L'archidiocèse de Vienne (en latin : dioecesis Viennensis, Archidioecesis Viennensis) est un ancien archidiocèse de l'Église catholique en France. La ville de Vienne, actuellement située dans le département de l'Isère, était le siège de l'archevêché.
Fondé aux premiers siècles du christianisme, probablement aux environs de 240/250, le diocèse de Vienne devient très vite important, et son évêque est déjà métropolitain au concile de Valence (374). Les diocèses suffragants de la province ecclésiastique de Vienne sont, au Ve siècle, ceux de Grenoble, Genève, Valence et Tarentaise. En 463, l'évêché de Die est ajouté à la liste. Au siècle suivant, deux autres suivent : Viviers et Maurienne. En 794, la Tarentaise est élevée au rang d'archidiocèse métropolitain et les évêchés de Die et de Viviers sont retirés avant d'être à nouveau réintégrés peu de temps après. En 1077, dans un acte, le pape Grégoire VII confirme l'attachement à la province de Vienne des diocèses de Grenoble, Valence, Die, Viviers, Tarentaise, Genève et Maurienne. Il s'agit toutefois d'une erreur d'écriture puisque la Tarentaise était autonome depuis la fin du VIIIe siècle. Le nombre de diocèses suffragants est désormais fixé à 6 en 1119.
Origines (du IIe siècle au VIe siècle)
L'Église chrétienne de Vienne semble avoir été organisée dès le IIe siècle. La tradition rapporte que Saint Crescens/Crescent, disciple de saint Paul, dont l'existence est douteuse, aurait fondé cette Église de Vienne, sous le règne de Néron. Cette tradition remonte au Catalogue des évêques de Vienne produit par l'évêque Adon de Vienne (799‑875), dans sa Chronique, où il place au cours de cette période les trois premiers évêques — Saint Crescens/Crescent, Zacharie et Martin —.
Le diocèse de Grenoble-Vienne, sur son site Internet, reconnaît comme premier évêque Saint Martin, à la fin du IIIe siècle, toutefois son existence est elle aussi mise en doute.
Au début du IVe siècle, son territoire connaît des variations. Entre 381 et 424, la situation administrative semble se stabiliser, selon l'historien André Chastagnol. Le diocèse méridional de Viennoise porte désormais le nom d'après son nombre de ses provinces, d'où diocèse des Sept Provinces (diocesis Septem provinciarum).
La cité de Vienne, puissante au début du IVe siècle, perd, au profit de Bordeaux, le vicariat du diocèse méridional des Gaules. Elle perd également l'autorité sur les cités de Grenoble (v. 380). et de Genève, entre 375 et 381. Au début du siècle suivant, probablement 407, la cité rivale d'Arles obtient le transfert de la préfecture des Gaules (Histoire d'Arles à l'époque romaine). Gérard Lucas pense que cette perte d'influence pourrait être liée avec l'assassinat dans cette ville de Valentinien II, en 392, tout en privilégiant un contexte plus général.
Une lettre du pape Léon Ier, datée du 6 janvier, probablement de l'année 450, et répertoriée par le Regeste dauphinois, s'adresse « aux évêques des Gaules et de la province Viennoise, leur annonçant qu'Hilaire, évêque d'Arles, ayant fui son jugement, a été dépouillé des privilèges de sa cité et que l'archevêque de Vienne a été réintégré dans la possession de tout ce que le siège apostolique avait accordé à celui d'Arles ». En effet, l'historien André Pelletier indique que « les excès des évêques d'Arles Hilaire et Ravennius » ont conduit le pape à « procéde[r au] partage officiel de la province de Viennoise entre » les Églises d'Arles et de Vienne. Une réponse du pape du 5 mai, probablement de la même année, précise que l'évêque métropolitain de Vienne obtient le Nord de la Viennoise, ayant « pour suffragants Valence, Tarentaise, Genève et Grenoble ; les autres relèveront de l'évêque d'Arles. »
En 463, l'évêque Mamert ordonne l'évêque de Die, Marcel, alors que celui-ci ne relève pas de son autorité.
Au cours de l'épiscopat d'Avit, Vienne obtient une certaine influence dans le royaume burgonde, auprès de ses rois, ainsi qu'en Gaule. L'historienne Luce Pietri (2009) souligne « Avit se trouve, dans l'Église du royaume burgonde, bénéficier de la position d'une sorte de primat ». En novembre, probablement de l'année 513, il reçoit la confirmation de Rome, par un rescrit papal, de l'autorité de Vienne sur les Églises de Valence, Tarentaise, Genève et Grenoble.
Vers 552, une portion du territoire, située au Nord-Est, sert à la constitution du diocèse de Belley, et est placé sous l'autorité de l'archidiocèse de Besançon.
Un diocèse relevant de l'Empire
Lors du synode de Francfort, en 794, l'archevêque Ursus défend les prérogatives de son Église contre les prétentions de la métropole d'Arles. Lors de ce même concile, il s'est opposé aux libertés prises par l'évêque de Tarentaise de sacrer ceux de Maurienne, d'Aoste et de Sion, depuis ce dernier tiers du VIIIe siècle. Le synode ne se prononce pas, laissant le pape intervenir. Le pape Léon III semble avoir porté son choix sur l'érection du diocèse de Tarentaise en archidiocèse, mentionnée dans le testament de Charlemagne comme la « dix-septième des vingt et une métropoles légataires », « mais toujours sous l'autorité de Vienne ». L'archevêque de Tarentaise devient pleinement indépendant en 1171.
Dans le testament de Charlemagne (811), Vienne apparait comme l'une des vingt et une métropoles de l'Empire.
Le 14 septembre 1023, l'Église de Vienne et son représentant, l'archevêque Burchard, sont investis par le roi de Bourgogne, Rodolphe III, qui possèdent des liens de parenté avec l'archevêque, « avec l'assentiment joyeux (Iaetante) de son épouse la reine Irmengarde » du « comté de Vienne, et toutes ses dépendances au dedans et au dehors de la ville avec le château qui la domine, nommé Pipet (Pupet) et les redevances ».
L'archevêque Gui de Bourgogne devient pape sous le nom Calixte II en 1119. C'est à partir de cette date que le territoire trouve définitivement son nombre de sièges suffragants fixes : Grenoble, Valence, Die, Viviers, Genève et Maurienne.
L'archevêque face aux princes dauphinois et savoyards
L'entrée dans le gallicanisme royal