Ce Jour-là

Armée républicaine irlandaise provisoire

Organisation paramilitaire indépendantiste, 1969-2005

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L'Armée républicaine irlandaise provisoire (irlandais : Óglaigh na hÉireann ; anglais : Provisional Irish Republican Army, PIRA), devenue l'Armée républicaine irlandaise (IRA), est une organisation paramilitaire républicaine irlandaise considérée comme terroriste par l'Irlande et le Royaume-Uni, qui, de 1969 à 1997, a milité pour l'indépendance complète de l'Irlande du Nord vis-à-vis de la monarchie du Royaume-Uni, et l'instauration d'un État républicain libre et souverain sur l'ensemble de l'île d'Irlande (Éire Nua, Nouvelle Irlande).

Plus puissante organisation républicaine du conflit nord-irlandais (communément appelé The Troubles en anglais), l'IRA provisoire est soupçonnée d'être responsable de la mort de 1 824 personnes entre juillet 1969 et décembre 2001, tandis que 275 membres du groupe trouvent la mort durant les Troubles.

Scission de la frange de la première IRA opposée au Traité anglo-irlandais, la Provisional Irish Republican Army se considère comme la seule héritière de l'insurrection républicaine de Pâques 1916. L'appellation « provisoire » fait référence au Provisional Government of the Irish Republic (Gouvernement provisoire de la République irlandaise), utilisé par les insurgés dans leur proclamation de la République irlandaise. Lors de la General Army Convention de septembre 1970, l'organisation adopte le seul nom d'Irish Republican Army, mais le qualificatif de « provisional » et les surnoms associés continuent par la suite d'être utilisés pour désigner l'organisation et ses membres.

L'IRA provisoire se désigne par l'expression gaélique Óglaigh na hÉireann (« les Soldats d'Irlande ») ou comme Irish Republican Army. Ils reçoivent différents surnoms : Provos, Provies… L'IRA officielle l'appelle au moment de la scission la Provisional Alliance (« Alliance provisoire »), l'accusant d'alliance avec le parti de droite du sud de l'île, le Fianna Fáil. L'IRA provisoire a reçu un temps le surnom de the Pinhead en référence à leur utilisation d'une broche plutôt que d'un autocollant (préféré par les Officiels) pour arborer le « lys de Pâques », symbole de l'insurrection de 1916.

Pour les forces de sécurité britanniques, l'activité de l'IRA provisoire est considérée comme du terrorisme. Pour la PIRA et ses partisans, il s'agit d'une insurrection et une résistance militaire à l'occupation et à l'impérialisme britannique et les volunteers sont des « combattants de la liberté ». Les historiens sont partagés sur ces qualifications, parlant parfois d'insurrection ou de résistance, certains refusant l'usage du terme « terrorisme ».

L'IRA provisoire est visée dès 1974 par la législation antiterroriste britannique (le Prevention of Terrorism Acts puis le Terrorism Act 2000) et ainsi placée sur la liste officielle des organisations terroristes du Royaume-Uni. La condamnation maximum pour appartenance ou soutien à un groupe interdit est de 5 ans d'emprisonnement et d'une amende illimitée selon le Prevention of Terrorism Acts de 1974 et de 10 ans et une amende illimité selon le Terrorism Act 2000. L'IRA provisoire est par ailleurs aussi considérée terroriste en Irlande, selon l'Unlawful Organisation (Suppression) Order 1939 en français : « Ordre de dissolution d'une organisation illégale de 1939 ». Le Département d'État des États-Unis désigne l'organisation comme « Group of Concern » (« groupe préoccupant »), sans l'inscrire sur sa liste officielle des groupes terroristes, procédure sans effet légal.

Les premiers actes de violence du conflit nord-irlandais sont le fait des loyalistes de l'Ulster Volunteer Force, fondé en 1966, mais sont souvent, à l'époque, attribués à tort à l'Irish Republican Army. En 1969, l'Irish Republican Army est moribonde. À la suite de sa Campagne des frontières de 1956 à 1962, elle avait enterré ses armes (vendues par la suite en 1968 à la Free Wales Army). L'été 1969, des émeutes opposant catholiques et protestants secouent l'Irlande du Nord, forçant l'Armée britannique à intervenir pour séparer les deux communautés. L'IRA ne réagit guère, contrevenant à son rôle traditionnel, celui de défendre la minorité catholique, la direction de Cathal Goulding, alors Chef d'État-major, privilégiant l'action politique à l'action militaire.

