Ce Jour-là

Attentat de l'Observatoire

Faux attentat visant François Mitterrand en 1959

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L’attentat de l'Observatoire est un attentat qui a visé François Mitterrand dans la nuit du 15 au 16 octobre 1959 à Paris, avenue de l'Observatoire. L'expression fait également référence à l'affaire politique et judiciaire à laquelle cet attentat a mené.

Le sénateur de la Nièvre François Mitterrand est averti par un autre homme politique, Robert Pesquet, d'un projet d'attentat à son encontre dans les jours qui précèdent le 15 octobre 1959. Vers minuit trente le 16 octobre, la Peugeot 403 de François Mitterrand est criblée de sept balles de pistolet mitrailleur, tandis que le parlementaire échappe aux balles en prenant la fuite à travers le jardin de l'Observatoire. Quelques jours plus tard, Pesquet déclare publiquement dans le journal Rivarol que François Mitterrand a monté de toutes pièces l'attentat afin de gagner la faveur de l'opinion publique. La responsabilité de François Mitterrand dans l'affaire est encore aujourd'hui incertaine[Information douteuse].

Charles de Gaulle revient au pouvoir en mai 1958 dans un contexte d'instabilité causée par la guerre d'Algérie. Le climat est particulièrement tendu à la fin de l'année 1959. Après que le 16 septembre, de Gaulle annonce un référendum sur l'autodétermination pour les Algériens, des rumeurs selon lesquelles un complot serait en préparation contre de Gaulle et son régime enflent. On annonce des manifestations et des attentats en métropole, orchestrés par les Européens d'Algérie. Selon ces rumeurs, l'armée serait appelée pour rétablir l'ordre et prendrait le pouvoir, renvoyant le général de Gaulle à Colombey. Un débat parlementaire sur le sujet qui débute le 13 octobre laisse voir la grande tension au sein de la majorité présidentielle.

Le 15 octobre, le député UNR Lucien Neuwirth fait une déclaration alarmiste selon laquelle « des commandos de tueurs ont franchi la frontière espagnole. Les personnalités à abattre sont désignées ».

Des menaces et un avertissement

François Mitterrand et son épouse, Danielle Mitterrand, déclarent avoir été harcelés par des coups de téléphone intempestifs et menaçants en octobre 1959. Le 7 octobre, Mitterrand et Roland Dumas sont abordés près du palais de Justice par Robert Pesquet, ancien député. Selon François Mitterrand, une fois Dumas parti, Pesquet lui confie qu'il fait partie des personnalités que l'extrême droite cherche à abattre. Mitterrand ne le prend pas au sérieux au premier abord, mais Pesquet l'appelle plusieurs fois et ils se revoient le 14 octobre au Marignan, un café des Champs-Élysées.

Devant la menace, Mitterrand dort chez son ami Georges Dayan. Le lendemain, le 15 octobre, il croise à nouveau Robert Pesquet au Sénat, qui lui annonce que l'attentat va bientôt arriver, et qu'il aura lieu rue Guynemer, près de son domicile. Comme la rue ne permet pas de s'échapper en cas d'attentat, Pesquet lui recommande de contourner le jardin du Luxembourg et de se réfugier dans le jardin de l'Observatoire en cas d'attaque. À la demande de Pesquet, Mitterrand promet de ne rien dire à la police. Selon Bernard Debré, son oncle, Pierre Lemaresquier, et la femme de celui-ci avaient vu un homme qu'ils avaient identifié comme François Mitterrand, un jour précédant l'attentat, s'exercer à sauter par-dessus les buissons du jardin de l'avenue de l'Observatoire.

François Mitterrand dîne le soir du 15 octobre avec Georges Dayan, puis se rend à la brasserie Lipp. Il était convenu avec Robert Pesquet qu'ils s'y retrouveraient s'il y avait du nouveau. Pesquet n'arrivant pas, Mitterrand attend jusqu'à minuit et demi. Il décide alors de rentrer chez lui avec sa voiture, une Peugeot 403.

Selon la version qu'il donne à Franz-Olivier Giesbert, il remarque une petite automobile grise, feux éteints, qui se met à le suivre. Au début de la rue de Seine, la voiture se met à le coller ; il modifie alors son itinéraire et, au lieu de tourner à droite pour rentrer chez lui, il tourne à gauche dans la rue de Médicis. Pris en chasse par ses poursuivants, il accélère boulevard Saint-Michel, tourne rue Auguste-Comte, ouvre sa portière, saute par-dessus la grille des jardins de l'Observatoire haute d'un mètre, et court dans les jardins où il se jette à terre. À l'exception de deux statues néogrecques sur des socles de pierre au centre du parc, le jardin n'offrait aucun abri ; il se cache derrière une haie de troènes.

Alors que François Mitterrand est caché derrière la haie, de la fenêtre arrière gauche de la voiture grise sort un pistolet-mitrailleur qui tire une rafale. Sept balles de 9 mm criblent la portière avant droite de la Peugeot. François Mitterrand traverse le jardin en courant pour se dissimuler sous une porte cochère au 5 de l'avenue de l'Observatoire. Il sort du square par l'avenue de l'Observatoire.

Un habitant du quartier, réveillé par le bruit des coups de feu, appelle la police qui se rend sur place. François Mitterrand déclare à la police qu'il a subi une tentative d'assassinat. Il est interrogé par le commissaire divisionnaire Clot. Il ne lui dit rien au sujet de Robert Pesquet, dont il avait promis de taire le nom.

Choc politique du 16 au 21 octobre

L'affaire est largement médiatisée le lendemain. Les journaux relatent l'histoire en détail. Alors qu'il était en perte de vitesse et marginalisé même au sein de son parti, François Mitterrand redevient le chef de la lutte contre l’extrême droite. La rapidité de sa réaction est louée et les partisans de l'Algérie française sont soupçonnés d'être derrière le coup. L'indignation gagne le monde politique, et Pierre Mendès France lui écrit : « Sachez bien que, dans ces circonstances où tant de haine de nouveau se déchaîne contre vous, tous vos amis vous entourent affectueusement et éprouvent le désir de vous aider s'ils le peuvent ».

Mitterrand rencontre à nouveau Robert Pesquet le 19 octobre, et le remercie de lui avoir donné l'information qui lui a sauvé la vie.

Déclaration de Pesquet les 21 octobre et 22 octobre

Le 21 octobre, Robert Pesquet donne un entretien au journal d'extrême droite Rivarol, qui va complètement à l'encontre du récit entendu jusqu'alors. Pesquet déclare être l'auteur de ce qui serait un faux attentat, manigancé par François Mitterrand lui-même dans le but de regagner les faveurs de l'opinion publique au détriment de Pierre Mendès France et dans le but de provoquer des perquisitions dans les milieux d'extrême droite. Il mentionne des détails qui ne semblent que pouvoir avoir été décidés à l’avance, notamment la façon dont la victime réagirait.

Le 22 octobre, Robert Pesquet organise une conférence de presse. Il soutient que François Mitterrand a organisé avec lui un faux attentat dans le but de se positionner comme le chef de file de la lutte contre l'extrême droite, et de regagner en popularité face à Pierre Mendès-France. Pesquet montre deux pièces qui doivent prouver la véracité de ses dires : deux lettres que Pesquet s'était adressé à lui-même, en recommandé, ouvertes par un huissier de justice, où il décrivait avant l'évènement comment le pseudo-attentat allait se dérouler. Aux dires de Pesquet, Mitterrand aurait été enthousiasmé à l'idée de se faire de la publicité par ce moyen, et aurait planifié l'opération en détail.

Retournement de l'opinion publique après le 22 octobre

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