Armand Joseph Dubernad, né le 23 novembre 1741 à Bayonne et mort le 9 mai 1799 à Morlaix, est un négociant, armateur et homme politique français.
En 1773, son cousin François Cabarrus fait nommer les frères Dubernad comme commissionnaires pour percevoir les fonds de l’emprunt du canal de Murcie.
Son frère, Salvat (ou Sauveur) Dubernad, est consul du grand-duché de Toscane. Il se marie avec la sœur de la femme d’Armand Joseph Dubernad et ce dernier devient consul général du Saint-Empire romain germanique.
Armand Dubernad est actionnaire de la première maison de commerce à Séville, connue sous la raison sociale Pratmeur-Dubernad et Cie. Cette société est dirigée par son frère et ses beaux-frères, les Lannux. En 1777, les activités de Dubernad à Cadix ne font que démarrer. En ce qui concerne ses maisons de commerce, il multiplie les échanges avec l’Amérique du Sud. Ils développent aussi leurs échanges avec les Indes orientales, la Chine, les Philippines.
À la création de la Banque nationale de San Carlos, le 2 juin 1782, sur l'initiative de François Cabarrus, les Dubernad achètent de grosses quantités d’actions. Lannux père et fils et Dubernad sera la maison autorisée à recevoir les souscriptions à Séville.
Ils assurent les risques des bâtiments partant pour la Chine et assurent plusieurs bâtiments qui quittent Lorient ou Marseille et vont soit aux Indes, soit en Chine, ou bien encore ceux qui se rendent en Afrique.
Armand Joseph Dubernad en revenant d’Andalousie occupe des fonctions importantes dans la principale loge maçonnique de Morlaix, l’École des Mœurs et sera plusieurs fois cité par Augustin Cochin, dans son étude sur Les Sociétés de pensée et la révolution en Bretagne, et par la suite par Henri Stofft et Jean Ségalen. Il est l'un des officiers de cette loge, son orateur.
Armand Joseph Dubernad est l'un des négociants et armateurs les plus influents de la région de Morlaix de 1776 à 1791. Il est premier consul en 1783, puis prieur de la juridiction consulaire de Morlaix en 1785. Il devient président du comité du commerce de Morlaix.
Du 18 août au 25 septembre 1785, messieurs Dubernad, Beau, Varennes, et Le Loup sont désignés par la communauté de Morlaix, pour concourir à la charge de maire, après délibérations. Dubernad devient maire de la ville de Morlaix en 1786.
Il est premier échevin de Morlaix après l'élection de Michel Behic comme maire de Morlaix du 4 janvier 1788 au 4 février 1790.
Il acquiert une partie de la manufacture des tabacs de Morlaix en 1791.
En 1793, Dubernad tente de faire de Morlaix un port corsaire. Il achète des vaisseaux capturés, mais ses résultats sont bien modestes. Les corsaires des Dubernad finissent par tomber les uns après les autres aux mains de l’ennemi. La liquidation du Trois Amis ne sera achevée qu'en 1820.
Profitant de ses relations avec Henri Jacques Goüin-Moisant (dont le frère épousa sa fille), Dubernad investit dans l'achat, en 1794, du château de La Bourdaisière à Montlouis-sur-Loire, pour la somme de 180 000 livres, auxquels s'ajoutent 110 000 livres pour le parc du domaine. Il se rend également acquéreur d’une partie du vignoble de Montlouis-sur-Loire. Il compose autour du château, par 34 adjudications, un domaine de 100 hectares, qui s'effritera à sa mort.
Armand Joseph Dubernad meurt le 9 mai 1799 à Morlaix, dans sa maison. Il n'est âgé que de 57 ans. Il est presque ruiné du fait du blocus britannique.
Armand Joseph Dubernad épouse Magdeleine Lannux de La Chaume (1759-1820), en 1776, fille du maire Jean Lannux de La Chaume (726-1801), négociant et banquier, et de Marie-Catherine Saulnier de Cugnon. Ils ont quatre enfants :
Armand Dubernad (1784-1844), négociant, banquier et armateur, auteur d'un Traité des principes d'indemnités en matière d'assurances maritimes, marié à la fille de Michel Behic, d'où Henry Dubernad, capitaine de vaisseau et commandeur de la Légion d'honneur ;
Madeleine-Henriette (1778-1804), se marie avec le négociant Augustin-Raymond Goüin (fils d'Henri Pierre Goüin) ;
Jeanne Élisabeth Dubernad (1783-1829), se marie avec François Gaudelet d'Armenonville.