L'Association médicale américaine (American Medical Association ou AMA) est une association américaine fondée le 5 mai 1847 et incorporée en 1897. Elle est la plus importante association de médecins et d'étudiants en médecine des États-Unis. La mission de l'AMA est de promouvoir l'art et la science de la médecine afin d'améliorer la santé publique, de développer l'intérêt pour le corps médical et leurs patients, d'effectuer du lobbying auprès des institutions législatives en vue d'adoption de textes favorables aux médecins et aux patients, et de travailler à l'augmentation du budget pour l'éducation médicale.
L'association publie le Journal of the American Medical Association (JAMA) qui bénéficie de la plus large diffusion parmi l'ensemble des journaux médicaux hebdomadaire du monde. L'AMA publie aussi une liste des Codes des spécialités médicales qui sont une méthode standardisée aux États-Unis pour identifier les différentes spécialités du monde médical. Le 12 juin 2019, Patrice Harris est désignée pour succéder à Barbara McAneny, devenant ainsi la 174e présidente de l'association et la première femme afro-américaine à être élue présidente.
En 1871 l'Association médicale américaine refuse des déléguées de femmes médecins issues de faculté de médecine pour femmes, cela par un vote de 80 contre 25 et interdit à ses membres de faire des consultations avec des femmes médecins.
La Fondation AMA subventionne, à hauteur d'un million de dollars par an en G.I. Bill, les étudiants endettés (dû au fait que les étudiants américains s'endettent en moyenne, pour suivre des études médicales, de 100 000 dollars chacun).
Mise en place de fonds pour les projets de prévention sanitaire.
Supports à la recherche de financement pour les étudiants et citoyens à travers les États-Unis.
Subvention de projets encourageants des comportements médicalement responsables (nutrition, exercices physiques, durée et condition de sommeil, etc.)
Le programme Worldscopes qui a pour objectif de fournir 100 000 stéthoscopes au Tiers-monde à la suite des dons des médecins et des étudiants en médecine.
Positions politiques, sociétales et médicales
Après la Première Guerre mondiale, une importante campagne soutenue par l'Association médicale américaine réclame l'interdiction des centres de traitement médical des drogués. Entre 1914 et 1938, 25 000 médecins sont inculpés pour avoir traité des drogués et 3 000 d'entre eux sont incarcérés.
L'AMA a combattu dans les années 1930 les initiatives du docteur Michael Shadid visant à rendre les soins plus accessibles aux plus pauvres à travers l'ouverture d’hôpitaux coopératifs. Après avoir essayé de lui confisquer sa licence, l'AMA exclut Michael Shadid de sa section locale de l’Oklahoma, ce qui a pour conséquence de lui faire perdre son assurance responsabilité civile, et menaces de sanctions identiques les praticiens qu'il cherchait à recruter. L'historien Thomas Frank écrit que « cette guerre fit rage pendant de nombreuses années, qui virent l'AMA combattre et enterrer l'une après l'autre les propositions visant à démocratiser l'accès aux soins. » Ses adhérents organisèrent le boycott d'entreprises plus ou moins liées à des organisations caritatives, et réussirent à convaincre l’ensemble des hôpitaux du district de Columbia de refuser tout privilège d'admission (c'est-à-dire de faire admettre un patient dans un hôpital) aux médecins membres d'une coopérative de santé.
Au mois de juillet 2008, l'AMA a focalisé ses efforts pour bloquer les budgets de Medicare. À travers des campagnes de communication, ainsi que d'un certain nombre d'interventions dans les débats, l'AMA, l'ensemble des sociétés spécialisées et les sociétés médicales gouvernementales obtinrent une première victoire. Malgré un veto présidentiel (H.R. 6331), le Medicare Improvements for Patients and Providers Act of 2008 a été voté à une large majorité soutenue par les deux principaux partis américains (Parti démocrate et Parti républicain), à la fois à la Chambre et au Sénat.
