Armand Emmanuel Sophie Septimanie de Vignerot du Plessis, 5e duc de Richelieu et 7e duc de Fronsac (Paris, 25 septembre 1766 - Paris, 17 mai 1822) est un homme politique et militaire français.
Il est le deuxième président du Conseil des ministres en titre de l'histoire de France.
Fils de Louis-Antoine de Vignerot du Plessis, duc de Fronsac, et de Adélaïde d'Hautefort, il est le petit-fils du maréchal de Richelieu, lui-même neveu du cardinal de Richelieu. Il est aussi le petit-fils d'Emmanuel Dieudonné de Hautefort, marquis d'Hautefort, seigneur de Champien, ambassadeur du Roi Louis XV près la Cour d'Autriche.
Resté sans postérité, il est le dernier représentant de sa famille, la famille de Vignerot, représentée après lui par ses deux sœurs, la marquise de Montcalm et la marquise de Jumilhac.
En 1785, il entre dans les régiments de dragons de la reine Marie-Antoinette d'Autriche, puis devint premier gentilhomme de la Chambre du roi Louis XVI.
Titré alors comte de Chinon, il est marié à Paris, paroisse Saint-Sulpice, le 4 mai 1782, à l'âge de quinze ans avec Rosalie de Rochechouart Faudoas (Paris, paroisse Saint-Sulpice, 13 décembre 1768 - Courteilles, 10 décembre 1830), fille d'Aimery Louis Roger de Rochechouart, marquis de Faudoas, maréchal de camp, chevalier de Saint-Louis, qui sera député aux États généraux, et de Madeleine de Barberie de Courteilles. Son épouse, âgée de treize ans, souffrit d'une malformation apparue après leur mariage. Les deux (très) jeunes époux sont séparés après la cérémonie de mariage et Armand-Emmanuel entreprend un tour de France et de Suisse avec son gouverneur-précepteur. Devenue bossue à l'âge de 14 ans, son épouse redoute que son mari, parti plusieurs années, prenne en horreur cette difformité.
Elle passera sa vie au château de Courteilles, avec sa mère, qu'elle précédera dans la tombe.
Capitaine au sein du régiment des hussards, Richelieu se trouve à Paris quand est lancée la marche sur Versailles.
À la demande de Marie Antoinette, il quitte Paris en 1790 pour Vienne, afin de s'entretenir avec l'empereur Joseph II, frère de la souveraine, sur les développements de la Révolution.
L’Empereur étant mort avant son arrivée, il se rend à Francfort pour assister au couronnement de son successeur Léopold II, qu'il suit à Vienne, et de là rejoint l'armée russe en compagnie du prince de Ligne et du comte de Langeron. Ils atteignent à temps le quartier général de l'armée russe basé à Bender (Tighina) en Bessarabie (actuelle Pridnestrovie, région sécessioniste de la Moldavie) pour participer à la prise de la ville d'Izmaïl par le général Souvorov. Richelieu est décoré par Catherine II de l'ordre de Saint-Georges, avec épée d'or.
Après un retour à Paris pour servir Louis XVI puis des missions de diplomate à Vienne, il s'engage dans l'armée des émigrés menée par Condé.
Après les défaites de cette dernière, Catherine II lui propose de s'engager au sein de sa propre armée ; il accepte et devient rapidement général de corps d'armée. Il sert dans l'armée russe avec son cousin germain, Charles Chapt de Rastignac.
Il est contraint de démissionner en raison d'intrigues menées par ses rivaux.
En 1801, le tsar Alexandre Ier, qui succède à son père Paul Ier, le nomme gouverneur de la ville d'Odessa et de la Nouvelle Russie (Novorossiïa en russe), région qui englobait tout le Sud de la Russie et qu'il fallait coloniser et peupler, poste qu'il conserve jusqu'en 1814.
Il est reconnu comme l'artisan du développement de la ville d'Odessa, petit village qu'il a transformé en capitale de cette province conquise sur les Ottomans. La « perle de la mer Noire » garde encore en souvenir sa statue en haut de l'escalier qui domine le port. En Russie, il est simplement appelé « Le Duc ». Il reste une figure particulièrement populaire auprès de la population de cette ville, en ce début de XXIe siècle[réf. nécessaire].
Entre 1806 et 1807, il mène plusieurs expéditions dans le Caucase lors des guerres contre l'Empire ottoman et participe à la conquête de la Circassie et de la Bessarabie.
En 1812, alors que la France et la Russie se déclarent la guerre, Richelieu est sur le point de rejoindre la Volhynie, où sont basées ses troupes et ainsi rejoindre l'armée russe. C'est à ce moment-là que la peste fait son apparition à Odessa. Au lieu d'abandonner la ville pour prendre le commandement militaire où il était appelé par le Tsar, il reste auprès de la population pour la soutenir contre le fléau qui la décime. Au bout de deux ans, le gouverneur parvient par ses mesures à l'éradiquer totalement. Entre-temps, l'armée russe, alliée à la Prusse et l'Autriche, repoussant les armées napoléoniennes, est entrée en France. Il décide alors de rejoindre les troupes russes et de rentrer en France. Il regrette toujours de ne pas pouvoir retourner en Russie, où il était resté quinze ans.
Entre 1808 et 1811, il fait édifier la première villa européenne avec un jardin exotique à Oursouf, villa qui existe toujours, dans le parc de l'établissement de cure Pouchkino, à cent mètres de la mer.