Arvydas Sabonis () (né le 19 décembre 1964 à Kaunas, RSS de Lituanie) est un joueur de basket-ball lituanien évoluant au poste de pivot. Il est considéré comme l'un des meilleurs basketteurs européens de l'histoire. Il est ainsi désigné parmi les cinquante meilleurs contributeurs de l'Euroligue, sa carrière étant aussi honorée par des élections au sein FIBA Hall of Fame en 2010, puis du Basketball Hall of Fame en 2011.
Avec l'équipe d'URSS, il remporte un titre olympique, un titre de champion du monde et un titre de champion d'Europe et trois autres médailles dans des compétitions internationales. Jouant ensuite avec la Lituanie, il remporte deux médailles de bronze aux jeux olympiques et une médaille d'argent en championnat d'Europe.
Il remporte également de nombreux trophées en club, le plus important étant la victoire en Euroligue avec le Real Madrid en 1995.
Né à Kaunas, Sabonis évolue avec le club local du Žalgiris Kaunas. Celui-ci, qui représente pour les Lituaniens l'un des plus grands symboles de résistance face au monde soviétique, parvient à le faire rejoindre l'institut d'agriculture de Kaunas afin d'échapper à la possibilité que possède le CSKA Moscou, club de l'Armée rouge, de recruter les jeunes joueurs du pays.
En 1982, il participe au championnat du monde disputé en Colombie. Il évolue au sein de l'équipe soviétique avec un autre joueur de 2,20 mètres, Vladimir Tkachenko, les deux joueurs rivalisant en championnat d'URSS au sein des deux clubs rivaux, le Žalgiris Kaunas pour Sabonis et le CSKA Moscou pour Tkachenko. Sur les neuf rencontres disputées par l'équipe soviétique il joue cinq matchs, inscrivant 28 points lors de la rencontre contre le pays hôte. Il joue peu dans la rencontre du tour final opposant son équipe aux États-Unis, inscrivant 4 points, mais ne dispute pas la finale remportée par l'URSS sur le score de 95 à 94, toujours face à ces mêmes Américains.
Aleksandr Gomelski, l'entraîneur de l'équipe d'URSS, conduit son équipe dans une tournée aux États-Unis. L'URSS rencontre des équipes qui figurent parmi les meilleures du pays. Sabonis se fait remarquer par de nombreux entraîneurs américains, Bob Knight le considérant comme « le meilleur joueur non-américain que j'ai jamais vu » et Dale Brown, entraîneur des Tigers de LSU, essayant de le recruter. En juin 1983, l'URSS dispute le championnat d'Europe. Invaincue lors du premier tour, elle s'incline en demi-finale d'un point face à l'Espagne puis termine à la troisième place. Sabonis, meilleur marqueur de son équipe avec 17,7 points, marque 24 puis 28 points lors des deux dernières rencontres. Il dispute une deuxième compétition internationale durant l'été avec le championnat du monde juniors, compétition où l'URSS, malgré 29 points de Sabonis, s'incline en finale face aux Américains sur le score de 82 à 78. Sur la compétition, la moyenne de points de Sabonis est de 18,5 points.
Le boycott de l'URSS lors des Jeux olympiques de 1984 à Los Angeles prive Sabonis d'une première participation aux jeux olympiques.
En 1985, Sabonis permet au Zalgiris Kaunas de mettre un terme à une série de neuf titres consécutifs du CSKA au championnat d'URSS. Cette même saison, le club soviétique dispute la finale de la coupe des Coupes face au FC Barcelone à Grenoble. Le club espagnol remporte le premier titre européen de son histoire grâce à une victoire 77 à 73. Lors de la draft de la NBA, National Basketball Association, le club des Hawks d'Atlanta prend le risque mais ce choix est finalement annulé, Sabonis ayant été choisi avant ses vingt-et-un ans, ce qui est contraire aux règles alors en rigueur. Lors de cette année 1985, Sabonis dispute avec sa sélection le championnat d'Europe. Malgré une défaite au première tour face à l'Espagne, l'URSS remporte le titre après trois victoires dans la phase finale face à la Bulgarie, l'Italie puis la Tchécoslovaquie en finale, rencontre remportée sur le score de 120 à 88. Sabonis, avec 20 points de moyenne, meilleur marqueur de son équipe et cinquième du tournoi, réalise deux performances à plus de trente points, 34 face à la Yougoslavie où Dražen Petrović inscrit 30 points, et 33 face à l'Italie en demi-finale, et inscrit 23 points en finale. Désigné meilleur joueur, ou MVP, de la compétition, il figure dans le premier cinq composé également de Dražen Petrović, Valdis Valters, Detlef Schrempf et Fernando Martín.
