L'Assomption de la Vierge Marie est une solennité liturgique de l'Église catholique fêtée le 15 août. Elle commémore le terme de la vie terrestre de la Vierge Marie, Mère de Dieu. Selon la théologie catholique, c'est avec son corps et son âme que Marie a été « assumée » ou « élevée au ciel », c'est-à-dire qu'elle est entrée directement dans la gloire de Dieu. Le fondement théologique de l'Assomption découle d'une tradition très ancienne des Églises d'Orient et d'Occident, où elle est célébrée liturgiquement depuis le VIIIe siècle.
Dans l'Église catholique, l'Assomption a été définie comme dogme (c’est-à-dire « vérité de foi ») par la constitution apostolique Munificentissimus Deus de Pie XII lors de la Toussaint du 1er novembre 1950. Il s'agit de la seule déclaration faisant usage de l'infaillibilité pontificale depuis la proclamation de cette infaillibilité par le concile Vatican I.
La date du 15 août serait celle de la consécration à Jérusalem de la première église dédiée à Marie. Dans l'Église catholique, l'Assomption est célébrée liturgiquement le 15 août et s'accompagne fréquemment de processions. Pour les confessions luthérienne et anglicane, le 15 août est resté la principale fête mariale, mais sans référence à l'Assomption. L'Église orthodoxe, quant à elle, célèbre la Dormition de Marie, qui est différente de l'Assomption et n'a pas valeur de dogme. La Dormition est fêtée le 15 août dans les pays ayant adopté le calendrier grégorien, ou le 28 août dans les Églises orthodoxes continuant à appliquer le calendrier julien.
Le mot « assomption » dérive du mot latin assūmptiō, signifiant « prendre avec soi ».
Avant d'être un dogme de l’Église catholique, l'Assomption de Marie était une croyance reposant sur la tradition patristique et non sur des bases scripturaires reconnues aux premiers temps de l'Église. Aucun texte du Nouveau Testament n'évoque la fin de Marie, et ce sont des textes patristiques, mais aussi apocryphes et des légendes qui ont suppléé ce silence.
Au IVe siècle, le théologien Éphrem le Syriaque émet l'idée que le corps de Marie serait resté intact après sa mort, c'est-à-dire non atteint par la corruption de la mort. L'évêque Épiphane de Salamine envisage plusieurs hypothèses de ce qu'il est advenu de Marie à la fin de sa vie. Il conclut sans se prononcer, avançant que d'autres en savent peut-être davantage. Comme une tradition écrite existe dès le Ve siècle, elle remonte vraisemblablement au IVe siècle.
En Occident, Grégoire de Tours est le premier à en faire mention, à la fin du VIe siècle. Il s'appuie apparemment sur un corpus de textes apocryphes appelé le Transitus Mariæ, généralement rattaché au Ve siècle. Cet ensemble de textes est désigné par Gélase Ier en 495-496 comme étant « à ne pas retenir » car apocryphe, jugement qui porte sur cette compilation et non sur la croyance en elle-même. Selon cette tradition, Marie rencontre sur le mont des Oliviers un ange qui lui remet une palme de l'arbre de vie et lui annonce sa mort prochaine. Marie rentre chez elle et fait part de la nouvelle à son entourage. Miraculeusement, les apôtres reviennent des différents endroits où ils sont partis prêcher, afin de l'entourer. Jésus apparaît entouré d'anges pour recevoir l'âme de sa mère, qu'il confie à l'archange Michel. Les apôtres enterrent le corps au pied du mont des Oliviers. Quelques jours plus tard, Jésus apparaît de nouveau et emporte le corps au paradis, où l'âme et le corps de Marie sont réunis.
En Orient, Jean Damascène rapporte la tradition de l'Église de Jérusalem à ce sujet : selon lui, Juvénal, évêque de Jérusalem, se voit demander lors du concile de Chalcédoine le corps de Marie par le couple impérial, Marcien et Pulchérie. Juvénal répond que Marie est morte entourée de tous les apôtres, sauf Thomas, qui était en retard. À son arrivée, quelques jours plus tard, Thomas demande à voir la tombe, celle-ci se révèle vide ; les apôtres en déduisent alors qu'elle a été emportée au ciel.
