L'attentat de la Manchester Arena est un attentat-suicide terroriste islamiste qui s'est déroulé à la Manchester Arena (Manchester, Royaume-Uni), le 22 mai 2017 vers 22 h 33 (heure locale), à la sortie d'un concert de la chanteuse américaine Ariana Grande, lors de son Dangerous Woman Tour. Perpétré par un Mancunien d'origine libyenne qui se fait exploser au milieu de la foule quittant le concert, il s'agit de l'attaque la plus meurtrière commise au Royaume-Uni depuis les attentats de Londres du 7 juillet 2005.
L'explosion fait vingt-trois morts (dont le terroriste), 237 blessés dont vingt-huit grièvement, et a traumatisé 670 personnes. De nombreuses victimes sont des enfants, des adolescents et leurs parents. L'attentat a eu lieu dans un espace public, en dehors du bâtiment. Il est plus tard revendiqué par l'organisation État islamique, via son organe de propagande Amaq.
L’attentat de Manchester survient deux mois jour pour jour après l'attaque de Westminster, revendiquée par l'État islamique, qui a fait cinq morts et une quarantaine de blessés.
L'attentat a lieu pendant la campagne pour les élections législatives prévues pour le 8 juin 2017, seize jours plus tard et quatre ans jour pour jour après le meurtre de Lee Rigby.
Le 22 mai 2017 à 22 h 15 une personne devant le hall d'entrée signale Salman Abedi, habillé de noir et portant un gros sac à dos, aux services de sécurité de l'Arena. Un garde le repère mais dira qu'il n'est pas intervenu, craignant de se tromper et d'être traité de raciste. Le garde de sécurité tente d'utiliser sa radio pour alerter la salle de contrôle mais n'y parvient pas.
Environ quinze minutes plus tard, à 22 h 31 le kamikaze déclenche sa bombe improvisée, bourrée d'écrous et de boulons pour provoquer un effet shrapnel, devant le hall d'entrée de la Manchester Arena. Cette attaque survient à la sortie du concert d'Ariana Grande, étape de sa tournée Dangerous Woman Tour. Quatorze-mille-deux-cents personnes assistaient au concert. Beaucoup de ceux qui en sortaient et les parents qui les attendaient étaient à l'extérieur du hall d'entrée au moment de l'explosion. Il sera démontré à l'aide de preuves que la bombe était assez puissante pour tuer jusqu'à 20 mètres de distance.
La police du Grand Manchester déclare qu'il s'agit d'une attaque terroriste et d'un attentat-suicide. Il s'agit de l'attaque la plus meurtrière depuis celle du 7 juillet 2005 à Londres.
L'auteur de l'attentat-suicide, Salman Ramadan Abedi, né le 31 décembre 1994, retrouvé mort, est un Mancunien d'origine libyenne. Il est le deuxième des quatre enfants d'un couple de réfugiés libyens en Angleterre. Ayant fui le régime de Mouammar Kadhafi, ils se sont d'abord installés à Londres, puis dans le quartier de Whalley Range à Manchester, et enfin dans le quartier résidentiel de Fallowfield, au sud de Manchester. Selon The Times, Abedi faisait partie d'un groupe d'étudiants qui accusèrent d'islamophobie un de leurs professeurs pour avoir critiqué les attentats-suicide. Les voisins décrivent la famille Abedi, comme très traditionnelle et très pieuse. Son frère aîné Ismaël et, avant 2011, son père, fréquentaient assidument la mosquée de Didsbury, connue pour son orientation salafiste. Il combat pendant la guerre civile libyenne de 2011 au sein du Groupe islamique combattant en Libye, une milice anti-Kadhafi soutenue par le Qatar et le Royaume-Uni.
Dans les jours qui suivent la police annonce l'arrestation de treize personnes soupçonnées d'être « en lien » avec l'attaque (dont Ismaël, le frère aîné de Salman, arrêté à Chorlton-cum-Hardy, et Hachem, un autre frère, et son père, Ramadan Abedi, arrêtés à Tripoli), onze étant toujours placées en garde à vue le 27 mai. Le chef de la police de Manchester, Ian Hopkins (en), déclare que l’enquête porte sur un réseau autour du terroriste.
La Secrétaire d'État à l'Intérieur du Royaume-Uni, Amber Rudd, s'est dite ennuyée par la divulgation aux médias d'informations confidentielles provenant des États-Unis dans les heures qui ont suivi l'attaque. La police britannique souhaitait contrôler les flux d'informations pour garder l'effet de surprise afin de mener à bien leur enquête. Amber Rudd a rappelé au Gouvernement fédéral des États-Unis et à la Communauté du renseignement des États-Unis « que cela ne devait plus arriver ». Cette irritation aurait, selon The Guardian, « tourné au désespoir » avec le ministre de l'Intérieur français, Gérard Collomb, révélant encore davantage de détails du renseignement britannique à la télévision.
Si l'Irak et la Syrie sont les principaux foyers de l'État islamique, le journaliste de France 24 spécialiste des mouvements djihadistes, Wassim Nasr, considère que le Yémen, l'Indonésie, les Philippines, la Libye (de 3 300 à 5 500 combattants partis pour l'étranger) et la Tunisie ne peuvent être négligés. En Libye, la ville de Syrte n'a été reprise aux djihadistes qu'après sept mois de combat.
Le MI5 annonce également avoir lancé deux enquêtes internes destinées à déterminer comment il a pu manquer de noter et de prendre en compte le danger représenté par l'auteur de l'attentat, alors que les autorités avaient été averties plusieurs fois d'actions terroristes imminentes.
Selon des sources policières allemande, Abedi a transité par l'aéroport de Düsseldorf alors qu'il rentrait d'Istanbul quatre jours avant l'attentat. Le ministre de l'intérieur français, Gérard Collomb, a déclaré dans une interview à BFM TV qu'Abedi était peut-être allé en Syrie et avait des liens "prouvés" avec l'État islamique.
Liens avec l'organisation des Frères musulmans
Selon un enregistrement secret découvert par la BBC, Mostafa Graf, l'imam de la mosquée de Didsbury, où se rendait Salman Abedi et sa famille, avait lancé un appel au djihad armé dix jours avant que le terroriste n'achète son billet pour le concert.
À la suite de ces révélations, la police de Manchester a ouvert une enquête sur la mosquée et son imam, par ailleurs ancien combattant d'une milice islamiste en Libye.
Mostafa Graf est membre de l’Union internationale des savants musulmans, organisation fondée par les Frères musulmans et Youssef al-Qaradâwî. Al-Qaradawi est connu pour avoir affirmé « les attentats suicides sont un devoir ».
D'après Haras Rafiq, responsable du think-tank Quilliam, interviewé en 2017 par le Guardian, la mosquée de Didbury est dirigée par les Frères musulmans.