Ce Jour-là

Arthur Dillon (1750-1794)

Politicien et officier général français

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Arthur, comte de Dillon, né le 3 septembre 1750 à Bray Wick (en) en Angleterre et guillotiné le 13 avril 1794 à Paris, est un général, député aux États généraux de 1789. Il est le petit-fils du général Arthur Dillon, le frère du général Théobald Dillon, le père de l'auteure Henriette-Lucy Dillon et de Elizabeth Françoise Dillon.

Durant la Terreur, accusé par Vadier et Barère, qui l'attaquent pour sa proximité avec Danton et Camille Desmoulins, il finit guillotiné le 13 avril 1794.

Issu d'une famille de jacobites irlandais émigrés en France après la seconde révolution anglaise et la chute de Jacques II d'Angleterre, Arthur Dillon est le fils d'Henry Dillon, officier dans le régiment de Dillon, et le petit-fils d'Arthur Dillon, officier de l'armée française à la fin de l'Ancien Régime.

Arthur Dillon est marié une première fois en 1769 avec sa cousine Thérèse-Lucy de Rothe, dame du palais de Marie-Antoinette. De cette union naît en 1770 une fille, Henriette-Lucy Dillon, qui épousera le comte de La Tour du Pin Gouvernet, le fils de Jean-Frédéric de La Tour du Pin Gouvernet (dernier ministre de la guerre de Louis XVI). Elle racontera dans son Journal d'une femme de cinquante ans (édition Mercure de France) toute l'histoire de la Révolution telle qu'elle l'a vécue.

Carrière militaire d’Ancien Régime

Arthur entre, à 15 ans, comme cadet au régiment de Dillon. À dix-sept ans, le 21 mai 1766, il reçoit le brevet de colonel propriétaire de ce régiment, à condition de ne prendre son commandement qu'à 23 ans ; ce qu'il fait effectivement, avec un peu d'anticipation, le 24 mars 1772.

En 1777, il passe en Amérique. En 1779, alors qu’il n’est encore que colonel, il débarque sur l’île de la Martinique, commandant l’un des trois régiments irlandais envoyé par Louis XVI sous les ordres de La Motte Piquet. La venue de ces troupes aux Antilles est la conséquence de la participation de la France à la guerre d’indépendance des colonies britanniques d’Amérique. Le comte Dillon est hébergé chez Laure de Girardin de Montgérald, cousine de Marie-Joseph-Rose de Tascher de la Pagerie, future impératrice.

Signalé par sa bravoure à la conquête de la Grenade, au siège de Savannah, il devient brigadier des armées du roi en 1780. Après avoir contribué à la prise de Tobago, de Saint-Eustache, de Saint-Christophe, dont il est nommé gouverneur le 25 avril 1782, il est décoré chevalier de Saint-Louis et obtient le brevet de maréchal de camp le 13 juin 1783.

En 1784, la guerre d’indépendance américaine terminée et l'île de Saint-Christophe devant être rendue aux Anglais, il quitte ses fonctions de gouverneur. Dillon, veuf depuis 1782, est alors promu général. Il passe par la Martinique, renoue avec Laure de Girardin, elle-même veuve depuis 1779. Ils se marient, le 7 février 1785, à Paris, en l’église Saint-Sulpice. La plantation sucrière que son épouse possède à Fort-de-France est rebaptisée « Dillon » (habitation Dillon).

De cette deuxième union naît le 24 juillet 1785, Elisabeth Françoise Dillon dite Fanny(future épouse du général comte Bertrand, grand maréchal du palais de Napoléon).

Nommé gouverneur de Tobago (6 déc. 1786 - 14 mai 1789), Dillon retourne à la Martinique. avec sa nouvelle famille. Quelque temps après, Dillon fait un voyage seul à Londres, sa famille étant restée à la Martinique, et reçoit le plus brillant accueil à la cour britannique.

En 1789, en tant que député de la noblesse des colons blancs de la Martinique, il va siéger aux États généraux, où il défend surtout les intérêts des colonies. Bien qu'il ait embrassé le parti révolutionnaire, il vote plusieurs fois dans le sens opposé, parlant quelquefois en faveur des ministres, contrariant très souvent les idées de ses collègues des colonies, et s'élevant aussi contre l'émancipation des gens de couleur.