Une autre tradition rapporte que l'Assomption a eu lieu à Éphèse, dans la maison connue aujourd'hui comme la « maison de la Vierge Marie », accompagnée de l'apôtre Jean, à qui le Christ, sur la croix, avait confié Marie. La première allusion ne date que de la fin du IXe siècle, dans un manuscrit syriaque. Les seules autres sources pré-modernes sont trois auteurs syriaques des XIIe et XIIIe siècles.
Ces traditions sont commentées en ces termes par Benoît XVI :
« Une double tradition — à Jérusalem et à Ephèse — atteste sa dormition, comme disent les orientaux, autrement dit qu'elle s'est endormie en Dieu. Ce fut l'événement qui précéda son passage de la terre au Ciel, selon la foi fixée au VIIIe siècle lorsque Jean Damascène, grand docteur de l'Église trinitaire, établit un rapport direct entre la dormition de Marie et la mort de Jésus, affirmant explicitement son assomption corporelle. Il écrit dans une célèbre homélie : « Il fallait que celle qui avait porté le Créateur dans son sein quand il était enfant habitât avec Lui dans les tabernacles du ciel » (Homélie II sur la dormition, 14, PG 96, 741 B). »
La fête de l'Assomption a son origine à Jérusalem : on la trouve dans la dédicace d’une église située entre Jérusalem et Bethléem, vers le milieu du Ve siècle. Elle a été introduite à cette époque par l'évêque Cyrille d'Alexandrie. Lors de la christianisation de l'Europe, elle remplaça peu à peu une importante fête romaine, les Feriæ Augusti qui célébraient au milieu du mois d'août les victoires d'Auguste. Les Feriæ Augusti étaient des jours fériés dans tout l'Empire romain.
Au VIe siècle, entre 588 et 602, l'empereur Maurice l’étend à tout l’empire byzantin en instaurant la fête de la Dormition de la Vierge Marie chaque année à la date du 15 août, semble-t-il pour commémorer l'inauguration d’une église dédiée à la Vierge montée au ciel.
La fête est introduite officiellement en Occident sous l'influence du pape Théodore Ier au VIIe siècle et prend le nom d'Assomption à partir du siècle suivant. Elle est citée sous ce nom en 813 par le Concile de Mayence parmi les fêtes d'obligation.
En 1638, après presque vingt-trois ans de mariage stérile ponctués de plusieurs fausses couches, le roi Louis XIII désirant un héritier consacre de manière solennelle la France à la Vierge Marie sous le titre de son Assomption par un acte auprès du Parlement de Paris préparé l'année précédente où il demande à ses sujets de faire tous les 15 août, jour où était déjà célébrée la fête de l'Assomption, une procession solennelle dans chaque paroisse. Louis XIV naît l'année suivante, et la fête célébrée par le vœu de Louis XIII prend une importance particulière en France.
En 1854, la proclamation du dogme de l’Immaculée Conception entraîne de nombreuses pétitions à Rome pour que soit officiellement défini le dogme de l’Assomption. « De 1854 à 1945, huit millions de fidèles écriront en ce sens. Il faut y ajouter les pétitions de 1 332 évêques, de 83 000 prêtres, religieuses et religieux. Face à ces demandes répétées, Pie XII demande aux évêques du monde de se prononcer. 90 % des évêques y sont favorables. 10 % des évêques s’interrogent sur l’opportunité d’une telle déclaration ».
Le 1er novembre 1950, la constitution Munificentissimus Deus de Pie XII officialise en quelque sorte la fête mariale qui existe depuis quatorze siècles en proclamant que l'Assomption doit être désormais considérée comme un dogme de foi divinement révélé par Dieu. Marie, ayant été préservée du péché originel et n'ayant commis aucun péché personnel, a été élevée à la gloire du ciel, après la fin de sa vie terrestre, en corps et en âme : selon ce dogme, son enveloppe charnelle n'a pas à attendre la résurrection des corps à la fin des temps.
Doctrine et proclamation du dogme