Ce Jour-là

Arme chimique

Arme utilisant des produits chimiques afin de blesser ou tuer des personnes

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Une arme chimique est une arme spécialisée qui utilise des substances conçues pour infliger des blessures ou pour tuer des êtres vivants du fait de leurs propriétés chimiques ou de leur toxicité.

Selon l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC), « le terme arme chimique peut également s'entendre pour tout composé chimique toxique, ou les précurseurs d'un tel composé, susceptibles de provoquer la mort, des blessures, une incapacité temporaire ou une irritation sensorielle par son action chimique. Les munitions et les équipements associés conçus pour produire et disperser ces armes chimiques, qu'ils soient chargés ou vides, sont également considérés eux-mêmes comme des armes ». Une arme chimique est dite unitaire lorsque sa substance active est stockée telle quelle avant utilisation, à la différence d'une arme binaire, dont le principe actif doit être préparé avant utilisation en faisant réagir deux ou plusieurs précurseurs plus stables généralement moins toxiques. Les plus dangereux d'entre eux sont notamment les agents innervants, comme le sarin et le VX, et les vésicants, comme la lewisite et le gaz moutarde.

Les armes chimiques sont classées parmi les armes de destruction massive (ADM) aux côtés des armes bactériologiques et des armes nucléaires, l'ensemble étant désigné collectivement par le sigle NBC, par opposition aux armes conventionnelles. Ces dernières agissent avec leur potentiel cinétique ou leur puissance explosive, tandis que les armes chimiques peuvent être largement dispersées sous forme de gaz ou d'aérosols liquides ou solides, et ainsi toucher des cibles bien au-delà de celles initialement visées. Le chlore, les gaz lacrymogènes et les moutardes azotées sont des exemples d'armes chimiques contemporaines.

L'usage massif d'armes chimiques est apparu lors de la Première Guerre mondiale. La charge toxique, du chlore dans un premier temps, a d'abord été diffusée sous forme gazeuse dispersée par les vents vers l'ennemi, puis a été envoyée vers sa cible par un vecteur, généralement des obus ou des bombes, voire des grenades chimiques dès 1914-1918.

Le gaz CS et le gaz poivre sont les plus utilisés pour le maintien de l'ordre. Les armes destinées à cet emploi sont autorisées par la Convention sur l'interdiction des armes chimiques (CIAC), et ne sont pas considérées comme armes de destruction massives. Le CS est considéré comme une arme non létale, mais le gaz poivre est connu pour ses risques d'accidents létaux.[réf. nécessaire]

Les armes chimiques sont contrôlées au niveau mondial par l'OIAC, chargée de vérifier l'application des dispositions de la CIAC.

Plusieurs dizaines de substances ont été utilisées ou stockées à des fins militaires au cours du XXe siècle.

Armes non létales, les incapacitants n'ont pas vocation à tuer ni à blesser et peuvent être employés par les forces de l'ordre lors d'opérations de police. Ils peuvent également avoir une utilité tactique pour forcer des combattants à s'exposer hors de leurs positions couvertes. Leur utilisation militaire est cependant prohibée par la Convention sur l'interdiction des armes chimiques afin de prévenir les risques d'escalade conduisant à l'emploi d'armes létales en réponse à l'utilisation d'armes non létales sur le champ de bataille.

Les incapacitants sont généralement des substances irritantes ou incommodantes dont l'effet disparaît quelques minutes après la fin de l'exposition et dont les effets secondaires se résorbent sous 24 heures sans intervention médicale. Se rangent dans cette catégorie :

les malodorants, comme le skunk, dont l'utilisation militaire n'est pas encadrée ;

les vomitifs, comme l'adamsite et la chloropicrine, qui irritent les muqueuses pour produire inflammations, toux, éternuements et finalement des nausées, utilisés par exemple au cours de la Première Guerre mondiale pour contraindre les soldats à ôter leur masque à gaz pour vomir, ce qui permettait de leur faire respirer directement des gaz toxiques pour les mettre hors de combat ;

les gaz lacrymogènes, comme le gaz CS, largement utilisé à travers le monde pour le maintien de l'ordre.

Certaines substances employées comme incapacitants ont des effets plus durables avec un risque limité de séquelles permanentes ou de décès. Une prise en charge médicale peut cependant être utile pour faciliter la récupération. C'est le cas par exemple des psychotropes comme le BZ et le LSD, voire d'antalgiques et d'anesthésiants comme ceux entrant dans la constitution du cocktail russe dit Kolokol-1.

L'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques classe les différentes substances qu'elle contrôle selon les catégories suivantes :

Asphyxiants — Armes létales, ils visent à interrompre la possibilité de respirer afin de provoquer la mort par asphyxie. Ce sont notamment le chlore, employé dès la Première Guerre mondiale jusqu'à nos jours ; le phosgène, qui se décompose dans les poumons pour y libérer de l'acide chlorhydrique ; le diphosgène, équivalent liquide du phosgène ; la chloropicrine, un pesticide encore employé en fumigation.

Vésicants — Ils attaquent les tissus en formant notamment des cloques sur la peau. Il s'agit souvent de composés organosulfurés ou organo-arséniés qui sont cytotoxiques notamment par alkylation de résidus de guanine sur l'ADN dans les cellules. Leur effet ne se fait sentir qu'après plusieurs heures, ce qui permet d'exposer les victimes à leur insu de façon prolongée. Les vésicants les plus connus sont la lewisite, employé au cours de la Première Guerre mondiale ; le gaz moutarde, probablement employé dans les années 1980 contre l'UNITA lors de la guerre civile angolaise [réf. nécessaire] ; les moutardes azotées, qui ont également un usage médical comme anticancéreux en chimiothérapie ; l'oxime de phosgène, à l'effet immédiat et davantage urticant que vésicant.

Poisons respiratoires — Ils interfèrent avec les globules rouges et la respiration des tissus. Ce sont notamment : le cyanogène, qui libère rapidement l'anion cyanure, lequel bloque la respiration cellulaire par inhibition de la cytochrome c oxydase, complexe IV de la chaîne respiratoire ; le bromure de cyanogène ; le chlorure de cyanogène ; le cyanure d'hydrogène (principe actif du Zyklon B) ; l'arsine, qui provoque une hémolyse par formation d'un précipité de méthémoglobine par réaction avec l'hémoglobine oxydée.

Agents innervants — Ils interrompent la transmission de l'influx nerveux aux organes. Ce sont des inhibiteurs de l'acétylcholinestérase, dont l'action conduit à la mort par arrêt respiratoire ou cardio-circulatoire à la suite d'une crise cholinergique. On distingue :

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