Aram Ilitch Khatchatourian (arménien : Արամ Խաչատրյան russe : Арам Ильич Хачатурян) est un compositeur soviétique arménien, né le 24 mai 1903 (6 juin dans le calendrier grégorien) à Tiflis (gouvernement de Tiflis dans l'Empire russe, actuelle Géorgie) et mort le 1er mai 1978 à Moscou (URSS).
Khatchatourian s'est peu à peu imposé comme l'un des compositeurs « officiels » de l'Union soviétique. Il a été professeur au conservatoire de Moscou et député au Soviet suprême. Son tempérament généreux et ses talents d'orchestrateur se retrouvent dans des œuvres célèbres comme le ballet Gayaneh — et sa fameuse Danse du sabre — et Spartacus.
Le père d’Aram Khatchatourian, Eguia, avait quitté son pays d’origine l’Arménie, dans les années 1870. Il s'installe à Tiflis (actuelle ville de Tbilissi, en Géorgie) pour y travailler et bâtir son atelier de reliure. C’est dans cette ville que sont nés ses cinq enfants. Aram était le cadet. L’aîné mourut jeune. Khatchatourian grandit avec les airs de musique que sa mère lui fredonnait et que certains musiciens de la rue lui inspiraient.
Études et premières compositions
La découverte de la musique lui vient du pensionnat où il vit de 1912 à 1921, et où il prend des cours de piano pendant deux ans. Il décide ensuite de se lancer dans des études de commerce, mais continue à apprendre le piano de façon autonome. Quand il se rend pour la première fois à l’opéra, à onze ans, il tombe amoureux de la musique, bien qu’il ne pense pas entreprendre d’études en profondeur dans ce domaine.
Son frère Souren, une fois marié, part pour Moscou. Il propose alors à Aram et leur frère Levon de faire de même. À Moscou, Aram rejoint l’université ainsi que l’Académie russe de musique Gnessine, une école de marque et de très bonne réputation. Entre-temps, il entreprend des cours de violoncelle. En 1922, il donne son premier concert. Il se lance ensuite dans l’étude de la biologie et il débute des cours de composition. Outre le piano, il travaille le violoncelle ; par la suite, il étudiera la plupart des autres instruments de l'orchestre, afin d'en utiliser les plus belles ressources musicales.
C'est durant ses études qu'il rencontre la « femme de sa vie », Nina Makarova. Aram entre ensuite au Conservatoire de Moscou où il est l’élève de Nikolaï Miaskovski et de Reinhold Glière, deux compositeurs populaires de l’époque.
En 1933, Khatchatourian épouse Nina Makarova, compositrice et élève de Nikolaï Miaskovski, avec qui il aura deux enfants. Celle-ci meurt deux ans avant Aram, en 1976.
Khatchatourian meurt à Moscou le 1er mai 1978, peu avant son 75e anniversaire. Il est enterré au Panthéon Komitas d'Erevan, ainsi que d'autres Arméniens distingués pour avoir rendu l'art arménien accessible à tout le monde.
Son neveu Karen Khatchatourian (1920-2011) fut aussi un compositeur.
Khatchatourian avait déjà composé en 1932 un Trio pour clarinette, violon et piano remarqué par Prokofiev, qui le fit interpréter à Paris. En 1933, il compose une Suite pour la danse. Il s’inspire de toutes sortes de danses arméniennes, géorgiennes et ouzbeks. De façon générale, son œuvre est marquée par un goût marqué pour le folklore. À la même époque, il écrit une première symphonie, pour obtenir son diplôme du conservatoire, et aussi pour faire honneur à son pays, à l'occasion du quinzième anniversaire de ce dernier. Cette pièce composée en 1935 a comme double inspiration la musique occidentale et le folklore arménien. Il compose aussi, la même année, la musique du film Pépo, première composition d'une longue carrière de compositeur de musique de scène, avec plus de quarante œuvres pour le cinéma et le théâtre. Doté d’une oreille mélodique certaine, Khatchatourian est surtout doué pour le ballet, la musique de film ou de scène. Il fait la plupart du temps appel à un orchestre au son mélodieux, sensuel, postromantique voire lyrique.
Khatchatourian a été le premier compositeur en Union soviétique à intégrer la musique moderne dans le ballet classique. Il croyait que le public devait ressentir la même chose que les artistes qui essayaient de s'exprimer. Le Concerto pour violon et orchestre, composé en 1940 et récompensé par le Prix Staline en 1941, lui vaut la notoriété internationale et marque sa carrière. Il devient alors un des compositeurs les plus célèbres d'Union soviétique. Il compose également l'hymne de la république socialiste soviétique d'Arménie, adopté en 1944.
En 1948, au même titre que Prokofiev, Chostakovitch, et Miaskovsky, son professeur au Conservatoire, il est pointé du doigt pour ses tendances « formalistes ». Dès lors, sa production d'œuvres va peu à peu diminuer, bien qu'il écrive notamment en 1954 le célèbre ballet Spartacus que le chorégraphe Iouri Grigorovitch hissera dès les années 1960 à la notoriété mondiale.
En 1961, Khatchatourian recommence à écrire de la musique orchestrale et compose une sonate pour piano. Les années suivantes, il poursuit avec trois concertos-rhapsodies ; celui pour violoncelle (1963), très virtuose, est dédié à Mstislav Rostropovitch. Dans les dernières années de sa vie, Khatchatourian compose encore trois sonates pour violoncelle, violon et alto, peu jouées.
Symphonie no 1 en mi mineur (1934)
Symphonie no 2 en mi mineur "Le Tocsin" (1943)
Symphonie no 3 en ut majeur "Symphonie-Poème" (pour grand orchestre, orgue et 15 trompettes) (1947)
Œuvres pour soliste et orchestre