Ce Jour-là

Arsène Houssaye

Homme de lettres, critique d'art français et administrateur de la Comédie-Française

Anúncio

Arsène Houssaye, né François Arsène Housset le 28 mars 1814 à Bruyères-et-Montbérault (Aisne) et mort le 26 février 1896 à Paris (8e arrondissement), est un homme de lettres français. Il est également connu sous le pseudonyme d’Alfred Mousse.

Issu d'une famille bourgeoise apparentée à Condorcet, Arsène Houssaye s'enfuit de chez lui en 1832 pour mener une vie de bohème à Paris. Il s'engage dans une troupe de baladins pour qui il compose des chansons. Il se lie avec Théophile Gautier, Gérard de Nerval – qui logent comme lui, impasse du Doyenné, à l'emplacement actuel de la place du Carrousel – Jules Janin ou Alphonse Esquiros : tous collaboreront à la revue L'Artiste, dont Houssaye devient le directeur en 1843 et où il accueille de jeunes écrivains comme Théodore de Banville, Henri Murger, Charles Monselet, Champfleury et Charles Baudelaire. Il collabore avec son ami Jules Sandeau et contribue également à La Revue des Deux Mondes et à La Revue de Paris.

En 1848, il participe au mouvement réformateur qui précède la révolution et harangue Picards et Champenois au fameux banquet des étudiants. Aux élections législatives dans le département de l'Aisne, il est battu par Odilon Barrot.

Administrateur et homme de presse

De 1849 à 1856, grâce à l'influence de Rachel, il est nommé administrateur général de la Comédie-Française, où il fait entrer les pièces de Victor Hugo, d'Alexandre Dumas père, d'Alfred de Musset de François Ponsard ou de Léon Gozlan. Malgré l'augmentation de la dette, son administration correspond à une période de remarquable succès pour le Théâtre-français. En 1857, il est nommé inspecteur des musées de province.

Il dirige le quotidien populaire La Presse. Baudelaire lui dédie les poèmes en prose du Spleen de Paris mais leur publication dans La Presse en 1862 est néanmoins à l'origine d'une brouille entre les deux hommes. Houssaye, cherchant à obtenir la suppression de certains poèmes qui pouvaient choquer ses lecteurs, en retarde la publication au prétexte que Baudelaire lui envoie des textes dont certains ont déjà été publiés dans des revues. Il en résulta une rupture de contrat qui affecta durement Baudelaire, qui avait alors un besoin impérieux d'argent.

Houssaye devient directeur, en 1866, de la Revue du XIXe siècle. Après 1870, il fonde La Gazette de Paris puis, en 1887, La Revue de Paris et de Saint-Pétersbourg, devenue La Grande Revue, Paris et Saint-Pétersbourg, qu'il anime avec Armand Silvestre jusqu'en 1893.

En 1884, il est élu président de la Société des gens de lettres.

Le tombeau de Léonard de Vinci

En 1863, c'est comme inspecteur général des beaux-arts qu'Arsène Houssaye entreprend de diriger des fouilles à Amboise pour retrouver le tombeau de Léonard de Vinci dont on avait oublié l'emplacement dès le XVIIIe siècle. Ainsi, lorsque la Collégiale Saint-Florentin est détruite sous le 1er Empire, les neufs pierres tombales encore visibles sont retirées de l'église et réemployées pour réaliser des réparations ailleurs dans le château. Après avoir fouillé en vain dans la nef, la presse ayant médiatisé ses recherches, Arsène Houssaye reçoit une lettre lui indiquant que Léonard de Vinci a été enterré dans le cœur, les pieds tournés vers l'Est car Léonard était un laïc. Le 20 août 1863, Arsène Houssaye découvre un tombeau très ancien recouvert lors de la démolition, de pierres inégales. Selon les médecins, il s'agit d'un homme barbu de 70 ans environ. Toutefois, à ce stade des recherches, rien ne permet de certifier qu'il s'agit bien de Léonard de Vinci. Ce n'est qu'au cours des mois suivants que les fouilleurs mettent à jour des éléments qui permettent de connaître l'identité du défunt (des fragments de pierre avec quelques inscriptions partiellement effacées, des pièces de monnaies dont une à l'effigie de François 1er, les fragments du vase à charbon, utilisé pour masquer l'odeur de décomposition et une sébile, ce dernier récipient contenant de l'eau bénite pour chasser les démons. Arsène Houssaye a publié le résultat de ses recherches dans la revue l'Artiste en mars 1864, puis dans Histoire de Léonard de Vinci (1869).

