Ce Jour-là

Arthur de Gobineau

Diplomate et écrivain français

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Arthur de Gobineau, dit le comte de Gobineau, né le 14 juillet 1816 à Ville-d'Avray et mort le 13 octobre 1882 à Turin, est un diplomate, écrivain, et homme politique français. Il est l'un des principaux théoriciens du racisme scientifique.

Né d'une famille aristocratique de comtes sous l'Ancien Régime, il est partisan du légitimisme et adversaire de la Révolution française, de l'orléanisme, et de la démocratie. Il est l'auteur d'une œuvre littéraire d'inspiration romantique (nouvelles et romans), d'essais polémiques et de travaux historiques et philologiques sur l'Iran ancien.

Il est surtout connu aujourd'hui pour son Essai sur l'inégalité des races humaines (1853-1855) dans lequel il reprend l'idée d'Henri de Boulainvilliers que la noblesse française descend des envahisseurs germaniques, par opposition au peuple d'ascendance gallo-romaine, pour justifier leurs privilèges historiques de vainqueurs. Dans cet ouvrage, Gobineau plus largement reprend à son compte la théorie raciale de hiérarchisation des groupes humains, tout en déplorant que les « races » ont été selon lui suffisamment mélangées pour ne plus se différencier, faisant ainsi perdre à la race blanche sa « vitalité ». Son Essai est largement rejeté comme étant de la pseudoscience par l'érudition moderne.

Les écrits de Gobineau, qui trouvent peu d'écho dans la France post-révolutionnaire acquise à l'abandon des privilèges et des traditions de l'Ancien Régime, alimentent en revanche dans d'autres pays, notamment en Allemagne (avec le mouvement völkisch), les théories pseudo-scientifiques alléguant le mythe de la race aryenne, qui seront reprises par le nazisme.

Joseph Arthur de Gobineau est né dans une famille de noblesse de robe d'origine bordelaise. Son arrière-grand-père, Pierre Joseph de Gobineau (1696-1788) et son grand-père, Thibaut Joseph de Gobineau (1729-1795), ont exercé des charges à la Cour des aides de Guyenne et au Parlement de Bordeaux. Son père, Louis de Gobineau (1784-1858), étant cadet, fit une carrière militaire, et se compromit sous l'Empire pour ses sympathies légitimistes : sa participation à l'évasion de Polignac en 1813[Information douteuse] lui valut d'être emprisonné à Sainte-Pélagie, dont il ne fut libéré qu'à la première Restauration (1814). À Bruxelles auprès de Louis XVIII durant les Cent-Jours, il est nommé à son retour capitaine d'infanterie de la Garde royale. La mère d'Arthur, Anne-Louise-Madeleine de Gercy, est la fille de Jacques-Philippe de Gercy (1753-1796), dernier directeur des fermes de Bordeaux, et d'une créole de Saint-Domingue.

Les tribulations de l'enfance (1816-1835)

L'enfance et la jeunesse d'Arthur Gobineau, qui est un enfant fragile et nerveux, sont marquées par la discorde régnant entre ses parents et l'instabilité de sa vie familiale. Son père est rapidement éloigné de sa famille par les nécessités de sa charge : il participe à l'Expédition d'Espagne de 1823, puis commande la place espagnole de la Seu de Urgel de 1823 à 1828. Sa mère mène dès lors une existence très indépendante auprès du précepteur d'Arthur et de sa sœur Caroline, Charles Sotin de La Coindière (qui est aussi un de ses nombreux amants), fils d'un ministre de la Police du Directoire, Jean-Marie Sotin de La Coindière. Ayant commis plusieurs escroqueries, elle s'enfuit à Inzlingen, au pays de Bade, à l'été 1830 ; une demande d'extradition ayant été formulée par la justice française, la « famille » s'installe en décembre 1830 à Bienne, où Arthur est inscrit au Gymnasium. Il y perfectionne son allemand et, semble-t-il, est initié au persan. L'arrivée en Suisse des émigrés polonais vaincus dans l'insurrection de novembre 1830 ouvre à sa mère de nouvelles possibilités, qui décident son départ pour la Pologne fin 1832. Arthur est donc renvoyé chez son père, mis à la retraite en 1831 à cause de son antipathie pour la monarchie de Juillet et installé à Lorient. De 1833 à 1835, destiné lui aussi à une carrière militaire, Arthur de Gobineau fréquente le collège royal de Lorient, dont il semble avoir été renvoyé pour indiscipline et pour les sympathies légitimistes de son père. C'est à cette époque que se développe sa sensibilité orientaliste, dans la mode romantique qui prévaut alors, même si l'on peut douter de la légende familiale qui le dit capable, si jeune, de traduire Firdousi. Il forme également des projets de mariage avec son amie Amélie Laigneau[pertinence contestée].