Grâce au titre de champion d'URSS en 1985, Zalgiris dispute la coupe des clubs champions lors de la saison 1985-1986. Kaunas se qualifie pour le tour final. Celui-ci, disputé par six équipes sous la forme d'un round robin, détermine les deux finalistes de la compétition. Cette finale oppose le Cibona Zagreb, tenant du titre et le Zalgiris. Elle voit s'affronter également les deux meilleurs joueurs européens, Sabonis et Dražen Petrović. Sabonis, qui compte alors 27 points, 12 rebonds, 3 contres et 3 passes décisives, court vers Mihovil Nakić, auteur d'une faute sur un autre joueur de Kaunas, et le pousse, le faisant tomber. Sabonis est alors expulsé de la partie. Le Cibona remporte son deuxième titre européen sur le score de 94 à 82. Kaunas remporte un nouveau succès en URSS en remportant le championnat. Kaunas remporte la Coupe intercontinentale William Jones en battant tout d'abord en demi-finale le Cibona puis en finale le club argentin de Ferro Carril Oeste.
Petrović et Sabonis sont de nouveau opposés lors du championnat du monde qui se déroule en Espagne. URSS et Yougoslavie sont opposées en demi-finale, rencontre finalement remportée après prolongation par l'URSS sur le score de 91 à 90, avec Petrović auteur de 29 points contre 25 pour Sabonis. Opposés aux Américains, les Soviétiques s'inclinent de deux points, 87 à 85, avec 16 points de Sabonis, contre 20 de David Robinson. Petrović, Robinson, et Sabonis font tous les trois partie du meilleur cinq du tournoi, cinq qui est complété par Oscar Schmidt et Valeri Tikhonenko.
En 1987, il remporte son troisième titre consécutif de champion d'URSS. En Europe, Kaunas dispute de nouveau la coupe des clubs champions, et parvient à se qualifier pour le tour final ; mais, avec un bilan de trois victoires et sept défaites, le club échoue à atteindre la finale. En fin de saison, Sabonis se rompt le tendon d'Achille du pied droit avec son club de Kaunas, puis une deuxième fois, alors que son tendon est en cours de reconstruction, dans un accident dans des escaliers. Les autorités soviétiques autorisent Sabonis à se rendre à Portland où les médecins des Trail Blazers s'occupent du traitement de sa blessure. Malgré le conseil des médecins américains qui lui conseillent de ne pas participer aux jeux olympiques, l'agence Tass annonce en août que Sabonis sera bien présent au sein de l'équipe soviétique. Pour son premier match de la compétition, où il inscrit 11 points et capte 4 rebonds, il est confronté à la Yougoslavie, cette dernière l'emportant 92 à 79. Lors de son deuxième match, face à l'Australie, il inscrit 17 points et capte 20 rebonds. Après avoir éliminé le Brésil en quart de finale, 12 points, 9 rebonds et 2 passes de Sabonis, l'URSS retrouve les États-Unis dont David Robinson est de nouveau le joueur majeur. Les deux pivots réalisent tous les deux un double-double, 19 points et 12 rebonds pour l'Américain et 13 points et 13 rebonds pour Sabonis. L'URSS l'emporte sur le score de 82 à 76. Aleksandr Gomelski remercie alors l'Amérique d'avoir soigné son meilleur joueur, et d'avoir permis à son équipe de se confronter au jeu américain, via des tournées ou lors du premier Open McDonald's. Sabonis et l'URSS retrouvent en finale la Yougoslavie. Sabonis inscrit 20 points, capte 15 rebonds et réalise 3 contres, pour 24 points, 3 rebonds, 4 passes de Petrović. L'URSS l'emporte 76 à 63.
Avec son club de Žalgiris, il dispute la coupe des coupes, compétition où le club atteint les demi-finales, battu par le club italien de Caserte où évolue Oscar Schmidt. Après un tour où l'URSS termine invaincue lors du championnat d'Europe 1989, celle-ci est opposée à la Grèce en demi-finale, équipe qui possède dans ses rangs un énorme scoreur, Níkos Gális. Celui-ci inscrit 45 points lors de cette rencontre, Sabonis terminant pour sa part avec 19 points. La rencontre est finalement remportée par les Grecs sur le score de 81 à 80. Face à l'Italie lors du match pour la troisième place, l'URSS s'impose 104 à 76 avec 13 points de Sabonis.