Ce Jour-là

Apparitions mariales de San Nicolás

Apparitions mariales en Argentine de 1983 à 1990, reconnues par l'Église

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Les apparitions mariales de San Nicolás désignent les événements survenus de 1983 à 1990 dans la ville de San Nicolás de los Arroyos en Argentine, où une femme de 46 ans, mère au foyer, Gladys Herminia Quiroga de la Motta dit avoir été témoin d'apparitions de la Vierge Marie. La Vierge, sous l'aspect de Notre-Dame du Rosaire portant l'Enfant-Jésus, lui est apparue à de nombreuses reprises et lui a délivré environ 1 800 messages.

Rapidement informé, l'évêque du lieu, Dominique Salvador Castagna (es), ouvre une première enquête canonique qui étudie les faits et « les messages » transmis par la voyante, mais il ne prend pas de décision à l'issue. Il met cependant en place un accompagnement pastoral des fidèles (qui commencent à se rassembler autour de la voyante) pour accompagner le mouvement de dévotion. Au tout début de 1986, des fidèles organisent un premier pèlerinage mensuel qui par la suite rassemble des dizaines de milliers de pèlerins. L'évêque y prend part dès la première année. Dans les années suivantes, l’Église catholique va donner des marques de reconnaissance implicite des apparitions, comme la construction d'un sanctuaire et le couronnement canonique de la statue, avant de les reconnaître officiellement le 22 mai 2016.

Gladys Herminia Quiroga de la Motta est née le 1er juillet 1937. Elle a interrompu sa scolarité à l'âge de 11 ans. Elle est mariée à un ouvrier métallurgiste et est mère de deux filles. Le couple habite à San Nicolás de los Arroyos, à 260 km de la capitale Buenos Aires. Gladys a une instruction élémentaire, et elle sait tout juste lire et écrire.

La paroisse « Notre-Dame du Rosaire » est construite au XVIIIe siècle. En 1884, une femme apporte de Rome une grande statue de Notre-Dame du Rosaire, qu'elle a fait bénir par le pape Léon XIII. Cette statue est l'objet de la vénération des fidèles. En 1947, l'église devient la cathédrale du nouvel évêché. À une date indéterminée, la dévotion à la Vierge du Rosaire tombe en désuétude, la statue est abandonnée et entreposée dans le clocher de l'église. Elle tombe dans l'oubli.

Le récit et le contenu des apparitions est connu par le récit de la voyante et l'enquête canonique réalisée par les autorités de l’Église pour authentifier l'événement.

Le 24 septembre 1983, Gladys voit son chapelet « s'illuminer » à son domicile. Le lendemain, le 25 septembre, alors qu'elle récite son chapelet, Gladys « voit la Vierge » vêtue d'une robe bleue, portant l'Enfant-Jésus dans ses bras, tous deux entourés d'une lumière extraordinaire. Aucune parole n'est échangée, mais l'apparition lui tend un chapelet.

Le 28 septembre Gladys dit être témoin d'une nouvelle apparition de la Vierge. L'apparition reste à nouveau silencieuse.

La voyante rapporte que le 7 octobre 1983, la Vierge lui montre un sanctuaire. Avec cette vision, Gladys dit comprendre « que la Mère de Dieu désire habiter ici, parmi les hommes ». Le 13 du mois d'octobre la Vierge lui apparait à nouveau, et pour la première fois, Gladys entend une parole : « Tu as été fidèle. Ne crains pas, viens me trouver, et avec moi, la main dans la main, tu feras un long chemin ». Quelques semaines plus tard, Gladys et des voisines voient le grand chapelet suspendu au-dessus de son lit s’illuminer subitement. Les personnes présentes décident alors de prier collectivement le chapelet chaque jour.

À partir du 19 octobre, la voyante dit recevoir chaque jour des messages de la Vierge Marie et des indications sur des passages de la bible à méditer. Ce jour-là, le « message de la Vierge » évoque le texte biblique de Ézéchiel 2,4-10. Au cours de tout le cycle des apparitions, jusqu'à leur fin le 11 février 1990, la voyante rapporte 1 800 messages et citations bibliques que lui aurait rapportés la Vierge.