Les années de formation (1835-1840)

Fin septembre 1835, après avoir échoué au concours d'entrée à Saint-Cyr, ce dont il semble se satisfaire, il rêve de monter à Paris, ambitionnant une carrière littéraire. Il s'y installe dès 1835 grâce à un vieil oncle paternel, célibataire, voltairien et bon vivant, Thibaut-Joseph (un ancien ami de Talleyrand), qui le loge dans une mansarde rue Saint-Benoît, lui allouant pour un an une maigre pension et le fait entrer comme surnuméraire (non rétribué) à la Compagnie française d'Éclairage par le Gaz durant l'hiver 1835-1836. Si Arthur de Gobineau ne semble pas douter de son génie, ce n'est qu'avec difficulté qu'il parvient à faire publier dans La Mode un extrait du premier poème qu'il écrit alors, Dilfiza.

La situation de Gobineau se précarise lorsque, en septembre 1836, son oncle lui coupe les vivres. Mobilisant ses relations dans la presse ultra, il parvient à placer des articles, dont tous ne sont toujours pas identifiés à ce jour. Ce travail et ces soucis ne sont pas sans le décourager quelque peu. Il parvient pourtant à employer utilement les années suivantes en étudiant la langue et la littérature persanes auprès de Quatremère, qui lui confie la traduction de la Geschichte der Ost-Mongolen d'Isaac Jacob Schmidt (en) (elle-même première traduction de la chronique Erdeni-yin tobči). Cette compétence lui permet d'orienter sa production dans un sens plus conforme à ses ambitions littéraires. Dès 1838, à l'invitation de Berryer qui lui ouvre sa nouvelle (et éphémère) revue France et Europe, il publie dans ce domaine un article remarquable : « Du mouvement intellectuel de l'Orient », puis une série de monographies de vulgarisation sur Rumi, Hafiz, Djami, et Saadi. Cependant, cinq ans après son arrivée à Paris, il ne peut s'estimer satisfait de sa condition : « Paris, c'est l'enfer », écrit-il à son père et sa sœur. Il a définitivement rompu avec sa mère qui, rentrée à Paris, le calomnie dans les salons qu'elle fréquente ; la mère d'Amélie Laigneau répugne à un mariage avec ce jeune homme exalté et sans situation ;[pertinence contestée] les protections dont il dispose au faubourg Saint-Germain ne parviennent pas à lui procurer mieux qu'une sinécure à l'administration des Postes en janvier 1839 ; enfin, les divisions et l'échec du parti légitimiste, lors des élections de 1839, le navrent et le confirment dans sa tendance à la misanthropie.

Les premiers succès d'un polygraphe (1840-1849)

Ainsi, au début de 1840, Gobineau est-il à bien des égards un jeune homme déçu et blessé. D'une part, son cercle de relations s'élargit. Chez Madame de Serre, veuve d'Hercule de Serre, ancien ministre de Louis XVIII, il fait la connaissance de jeunes gens qui lui ressemblent : entre autres le jeune Hercule de Serre, neveu du précédent, Maxime Du Camp, et le peintre German von Bohn qui lui fera bien connaître Ary Scheffer. Ensemble, ils fondent un club, les Scelti (les « Élus ») ou Cousins d'Isis ; ils projettent un roman collectif, un essai, une Revue de l'Orient qui faillit aboutir. D'autre part, il parvient enfin à publier, dans la Revue des Deux Mondes, un important et remarqué article politique sur le premier président de la Grèce indépendante Jean Capodistrias, dans lequel il nie la filiation entre Grecs anciens et modernes et prend position en faveur des Turcs contre l'expansionnisme russe en Orient. Par la suite et jusque vers 1848, il fournira régulièrement des articles de politique intérieure et étrangère à différentes publications comme La Quotidienne, L'Union catholique ou la Revue de Paris, et est même nommé en 1842 rédacteur en chef de L'Unité. En 1848-1849, il fonde et codirige avec Louis de Kergorlay une Revue provinciale de tendance monarchiste et décentralisatrice.

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