L'archidiocèse de Sens-Auxerre (en latin : archidioecesis Senonensis-Antissiodorensis) est une église particulière de l'Église catholique en France. Son siège est la cathédrale Saint-Étienne de Sens. Le siège est occupé depuis le 6 août 2024 par Pascal Wintzer.
Érigé dès le Ier siècle, le diocèse de Sens est élevé au rang d'archidiocèse métropolitain au IIIe siècle. Supprimé en 1801, il est rétabli dès 1822 pour le département de l'Yonne. Depuis 1823, les archevêques de Sens joignent à leur titre celui d'évêque d'Auxerre et le nom complet de l'archidiocèse est archidiocèse de Sens (-Auxerre).
Depuis 1954, l'abbaye de Pontigny est le siège de la prélature territoriale de la Mission de France. Bien que la Mission de France soit une Église particulière distincte de l'archidiocèse de Sens, le titre de prélat de Pontigny est porté par l'archevêque. Depuis 2002, l'archidiocèse n'est plus métropolitain mais suffragant de celui de Dijon.
Depuis 1822, l'archidiocèse de Sens couvre le département de l'Yonne à l'exception, depuis 1954, de la paroisse de l'abbatiale de Pontigny qui est le siège de la prélature territoriale de la Mission de France.
Selon la légende, le diocèse de Sens a été fondé dès le Ier siècle et été érigé en archidiocèse au IIIe siècle. En effet, la fondation des premières paroisses et des premiers évêchés n'est connue le plus souvent que par des traditions locales tardives et légendaires qui visent à prouver l'antériorité d'un siège par rapport à un autre, voire à faire remonter la conversion aux temps apostoliques
Selon la tradition, rapportée par le Martyrologe romain, la cité gallo-romaine des Sénons est évangélisée au IIIe siècle par deux chrétiens : Savinien et Potentien. Selon la liste épiscopale, Savinien devint le premier évêque de Sens, vers 240. Mais, un 31 décembre, il meurt décapité d'un coup de hache dans la crypte d'un oratoire qu'il avait fait construire à la sortie de Sens. Selon la liste épiscopale, Potentien lui succède, mais est décapité le 31 décembre de l'année suivante.
Le premier évêque de Sens dont l'existence est attestée est Séverin qui figure sur la liste authentique des souscripteurs du pseudo-concile de Cologne de 346.
Le territoire du diocèse de Sens, de grande étendue, correspond à celui de la cité gallo-romaine des Sénons, réduit à la suite de l'érection de la cité d'Auxerre par Postume ou Dioclétien. Il couvre deux pagi : le Sénonais proprement dit, autour de Sens, et le Gâtinais, autour de Château-Landon. Une fois stabilité[Quoi ?], il couvre : le Melunais, autour de Melun ; une partie de la Brie, autour de Provins ; et une partie de la Beauce, autour d'Étampes.
L'archevêque de Sens portait le titre de vicomte de Sens depuis son achat de plusieurs lots par Pierre de Charny en 1274, ainsi que les titres de baron de Brienon, de Nailly, de Saint-Julien-du-Sault et de Villeneuve-l'Archevêque et de seigneur d'Étigny et de Cuy (cette dernière étant appelée Noslon, nom du château seigneurial), titres portés depuis le Xe siècle et même au-delà.
Au concile de Rome de 769, l'évêque de Sens, Villicaire, est qualifié d'archevêque des Gaules (archiepiscopus Galliarum).
L'archevêque de Sens se disait « primat des Gaules et de Germanie »: en effet, le 8 janvier 876, le pape Jean VIII établissait l'archevêque de Sens Anségise (871-883) comme son « vicaire apostolique » en Gaule et en Germanie. Cette délégation apostolique, extraordinaire et personnelle, fut confiée par le pape Jean XV à son successeur Séguin ou Sévin (977-999), qui prit à l'occasion du concile de Saint-Basle de Verzy (991) le titre de « primat des Gaules ». De là à parler de primatie pour le diocèse de Sens, il n'y avait qu'un pas à franchir, mais il faut attendre l'archevêque Jean de Nanton (1422-1432) pour voir apparaître le titre de « primat des Gaules et de Germanie » (concile de Paris, 1429), jamais confirmé par Rome, qui considérait au contraire que la province de Sens était soumise à Lyon, « primat des Gaules » depuis 1079. Lyon revendiqua, de ce jour, une autorité primatiale sur Sens, Rouen et Tours. L'indépendance de Sens fut néanmoins fermement défendue par le roi Louis VI le Gros qui refusait que son royaume dépende d'un primat vivant en terre d'Empire.
De septembre 1163 à avril 1165, le pape Alexandre III s'installe à Sens.
Jusqu'en 1622, l'archevêché de Sens comptait sept diocèses suffragants : Auxerre, Chartres, Meaux, Nevers, Orléans, Paris et Troyes. Les sept initiales formaient le mot de CAMPONT, devise du chapitre de Sens.
Par la bulle Universi orbis du 20 octobre 1622, le pape Grégoire XV élève le diocèse de Paris au rang d'archidiocèse métropolitain avec, pour suffragants, les trois diocèses de Chartres, Orléans et Meaux. Pour indemniser l'archevêque, par une bulle de septembre 1668, le pape Clément IX unit à la mense archiépiscopale l'abbaye du Mont-Saint-Martin, à Gouy, alors dans le diocèse de Cambrai.
Lors de la création des départements, en 1790, vingt-trois paroisses de l'archidiocèse de Sens sont rattachées au département de l'Aube : dix paroisses du doyenné de Saint-Florentin, cinq autres du doyenné de la Rivière de la Vanne et sept autres de doyenné de Traînel.
La constitution civile du clergé, décrétée par l'Assemblée nationale constituante le 12 juillet 1790, maintient Sens comme siège épiscopal du diocèse du département de l'Yonne. Bien que sanctionnée par Louis XVI, la constitution civile du clergé n'est pas reconnue par le Saint-Siège. S'ensuit la fin du culte dans la France révolutionnaire, provoquant une période de persécution et la Terreur.
À la suite du concordat de 1801, qui rétablit le culte catholique en France, par la bulle Qui Christi Domini du 29 novembre 1801, le pape Pie VII supprime l'archidiocèse de Sens. Son territoire est incorporé à celui de diocèse de Troyes, qui est maintenu pour les départements de l'Aube et de l'Yonne, et le titre d'archevêque de Sens joint à celui d'archevêque de Paris.
L'archevêque avait pour armoiries : « D'azur, à la croix d'argent cantonnée de quatre crosses d'or ».