Depuis le début du XXe siècle, l'AMA s'est opposée au financement public des systèmes de santé à cause de l'inquiétude du personnel médical concernant le poids de ce financement et par la crainte d'un mainmise de l'État sur la coordination des financements médicaux qui pourrait nuire à la relation entre le médecin et son patient. Quand les progressistes ont proposé, durant la seconde moitié du XIXe siècle, une assurance médicale obligatoire, l'AMA a commencé par adopter une position ouverte et modérée, mais en 1918, elle a changé de point et s'est dès lors résolument opposée à la création de quelque assurance de ce type. Le livre de Ronald Numbers paru en 1978, Almost Persuaded: American Physicians ad Compulsory Health Insurance, 1912-1920, analyse les choix de l'AMA pendant cette première période.
Dans les années 1930, l'AMA a tenté d'empêcher ses membres de travailler pour la Health Maintenance Organization, apparue durant la Grande Dépression et qui visait à fournir des soins à bas prix. La Cour suprême des États-Unis, dans le procès American Medical Ass'n. v. United States, a condamné l'AMA pour violation de la loi Sherman antitrust.
L'AMA a mené une violente campagne contre Medicare dans les années 1950 et 1960, notamment lors de l'opération « Coffee Cup », soutenue par le président Ronald Reagan. Depuis la promulgation de la loi créant Medicare, l'AMA a statué qu'elle continuerait à s'opposer aux votes des budgets de Medicare, « à l'augmentation des coûts médicaux aux dépens de l'amélioration de la qualité et de l'accessibilité des soins » et « sans relâche aux financements par le secteur privé des prescriptions de médicaments aux patients de Medicare ». L'AMA a fait aussi campagne pour l'augmentation des revenus des médecins affiliés à Medicare, arguant que ces augmentations protègeront l'accès des personnes âgées aux soins médicaux. Dans les années 1990, l'association est entrée dans la coalition qui a mis en échec la réforme du système de santé publique proposée par le président Bill Clinton.
L'AMA définit comme la première des priorités le soutien au changement de la loi sur les mauvaises pratiques médicales (Medical Malpractice Act) qui rend difficile, selon elle, l'accès aux soins médicaux. Dans beaucoup d’États américains, le personnel médical des spécialités à risque s'est déplacé vers des États jugés plus sûrs dans le cadre de leur activité. Par exemple, en 2004, pas un seul neurochirurgien n'exerçait dans la moitié sud de l'État de l'Illinois.
Les lois d'un certain nombre d'États limitent par exemple la dose administrable pour atténuer la douleur. Ces lois n'autorisent actuellement que les traitements contre la douleur dont les coûts sont ceux pris en charge par Medicare, sans considération pour les nouveaux produits, souvent plus chers. Ces États pensent que la limitation du coût des traitements contre la douleur pèse sur celui des mutuelles médicales. Le Texas, qui a récemment adopté certaines de ces réformes, rapporte que l'ensemble des assureurs mutualistes en 2005 ont pu offrir des mutuelles dont les prix n'avaient pas augmenté ou avaient même été réduits. Cependant, durant la même période, d'autres États n'ayant pas instauré ce genre de limitations enregistrent des résultats similaires ; L'AMA suggère que ce serait dû au comportement cyclique naturel du marché des mutuelles. Des études économiques ont mis en évidence que, historiquement, ces limitations ont de premiers effets douteux. Néanmoins, l'AMA croit que les limitations peuvent alléger ce qui est souvent perçu comme un environnement excessivement litigieux par beaucoup de médecins.
Une autre grande priorité de l'AMA est de faire du lobbying pour modifier les taxes fédérales afin de faire payer par les individus un système mutualiste qui, actuellement repose sur la taxe professionnelle. De tels changements pourraient permettre à des millions d'américains actuellement sans mutuelle d'accéder à une assurance grâce à un crédit d'impôt inversement proportionnel aux revenus.