Ce Jour-là

Arthur Rimbaud

Poète français (1854–1891)

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Arthur Rimbaud est un poète français, né le 20 octobre 1854 à Charleville et mort le 10 novembre 1891 à Marseille. Bien que brève, son œuvre poétique est caractérisée par une prodigieuse densité thématique et stylistique, faisant de lui une des grandes figures de la littérature française.

Arthur Rimbaud écrit ses premiers poèmes à 15 ans. Après une brève phase d'initiation, par assimilation du style des grands poètes contemporains (Charles Baudelaire, Victor Hugo, Théodore de Banville…), développant déjà une franche originalité dans l'approche de thèmes classiques (« Le Dormeur du val », « Vénus anadyomène »), il cherche à dépasser ces influences en développant ses propres conceptions théoriques, déclarant que le poète doit se faire « voyant », c'est-à-dire chercher et décrire l'inconnu par delà les perceptions humaines usuelles, quitte à y sacrifier sa propre intégrité mentale ou physique. Dès lors, il se met à innover radicalement en matière d'audace formelle, jusqu'à aborder le genre du poème en prose (dont la voie avait été ouverte par Aloysius Bertrand et Charles Baudelaire), parsemant ses œuvres d'apophtegmes énigmatiques comme « changer la vie », « posséder la vérité dans une âme et un corps » ou « il faut être absolument moderne », qui seront repris comme des slogans par les poètes du XXe siècle, en particulier le mouvement surréaliste. Il entretient parallèlement une aventure amoureuse tumultueuse avec le poète Paul Verlaine, qui influence profondément son œuvre.

Vers l'âge de 20 ans, il renonce subitement à la littérature, n'ayant alors publié qu'un seul ouvrage à compte d'auteur — Une saison en enfer — et quelques poèmes épars dans des revues confidentielles, ce qui contribue encore à son mythe. Il se consacre alors dans un premier temps à l'apprentissage de plusieurs langues, puis, mû par ses idées marginales, anti-bourgeoises et libertaires, choisit une vie aventureuse, dont les pérégrinations l'amènent jusqu'en Abyssinie, l'ancien Empire d'Éthiopie, où il devient négociant (quincaillerie, bazar, vêtements, café, etc.) et explorateur. Sa tentative d'armer Ménélik avec l'aval du Consul de France s'avère désastreuse pour lui ; son unique « trafic d'armes » n'a véritablement qu'une incidence politique symbolique, mais contribue à sa légende. De cette seconde vie, exotique, les seuls écrits connus consistent en près de 180 lettres (correspondance familiale et professionnelle) et quelques descriptions géographiques.

Des poèmes comme Le Bateau ivre, Le Dormeur du val ou Voyelles comptent parmi les plus célèbres de la poésie française. La précocité de son génie, sa carrière littéraire fulgurante, sa vie brève et aventureuse contribuent à forger sa légende et à faire de lui l'un des géants de la littérature mondiale.

Arthur Rimbaud naît le 20 octobre 1854 à Charleville. Son père, Frédéric Rimbaud, est né le 7 octobre 1814 à Dole. Capitaine d'infanterie alors en garnison à Mézières, il a participé à la campagne d'Algérie où il a gagné la Légion d'honneur en 1854. Il meurt à Dijon le 17 novembre 1878. Sa mère, Vitalie Rimbaud, née Marie Catherine Vitalie Cuif le 10 mars 1825 à Roche-et-Méry, est issue d'une famille de paysans, propriétaires fonciers, relativement aisée. Ils se marient le 8 février 1853 à Charleville et habitent un appartement dans la même ville, au 12, rue Napoléon (actuelle rue Pierre-Bérégovoy).

