Ce Jour-là

Attentat du 14 juillet 2016 à Nice

Tuerie de masse au camion-bélier dans le Sud-Est de la France

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L'attentat du 14 juillet 2016 à Nice ou parfois l'attentat de Nice est une tuerie de masse terroriste islamiste et djihadiste au camion-bélier, qui se déroule huit mois après les attentats du 13 novembre 2015 en région parisienne. Il a lieu dans la soirée de la fête nationale, sur la promenade des Anglais.

Cet attentat islamiste cause la mort de 86 personnes, fait 458 blessés et vise tant des adultes que des enfants et des nourrissons. C'est l'attentat le plus meurtrier de l'histoire de Nice, et le deuxième plus meurtrier en France sous la Ve République derrière le 13-Novembre.

Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, un Tunisien domicilié à Nice (en) connu pour des faits de violence familiale, conduit à vive allure un camion poids lourd sur la promenade sur près de deux kilomètres, en fonçant intentionnellement dans la foule, à l'issue du feu d'artifice donné à l'occasion de la fête nationale. L'attentat prend fin lorsque le terroriste est abattu par des agents de la Police nationale, alors qu'il est encore au volant du camion.

L'attentat, dont le mode opératoire correspond aux consignes de l'État islamique (dit « Daech »), est revendiqué le 16 juillet par cette organisation terroriste, dans une déclaration qui « paraît une revendication de pure opportunité » selon les conclusions de l'enquête. En juin 2024, deux complices sont condamnés en appel à dix-huit ans de prison pour association de malfaiteurs terroriste.

Le 14 juillet 2016, à Nice, lors des festivités de la fête nationale française, un feu d'artifice se déroule de 22 heures à 22 h 20 et réunit près de 30 000 personnes. Vers 22 h 30, peu après la fin du feu d'artifice, Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, au volant d'un poids lourd blanc de dix-neuf tonnes (un camion de livraison Renault Midlum) provenant du quartier Magnan débouche sur la partie laissée libre de circulation de la promenade des Anglais, au niveau de l'hôpital Lenval.

Lahouaiej-Bouhlel, filmé par des caméras de surveillance, est venu chercher son camion à vélo, avant de ranger celui-ci à l'arrière du véhicule. Il s'engage sur la promenade des Anglais, feux de circulation éteints, à 22 h 32. Sur 400 m, il prend de la vitesse, atteignant près de 90 km/h, afin de forcer, en montant sur le trottoir au niveau de l'intersection du boulevard Gambetta, le barrage policier (constitué d'une voiture de police, de barrières mobiles et de séparateurs de voies) qui délimite la partie de la promenade traditionnellement dévolue aux piétons le jour de la fête nationale.

Une fois franchi ce barrage, le camion est filmé effectuant plusieurs embardées en percutant la foule massée sur le trottoir sud (côté mer) et les trois voies de la chaussée sud de la promenade. Il essaie de rester le plus possible sur le trottoir afin d'y causer le maximum de victimes avant d'être confronté à des obstacles — dont un auvent de bus et une pergola — puis de revenir sur la chaussée. La course du véhicule est ralentie devant l'hôtel Negresco : Franck Terrier, un homme roulant en scooter aux côtés du camion, lâche alors son deux-roues pour le ralentir, puis s'accroche sur le marche-pied du camion pour tenter, en vain, d’entrer dans la cabine du chauffeur. Ils se battent dans la cabine du camion sur plusieurs centaines de mètres avant que Franck Terrier reçoive un coup de crosse sur la tête et tombe.

Le conducteur du camion tire à plusieurs reprises avec un pistolet de calibre 7,65 mm sur des agents de la Police nationale qui ripostent avec des Sig-Sauer 9 mm, le pourchassent et tentent de le neutraliser. Le camion fait encore 300 m pour s'arrêter à 22 h 50 face au palais de la Méditerranée (les pneus crevés et le pare-brise criblé de balles) où deux policiers de la Brigade spécialisée de terrain abattent le conducteur, mais ils craignent l'explosion soudaine d'une bombe éventuelle. La tuerie se déroule sur une distance de 1,7 km, entre les numéros 11 et 147, provoquant la mort de 86 personnes et suscitant un important mouvement de panique.

Certaines personnes se blessent en sautant sur la plage de galets plusieurs mètres en contrebas.

Le dispositif ORSEC et le plan Orsan sont rapidement déclenchés, le plan Vigipirate est rehaussé en « alerte-attentats » dans les Alpes-Maritimes.

Le High Club, une discothèque sur la promenade des Anglais, et l'hôtel Negresco sont transformés en hôpitaux de campagne pour assurer le triage médical, et le palais de la Méditerranée fait office de PC de sécurité. Une cellule d'aide psychologique est mise en place au centre universitaire méditerranéen.

Sur place, quelques individus détroussent des victimes pour voler leurs effets personnels (téléphones portables, poupée de petite fille).

Durant les trois jours qui précèdent l'attentat, Lahouaiej-Bouhlel effectue onze repérages sur la promenade des Anglais avec le camion, y compris en circulant sur le trottoir, le tout en étant filmé par la vidéosurveillance de la ville.

Le camion loué par Lahouaiej-Bouhlel a pu circuler et rester garé près de la promenade des Anglais, alors que la circulation était en principe interdite un jour férié dans le centre-ville. Frédéric Gallois, ancien patron du GIGN, estime que les forces de l'ordre ont été confrontées à un « mode opératoire extrêmement difficile à contrer qui correspond aux consignes de l'État islamique ».

Ce mode opératoire utilisant un véhicule-bélier a déjà été utilisé par le passé, en France et dans plusieurs autres pays, dans des circonstances et pour des mobiles divers.

Le mode opératoire employé présente aussi des similitudes avec ce message de propagande, diffusé en 2010 par une branche d'Al-Qaïda : « Utilisez un camion comme une tondeuse à gazon. Allez dans les endroits les plus densément peuplés et prenez le maximum de vitesse pour faire le plus de dégâts. Si vous avez accès à une arme à feu, utilisez-la pour finir le travail. » Ces similitudes suscitent des interrogations, quant à l'inspiration que le tueur aurait pu trouver dans ces recommandations.

Une telle utilisation d'un véhicule par des djihadistes a eu lieu en mai 2013 près de Londres lors du meurtre de Lee Rigby et en octobre 2014 au Québec lors de l'attentat de Saint-Jean-sur-Richelieu.

L'application système d'alerte et d'information des populations (SAIP) du gouvernement français signale cet attentat à 1 h 34 le 15 juillet, tandis que les réseaux sociaux, dont la fonctionnalité contrôle d'absence de danger Facebook, sont plus réactifs.

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