Les apparitions se succèdent à un rythme soutenu, parfois une par jour. La voyante rapporte qu'elle a pu toucher Marie et sentir la chaleur de son corps. Certains jours les témoins rapportent des parfums inexpliqués durant l'apparition. La voyante indique pour sa part qu'elle a identifié un « intense parfum de roses ».

Le 15 novembre la voyante rapporte la parole de la Vierge : « Je suis la Patronne de cette région. Faites valoir mes droits ». Elle invite Gladys à contacter son évêque diocésain pour lui rapporter ses paroles. La voyante demande à l'apparition : « Voulez-vous une chapelle ou un sanctuaire ? ». « Les écritures le disent » répond la Vierge en citant Ézéchiel 25,8 « Ils me feront un sanctuaire et j'habiterai au milieu d'eux ». Et la Vierge de rajouter : « Je ne demande pas la splendeur. Je demande une maison spacieuse ».

Le soir du 24 novembre 1983, Gladys accompagnée de sa fille et de quelques amis se rend sur le lieu où la Vierge aurait demandé l'érection du sanctuaire. Il fait déjà nuit. Le site est dégagé. D'après les témoins, « un rayon de lumière est brusquement "tombé" sur le lieu désigné par l'apparition ». Ce signe se renouvelle plusieurs fois, jusqu'à la pose de la première pierre en 1986. Après la construction du sanctuaire, des témoins rapportent que « plus d'une fois, une clarté insolite tombe du soleil pour envelopper d'une nuée lumineuse le chœur de l’église ».

Le 27 novembre, Gladys retrouve une statue de Notre-Dame du Rosaire, dans la cathédrale de San Nicolas, abandonnée et mise de côté dans le clocher de l'édifice. Cette statue, bénie par le pape Léon XIII en 1884, avait à l'époque été installée dans cette église est alors en mauvais état, mais d'après la voyante, « elle ressemble trait pour trait à l'apparition ». La voyante entend alors une voix qui lui dit « On m'a oubliée [..] Je veux être sur les bords du Paraná ».

À la suite de l'apparition du 8 novembre 1984 la voyante raconte : « Aujourd'hui comme jamais auparavant, je sens que je dois dire comment je vois la Bienheureuse Vierge Marie. Ce n'est pas une beauté facile à décrire : elle est belle, et en Elle cette beauté va de pair avec l'humilité, la force, la pureté et l'Amour, comme ceci : avec une majuscule, car tout l'amour du monde ne couvre pas l'amour qu'elle éprouve pour ses enfants. Quand elle commande, je sens la force qu'elle a en elle. Quand elle donne des conseils, je ressens son amour maternel. Et quand elle dit qu'elle souffre pour ses enfants loin du Seigneur, elle me transmet sa tristesse ».

Le 2 décembre 1984, Gladys dit recevoir une demande de la Vierge de faire frapper une médaille à son image avec, sur la face avant, le titre Notre-Dame du Rosaire de San Nicolás, et sur la face arrière, la Sainte Trinité avec 7 étoiles. Plus tard, Marie expliquera à Gladys, selon elle, que les 7 étoiles représentent « les sept grâces que mon Fils Jesus accordera à ceux qui la portent sur le torse ».

Le 13 mai 1989, toujours à l'occasion de l'anniversaire des apparitions de Fátima, la Vierge dit à Gladys : « Aujourd'hui comme alors, à Fátima, je suis de nouveau ici pour visiter la terre, même si [ces visites] sont plus fréquentes et prolongées, car l'humanité vit des moments très dramatiques ».

Les apparitions prennent fin le 11 février 1990 le jour de la fête de Notre-Dame de Lourdes. Ce jour-là, la voyante rapporte les paroles suivantes : « Mes chers enfants, je vous propose de suivre mes indications pas à pas : priez, réparez, ayez confiance. Bénis soient ceux qui cherchent dans la prière un refuge pour leurs âmes. Bénis soient ceux qui réparent les offenses graves que reçoit mon Fils. Bénis soient ceux qui ont confiance en l'amour de cette Mère. Tous ceux qui auront confiance en Dieu et en Marie seront sauvés. Gloire à Dieu. Prêche-le ».

Du 15 novembre 1983 au 30 décembre 1989 Gladys dit voir le Christ à 78 reprises, et recevoir de lui des messages. Parmi les paroles « du Christ » rapportées par la voyante, nous pouvons citer :

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