Le couple n'est réuni qu'au gré de rares permissions du mari, mais cinq enfants naissent : Jean Nicolas Frédéric (1853-1911) le 2 novembre 1853, qui deviendra conducteur de voitures à Attigny ; Jean Nicolas Arthur le 20 octobre 1854, baptisé un mois plus tard ; Victorine Pauline Vitalie le 4 juin 1857 (elle ne vivra que quatre mois) ; Jeanne Rosalie Vitalie le 15 juin 1858, qui décèdera le 18 décembre 1875 à l'âge de 17 ans ; Frédérique Marie Isabelle (1860-1917), le 1er juin 1860. Après la naissance de cette dernière, le couple vit séparé ; le capitaine Rimbaud ne reviendra plus à Charleville.

Se déclarant veuve, la mère déménage avec ses enfants, en 1859, pour habiter au 73, rue Bourbon, dans un quartier ouvrier de Charleville (qui sera le décor du poème « Les Poètes de sept ans »). En octobre 1861, le jeune Arthur entame sa scolarité, il entre en neuvième (équivalent du CE2) à l'institution Rossat, école fréquentée par la bourgeoisie de Charleville. Il se révèle rapidement un élève brillant, récoltant les premiers prix.

Figure rigide et soucieuse de respectabilité, vigilante quant à l'éducation de ses enfants, Vitalie Rimbaud rend le climat familial étouffant. Arthur la décrit dans une lettre à Georges Izambard du 2 novembre 1870 comme « aussi inflexible que soixante-quinze administrations à casquette de plomb ».

Fin 1862, la famille déménage à nouveau pour un quartier bourgeois au 13, cours d'Orléans (actuel cours Briand).[réf. nécessaire]

Premières compositions (1865 à 1869)

En 1865, à la rentrée de Pâques, Arthur Rimbaud quitte l'institution Rossat où il a passé le début de sa sixième, et entre au collège municipal de Charleville, où il confirme ses aptitudes exceptionnelles, collectionnant les prix d'excellence en littérature, version et thème latins. Il rédige en latin avec aisance, des poèmes, des élégies, des dialogues. Mais il bout intérieurement, comme cela transparaît dans Les Poètes de sept ans :

Tous les jours avant la classe, Arthur et Frédéric montent dans une barque amarrée aux rives, chose que l'on peut voir dans un de ses dessins intitulé Navigation, où l'un des personnages crie « au-secours ».

En juillet 1869, il participe aux épreuves du Concours académique où il remporte facilement le premier prix de vers latins sur le thème « Jugurtha ». Le principal du collège, Jules Desdouets, aurait dit de lui : « Rien d'ordinaire ne germe dans cette tête, ce sera le génie du Mal ou celui du Bien. » En obtenant tous les prix dès l'âge de quinze ans, il s'affranchit du sentiment d'humiliation lié à l'absence paternelle et à la rigueur maternelle. Pendant ces années, il a comme ami Ernest Delahaye, avec qui il échange de nombreuses lettres.

Rencontre avec Georges Izambard (janvier 1870)

En janvier 1870, alors en classe de rhétorique, Arthur Rimbaud se lie d'amitié avec Georges Izambard, son professeur de rhétorique, qui commence sa carrière à 22 ans. Ce dernier lui prête de nombreux livres, notamment Les Misérables de Victor Hugo, qui font bondir sa mère — qu'il surnomme « la Mother », « La bouche d'ombre » ou encore, « La Daromphe ».

De cette époque datent ses premiers vers publiés : « Les Étrennes des orphelins », parus dans la Revue pour tous en janvier 1870. L'orientation poétique est alors celle du Parnasse, sous l'influence de la revue collective Le Parnasse contemporain.

Lettre à Théodore de Banville (mai 1870)

Le 24 mai 1870, Arthur Rimbaud, alors âgé de quinze ans et demi, écrit au chef de file du Parnasse, Théodore de Banville. Dans cette lettre, il transmet ses volontés de « devenir Parnassien ou rien » et de se faire publier. Pour cela, il joint trois poèmes : « Ophélie », « Sensation » et « Credo in unam ». Banville lui répond, mais les poèmes en question ne paraîtront pas dans la revue.

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