Ce Jour-là

Apparitions mariales de Fátima

Apparitions de la Vierge Marie à Fátima en 1917 reconnues par l'Église catholique

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Les apparitions mariales de Fátima ou les apparitions de Notre-Dame de Fátima désignent les apparitions ou visions de la Vierge Marie à Fátima, petit village du centre du Portugal, à six reprises au cours de l'année 1917, à trois enfants bergers : Lucie dos Santos et ses cousins François et Jacinthe Marto. Ces apparitions, dont les messages prophétiques portent sur la prière et les fins dernières, ont d'abord été l'objet de méfiance, aussi bien de la part des autorités civiles que des autorités religieuses. Le miracle du soleil, qui clôt le cycle des apparitions, sera l'objet d'une vive émotion parmi la foule de 70 000 personnes rassemblées, et sera l'objet de nombreuses polémiques et publications.

Avant même la reconnaissance officielle de ces apparitions par l'Église catholique romaine en 1930, de nombreuses personnes se rendent sur le lieu des apparitions pour y prier. Après cette date, le succès populaire du pèlerinage à Fátima, transforme ce lieu d'apparitions en un grand centre de pèlerinage chrétien (national et international).

À la suite de ces apparitions, l'une des voyantes, Lucie dos Santos, demande au pape de « consacrer la Russie au Cœur immaculé de Marie ». Si le pape Pie XI ignore la demande, le pape Pie XII y répond en 1942. Le pape Jean-Paul II renouvellera cette consécration en 1984, en communion avec tous les évêques du monde, selon la demande de la Vierge Marie.

Le Portugal est un pays très anciennement catholique et qui a été reconquis de haute lutte sur les musulmans entre les Xe et XIIIe siècles. L'évangélisation a été très profonde, la mentalité catholique est fortement ancrée et est encore, au début du XXe siècle, une part intrinsèque de la vie au Portugal. Malgré cela, en 1908, le roi de Portugal Charles Ier est assassiné avec son fils aîné par deux carbonari. En 1910 une révolution renverse la monarchie portugaise et met en place un gouvernement républicain radical « violemment anticlérical ». Le parti radical déclare parvenir, par les mesures anti-religieuses qu'il a prises (laïcisation de l'université, interdiction de l'enseignement religieux, saisie des églises...) à « éradiquer le catholicisme du pays en deux générations ». À titre d'exemple, Sebastião de Magalhães Lima, grand maître du Grand Orient lusitanien, avait déclaré que « dans deux ans, il n'y aurait plus de vocations à la prêtrise » dans le pays, et le ministre de la Justice, Afonso Costa avait déclaré au Parlement qu'avec « la nouvelle idéologie introduite dans les écoles, la religion catholique aurait disparu d'ici deux générations ».

Deux tentatives de coup d'État ont lieu entre 1910 et 1917, avec pour objectif de restaurer la monarchie, accentuant les tensions entre les partis radicaux de gauche et les partis de droite (mais aussi l’Église catholique). En 1917, il y a dans le pays, « un sentiment d'insécurité générale » doublé d'un effondrement de l'économie.

Le 24 mai 1911, par son encyclique Jamdudum in Lusitania, le pape Pie X rejette vigoureusement les lois de laïcisation mises en place par le nouveau gouvernement. La nouvelle constitution, votée en 1911, s'inspire largement des constitutions française et brésilienne : le Portugal est officiellement un pays laïc et anticlérical.

Depuis août 1914, l'Europe est en guerre : le conflit meurtrier a déjà causé la mort de deux millions de soldats. Engagé dans la guerre aux côtés des alliés à partir de mai 1916, le Portugal a environ cinquante mille soldats positionnés en France.

La vie difficile dans la campagne portugaise

Fátima, située à 130 km au nord de Lisbonne, est, en 1917, une paroisse rurale de deux cents habitants dispersée dans une quarantaine de hameaux. Les habitants sont des paysans qui travaillent constamment un sol ingrat. Tout le monde est mis à contribution pour le labeur quotidien. Les enfants sont généralement chargés de la garde des troupeaux. Cette pauvreté est doublée d'un profond analphabétisme, puisque seulement 10 % des femmes savent écrire. Dans le hameau d'Aljustrel qui compte 25 maisons, habitent les familles Dos Santos et Marto.

Lúcia de Jesus dos Santos est née le 22 mars 1907 à Fátima, elle a donc 10 ans. Son cousin Francisco Marto, né le 11 juin 1908, a 9 ans. Et Jacinta, sœur de François, née le 11 mars 1910, en a seulement 7. Pour aider leurs parents, ils participent à l'activité familiale en gardant les troupeaux de moutons dans les alentours du hameau, et en particulier au lieu-dit Cova da Iria.

Au cours de l'année 1915, Lucie et deux de ses amies affirment voir à Aljustrel, sur la colline du Cabeço, « une figure semblable à une statue de neige, que les rayons du soleil rendaient un peu transparente », « ayant forme humaine ». Quand, de retour au village, elles racontent leur aventure, leur entourage se moque d'elles.

Au printemps 1916, Lucie, François et Jacinthe auraient revu le même personnage qui leur aurait dit : « Ne craignez rien ! Je suis l'Ange de la Paix. Priez avec moi ! ». S'agenouillant, l'ange baisse la tête et leur enseigne une prière :

« Mon Dieu, je crois, j'adore, j'espère et je Vous aime. Je Vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n'adorent pas, qui n'espèrent pas, qui ne Vous aiment pas. »

Il aurait fait trois fois cette prière, puis aurait dit en levant la tête : « Priez ainsi. Les cœurs de Jésus et de Marie sont attentifs à la voix de vos supplications ».

L'ange leur serait apparu une nouvelle fois à l'été 1916, se présentant comme « l'Ange du Portugal » puis une dernière fois au début de l'automne où il leur enseigne une seconde prière. Cette dernière apparition aurait été accompagnée d'une théophanie eucharistique et d'une communion miraculeuse. L'ange aurait donné la communion aux enfants après avoir récité la prière « en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences » qui offensent Jésus-Christ.

Première apparition : 13 mai 1917

Le 13 mai 1917, vers midi, « une dame toute vêtue de blanc » serait apparue aux trois petits bergers dans un petit chêne vert et, s'adressant à Lucie, elle leur aurait demandé de venir le mois suivant, à cette même heure. Elle aurait ensuite ajouté : « Récitez le chapelet tous les jours pour obtenir la paix dans le monde et la fin de la guerre ». Seule Lucie dialogue avec « la dame », Jacinthe voit et entend leurs paroles, mais François voit sans rien entendre.

Lorsqu'elle est informée des événements rapportés par les enfants, la hiérarchie catholique (les évêques du pays et bon nombre de prêtres), voient d'un œil très négatif les apparitions de Fátima : ils ne croient pas à la véracité des témoignages et considèrent qu'il s'agit d'une supercherie. Une bonne partie du clergé (les prêtres) est relativement critique elle aussi. Trois ans plus tard, le clergé catholique sera toujours très méfiant sur ces « prétendues apparitions ».

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