayatollah Khomeini, le fondateur de la république islamique d'Iran. Rapidement cernés par la police, les terroristes abattent un jardinier travaillant dans le parc du mausolée. L'un des assaillants fait ensuite exploser sa ceinture d'explosif alors que l'autre est abattu. Selon une autre source, le terroriste est arrêté avant d'avoir pu appuyer sur son détonateur.

Selon le chef des urgences cité par l'AFP, le bilan provisoire est de 13 morts et 48 blessés dans les deux attaques à Téhéran. Au mausolée, l’attaque a fait deux morts et cinq blessés, selon l’agence IRNA. Le nombre de morts est porté à 17 (quatorze hommes et trois femmes, dont une reste encore non identifiée trois jours après l'attaque) et le nombre de blessés à 52 le lendemain des attentats : quatre personnes succombent à leurs blessures dans les heures qui suivent les attaques.

11 des 17 victimes sont enterrées le vendredi 9 juin 2017 à Téhéran lors de funérailles publiques. D'autres victimes avaient été inhumées la veille dans différentes villes de province.

L'attaque est revendiquée, quelques minutes après les attentats, par l'État islamique (abrégé EI) via son organe de propagande Amaq. Depuis la genèse de cette organisation terroriste à mouvance islamiste sunnite, c'est la première fois que l'EI commet des attentats en Iran, un pays chiite.

Le guide suprême de la république islamique d'Iran, Ali Khamenei, a affirmé que les attaques de Téhéran n'auront aucun effet sur la détermination du peuple iranien, minimisant ainsi l'impact des attentats de l’État islamique sur le sol iranien.

Aussitôt après l'attentat, le corps des gardiens de la révolution islamique accuse les États-Unis et l'Arabie saoudite d'être « impliqués ». Le 13 juin 2017, le général Mohammad Ali Jafari, chef des gardiens de la révolution, affirme que l'Arabie saoudite a incité les membres de l’État islamique à mener des actions terroristes sur le territoire iranien.

Dans la nuit du 18 au 19 juin 2017, six missiles de moyenne portée de type Zoulfaqar sont tirés par le corps des gardiens de la révolution sur des cibles vers la région de Deir ez-Zor, en Syrie. Les missiles visent des centres de commandement de l'Etat islamique dans la ville de Mayadine. Ils sont tirés « en réaction aux attaques terroristes du 7 juin commis à Téhéran ». Des analystes estiment que ces tirs constituent également un message vers les gouvernements de l'Arabie saoudite et d'Israël, indiquant que les territoires de ces deux pays sont désormais à portée des missiles iraniens.

Selon l’analyse de médias américains, une attaque de ce type est rare à Téhéran. L’attaque contre le mausolée de l’ayatollah Khomeiny est jugée particulièrement symbolique.

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