Houssaye a publié de nombreux ouvrages, s'essayant à tous les genres : roman (La Couronne de bluets, Une Pécheresse, La Vertu de Rosine, Les Trois Sœurs, Mademoiselle Mariani, Mademoiselle Rosa) ; théâtre (Les Caprices de la Marquise, La Comédie à la fenêtre, Le Duel à la tour) ; poésie (Les Sentiers perdus, La Poésie dans les bois, La Symphonie de vingt ans, Cent et un sonnets), essais d'histoire de l'art et de critique, souvenirs (Les Confessions)… Il rend avec élégance l'atmosphère de la Régence ou du règne de Louis XV, introduisant un soupçon de sentiment romantique dans l'élégance spirituelle du XVIIIe siècle, qu'il contribua, avec Edmond et Jules de Goncourt, à remettre au goût du jour.

Son livre le plus connu est sans doute son Histoire du quarante-et-unième fauteuil de l'Académie française (1845), qui passe en revue tous les grands écrivains qui n'ont jamais appartenu à l'illustre Compagnie et imagine leurs discours de réception.

Arsène Houssaye ne se porta jamais candidat à l'Académie française, mais son fils, l'historien Henry Houssaye (1848-1911) en fut membre en 1894.

S'étant enrichi grâce à de fructueuses spéculations immobilières, Houssaye habite une propriété située à l'emplacement actuel du 39 avenue de Friedland (8e arrondissement), issue du lotissement du parc Beaujon (1824). Il y loge d'abord dans « un château à trois tours avec un parc orné de fontaines et de grottes, un jardin où couraient les treilles […] un pavillon gothique et un autre chinois ». Dans les vignes du jardin, on célèbre des bacchanales restées célèbres.

Il fait ensuite construire, à la place de ce château, un hôtel de style Renaissance, orné de médaillons d'Auguste Clésinger.

« C'est là, écrit encore André de Fouquières, que se donnèrent tant de redoutes célèbres dont l'une fut, dit-on, l'occasion d'une première rencontre entre Mme de Loynes et l'austère Jules Lemaître. […] Sur le palier de l'étage, […] [se trouvait] la chaise à porteurs où, au cours des folles redoutes de jadis, venaient se cacher pour intriguer leurs cavaliers, les invitées d'Arsène Houssaye, Ferdinand Bac m'a beaucoup parlé des fastes de cette demeure, du faux Raphaël dont l'excellent Arsène était si fier et pour l'achat duquel, lui toujours à court d'argent du fait de ses constantes générosités, avait consenti de gros sacrifices. C'est encore Bac qui me conta que le vieil Arsène Houssaye, qui devait pour bonne part sa charge d'administrateur du Français à Rachel, invita certain soir la jeune Sarah Bernhardt à dîner au restaurant Cubat, dans l'ancien hôtel de la Païva. De Rachel à Sarah…. »

À proximité, la rue Arsène-Houssaye est aujourd'hui seule à rappeler le souvenir de cette demeure.

Arsène Houssaye avait épousé en premières noces, le 5 avril 1842 à Paris, Anne Stéphanie Bourgeois, dite Fannie (née le 26 novembre 1821 à Paris, où elle est morte le 12 décembre 1854), fille de Jean-Baptiste Bourgeois et de l'artiste-peintre Edmée Brucy. Le couple a eu une fille, Edmée (1843-1846), et un fils, Georges Henry (1848-1911).

Anúncio

Bientôt sur l'application World in Stories

Audio, téléchargement hors ligne, sans publicité et plus.

Découvrir Premium
Arsène Houssaye | World in Stories