Un artiste est un individu faisant une œuvre, cultivant ou maîtrisant un art, un savoir-faire, une technique, et dont on remarque entre autres la créativité, l'inventivité, l'originalité de sa production, de ses actes, de ses gestes.
Ses œuvres sont source d'émotions, de réflexion, de sentiments, de spiritualité, de sublimations et/ou de transcendances. Le mot « artiste » vient du latin artista, qui lui-même dérive de ars, artis, signifiant « art » ou « habileté ». Au Moyen Âge, le terme désignait principalement les personnes pratiquant des arts libéraux, comme la grammaire, la rhétorique ou la logique. À partir de la Renaissance, son usage s'est étendu pour inclure ceux pratiquant les arts visuels, comme la peinture et la sculpture, et il est progressivement devenu synonyme de créateur ou de personne exerçant un art.
Aristote différencie science théorique (épistémè) et arts appliqués (tekhnè).
L'université de Paris est composée de quatre facultés : faculté des arts, faculté de théologie, faculté de décret et faculté de médecine. La faculté des arts offrait aux étudiants l'enseignement nécessaire à l'entrée dans les trois autres facultés; Cet enseignement était fondé sur les sept arts libéraux comprenant le trivium et le quadrivium. Cette codification s'était progressivement imposée à partir de l'œuvre d'un rhéteur latin d'Afrique de la première moitié du Ve siècle, Martianus Capella, dans son roman allégorique et hermétiste les Noces de Phililogie et de Mercure. Cassiodore avait appelé « arts » les trois parties du trivium qui traitent du contingent, et « disciplines » les quatre dernières parties qui portent sur le nécessaire et sont la seconde partie de la philosophie. Boèce a inventé le terme de quadrivium pour ces disciplines. Isidore de Séville reprend largement les arts libéraux définis par Martianus Capella et Cassiodore dans ses Étymologies. Les arts libéraux sont considérés comme nécessaires aux hommes libres pour maîtriser l'expression orale et écrite (le trivium : grammaire, rhétorique et dialectique) et rendre compte de l'ordre du monde (le quadrivium : arithmétique, géométrie, astronomie et musique). Ce système est resté inchangé depuis la Haute Antiquité jusqu'à la Renaissance.
Un étudiant ou un enseignant de la faculté des arts était appelé artiste. Il terminait ses études en obtenant la maîtrise dès arts.
Les sept arts libéraux sont représentés par sept femmes décrites par Martianus Capella.
En parallèle se développe le système des neuf Muses venues de la tradition homérique qui en fait les filles de Zeus et que Platon décrit comme les médiatrices entre le dieu et le poète ou tout créateur dit intellectuel. Cependant il n'y a aucune Muse pour les arts manuels comme la peinture, la sculpture ou l'architecture.
Cet enseignement ne fait aucune place aux activités manuelles qui étaient souvent pratiquées dans l'Antiquité par des esclaves. L'esclavage et le servage disparaissant au cours du Moyen Âge, des hommes vont développer leurs techniques ou artifex dans les arts manuels ou mécaniques. Le développement de la société urbaine à partir du XIIe siècle va transformer leur travail, qui était au départ itinérant, et qui va pouvoir s'exercer dans une ville où ils peuvent se regrouper en corporations, appelées Arti en Italie. Ce sont encore des artisans.Le peintre, le sculpteur, l'orfèvre exercent une activité manuelle. Ils ne vont que progressivement se détacher de la condition inférieure liée alors à ces activités. Ils sont en ce temps-là pour la plupart anonymes.
Le milieu ecclésiastique considérait leur création de la beauté à partir de la matière brute comme une reproduction de l'acte divin de la création. Ainsi, saint Thomas d'Aquin parle de Dieu comme étant l'artifex mundi. Cependant, pour saint Thomas d'Aquin, l'exécutant d'une œuvre doit la réaliser conformément aux règles définies par son commanditaire ecclésiastique.
Au XIIe siècle, le moine Théophile écrit une somme des arts mécaniques du Moyen Âge : Schedula de diversis artibus. Pour lui, la beauté de la création et celle de l'âme du créateur sont indissociables et reliées.
Progressivement, les chroniqueurs vont montrer les mérites des créateurs des œuvres. Pour Hugues de Saint-Victor les arts mécaniques sont trop souvent méprisés et doivent acquérir un statut de science. Il les groupe en sept sciences mécaniques en reprenant la division des arts libéraux. Dans le second ensemble qu'il appelle l'armatura, il a placé l'architecture, la peinture, la sculpture et les arts dits mineurs. Dans son De divisione philosophiae, Dominique Gundissalvi soutient l'égalité des arts libéraux et des arts mécaniques. Dans le Defensor pacis, Marsile de Padoue distingue les arts mécaniques servant aux nécessités matérielles de ceux qui sont de l'ordre du plaisir et de l'agrément : la peinture, la sculpture et l'architecture. Il considère que ces derniers ont un statut intermédiaire entre les arts manuels et les arts libéraux.
Dans la littérature, la plus ancienne mention du mot artiste apparaît dans La Divine Comédie de Dante Alighieri. La première mention se trouve dans le chant XIII du Paradis :
Si la cire était ductile à point,
et que le ciel fût dans sa plus haute vertu,
la lumière du sceau apparaîtrait tout entière ;
mais toujours amoindrie la rend la nature,
qui a l’habitude de l’art et une main qui tremble
Le mot réapparaît dans le chant XVIII du Paradis où il évoque l'âme d'un de ses ancêtres :