Devenu lieutenant général le 13 janvier 1792, il reçoit, du général en chef La Fayette, le commandement de l’aile gauche de l’armée du Nord alors en Champagne. Après la journée du 10 août 1792, il fait prêter de nouveau à ses troupes le serment de fidélité à la loi et au roi. Aux commissaires dépêchés pour le destituer, il parvient cependant à présenter ses excuses : le commandement lui est retiré le 18 août, mais il continue néanmoins d'être employé au sein de l'armée du Nord.

Il passe alors sous les ordres de Dumouriez, auquel il commandait jusque-là. Dirigeant l’avant-garde de l'armée du Centre, il contribue puissamment à la défaite des Prussiens en Champagne : il se distingue à Biermes, où il arrête la marche de l'ennemi, à Entrecœur, dans la défense du camp de Louis Bertrand de Sivray, à Verdun dont il contribue à la reddition. Mais, pendant la retraite des Prussiens, alors qu'il a écrit au prince de Hesse-Cassel pour l'engager à regagner l'Allemagne, il est dénoncé par Laflotte.

Le surlendemain de l'exécution de Louis XVI, la perspective d'une guerre avec l'Angleterre est sur toutes les lèvres. Il semble à tous qu'elle est inévitable, la seule question étant de savoir qui en prendrait l'initiative. À la Convention, le parti de la guerre est celui des Brissotins, du ministre des Affaires étrangères Lebrun-Tondu et de Dumouriez lui-même, sans compter Bertrand Barère de Vieuzac. En Angleterre, le gouvernement de William Pitt arme car il n'ignore pas que c'est une question de semaines. C'est dans cette situation que, le 23 janvier 1793, le général Arthur Dillon propose à la Convention un plan de d'occupation de l'Irlande. L'île est le talon d'Achille de l'Angleterre, laquelle, malgré les massacres d'indépendantistes, n'a encore pas réussi à se concilier les catholiques et à pacifier le pays. Un possible soutien des Français aux indépendantistes est, depuis des années, l'obsession du ministère britannique : dès le début de la Révolution, il a dépêché à Paris un certain nombre d'agents d'influence et de renseignements, comme Nicolas Madget, pour neutraliser les velléités françaises en direction de l'Irlande. Outre leurs opérations de surveillance des Irish defenders réfugiés en Europe, et la capture de ceux-ci dans le meilleur des cas, les agents anglais cherchent à contrôler le comité diplomatique de la Constituante (sous la présidence de Mirabeau — travail de Auguste Miles et de Hugh Elliott) puis ils infiltrent progressivement le Département des Affaires étrangères dès 1792. Sous le ministère de Lebrun-Tondu, les choses semblent si faciles que cela a nourri les accusations de trahison retenues plus tard contre lui au Tribunal révolutionnaire. En réalité, la situation échappe à Lebrun-Tondu puisque, sous Barère, rapporteur et membre inamovible du Comité de salut public, le renseignement français est gangrené par le contre-espionnage britannique.

Lorsqu'Arthur Dillon propose son plan d'invasion de l'Irlande, Charles-Marien Somers est l'espion principal de William Pitt à Paris. Ce brillant successeur de Georges Munro - qui a été identifié et est retourné à Londres - prévient son gouvernement du projet dès le 28 janvier 1793. Dès lors, les anglais vont tenter d'éliminer Dillon. Bertrand Barère de Vieuzac, "l'imposteur du Comité de salut public", pour reprendre l'expression de Pierre Vergniaud, profite de la publication de la Lettre anglaise, où figure le nom de Dillon, pour accuser ce dernier de connivence avec l'Angleterre. Incarcéré aux Madelonnettes, Arthur Dillon proteste de son innocence, expliquant qu'il est victime d'une homonymie : il s'agit en fait d'un abbé Dillon, supérieur du collège irlandais de Douai, un véritable espion celui-là. D'après une lettre de l'ancienne collection La Bédoyère, Arthur Dillon demande à être conduit au Comité de salut public, s'engageant à démontrer « en présence d'experts », que la fameuse Lettre anglaise et les notes du portefeuille qui l'accompagne, imprimées chez Baudouin, où se trouve son nom, sont « fausses, archi fausses et controuvées ». Volant à son secours et convaincu de son innocence, Camille Desmoulins invite même la Convention à renvoyer le général Dillon devant un tribunal pour qu'il puisse amplement se justifier.

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