Le 24 août 1969 à Andersonstown, une banlieue de Belfast, plusieurs partisans d'un réarmement de l'organisation se réunissent secrètement, tant des vétérans (Billy McKee, Joe Cahill, Leo Martin) que de nouveaux Volunteers (Séamus Twomey, Gerry Adams). Soutenu par la majorité des unités de l'IRA de Belfast, ce groupe pose un ultimatum le 22 septembre à Cathal Goulding et au Quartier général de l'armée, accusés de trahison et sommés de démissionner. À la mi-décembre, la Convention générale extraordinaire de l'armée, réunie dans un village d'Irlande et formée principalement de supporters de Cathal Goulding, décide de mettre fin à l'abstentionnisme qui caractérise depuis ses débuts le mouvement républicain pour former un Front de libération national avec l'extrême gauche. Refusant ces motions, Seán MacStíofáin, Chef du renseignement de la brigade de Belfast, réunit une nouvelle convention à Belfast peu de temps après, rendant effective la scission. La nouvelle organisation prend le nom de Provisional Irish Republican Army et nomme Seán MacStíofáin comme Chef d'État-major, tandis que les partisans de Cathal Goulding sont appelés Official Irish Republican Army (ou National Liberation Front par moquerie). Le 11 janvier 1970, l'Ard Fheis (nom gaélique du congrès du parti) du Sinn Féin à Dublin soutient à 154 voix contre 104 la ligne politique suivie par les Officials. Ses opposants forment le Provisional Sinn Féin, tandis que ses partisans se renomment Official Sinn Féin. Ruairí Ó Brádaigh devient président du Sinn Féin provisoire.

Si en Irlande les Volunteers ont principalement rejoint l'IRA officielle, en Irlande du Nord, les Provisoires récupèrent 27 compagnies (fortes chacune de 12 à 40 membres) à la suite de la scission, soit moins de 500 Volunteers, et des armes pour n'en armer que 200.

1970-1971 : de la défense des ghettos à l'attaque contre la présence britannique

Lors du premier Conseil de l'Armée, au début 1970, l'IRA provisoire se fixe trois objectifs : préparer la défense des ghettos catholiques, principalement nationalistes, pour l'été (saison des parades de l'Ordre d'Orange et des Apprentice Boys of Derry), riposter en cas d'agression de l'Armée britannique contre les quartiers nationalistes et enfin, préparer une future offensive visant à mettre fin à la présence britannique en Irlande.

Pourtant, les relations entre la PIRA et l'Armée britannique, venue protéger les catholiques des risques de pogroms, ne sont pas mauvaises au début de l'année 1970. Le retour des violences sectaires et policières au cours du printemps, et en particulier l'attitude des forces de l'ordre lors d'une émeute loyaliste à Ballymurphy pendant les commémorations de l'insurrection de Pâques, pousse la population catholique à demander l'aide de l'IRA provisoire pour sa protection. Le 27 juin, elle est ainsi appelée à la rescousse par les catholiques de Short Strand, un quartier de Belfast, pour protéger une église menacée par une émeute loyaliste. Cette première action de l'IRA provisoire, appelée bataille de Saint Matthew du nom de l'église, fait trois victimes, dont le premier Volunteer mort dans le conflit.

Au printemps, David O'Connell est envoyé à New York pour réactiver les réseaux de la diaspora irlandaise. L'Irish Northern Aid Committee (NORAID) est ainsi fondé en avril 1970, officiellement pour soutenir la lutte politique des républicains, mais plus certainement pour financer l'achat d'armes. Au cours de l'année 1970, l'IRA provisoire s'équipe de fusils, fusils d'assaut FN Herstal et carabines M1. À partir du mois d'août, elle lance une campagne de sabotages économiques par des attentats à la bombe. Si elle hésite encore à s'attaquer à l'armée britannique, elle tue deux policiers de la Royal Ulster Constabulary (RUC) le 11 août. Elle étend en outre son action à une activité de police dans la communauté catholique, tant contre la délinquance que contre la collaboration avec les Britanniques. En septembre, Seán MacStíofáin est réélu à la tête de l'organisation, tandis que Tom Maguire, le dernier survivant du premier Dáil Éireann qui lança la guerre d'indépendance irlandaise, apporte son soutien au Sinn Féin provisoire.

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