Ce Jour-là

Apparitions mariales de Beauraing

Apparition mariale à Beauraing en 1932-33 à 5 enfants. Reconnue par l'Eglise catholique

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Les apparitions mariales de Beauraing désignent les apparitions de la Vierge Marie, qui seraient survenues du 29 novembre 1932 au 3 janvier 1933, à cinq enfants du village de Beauraing, dans la province de Namur en Belgique : Fernande, Gilberte et Albert Voisin, ainsi qu'Andrée et Gilberte Degeimbre. Les événements se sont déroulés dans le jardin du pensionnat Notre-Dame du Sacré-Cœur tenu par les sœurs de la doctrine chrétienne de Nancy.

Durant un peu plus d'un mois, les enfants déclarent voir, le soir, à trente-trois reprises, la Vierge Marie. Très vite la foule afflue, et des dizaines de personnes se rassemblent avec les enfants à l'heure des présumées apparitions. La présence de la presse, qui publie des rapports quotidiens, renforce l'attractivité de l’événement et l'on estimera à trente mille personnes le nombre des présents lors de la dernière apparition le 3 janvier 1933. Parmi les curieux, de nombreux médecins - plusieurs dizaines - qui mènent leur propre enquête, de leur propre autorité, avant même la fin des événements.

Si « la dame » se déclare être l'Immaculée-Conception, la Mère de Dieu et la Reine du Ciel lors de différentes apparitions, l'Église catholique et ses responsables demeurent très prudents et discrets jusqu'à la fin des événements. Ce n'est que plusieurs mois plus tard que l'évêque du lieu ouvre une enquête canonique qui se solde par un « non constat de supernaturalitate ». D'autres enquêtes sont ouvertes (pour compléter le dossier), et finalement en 1949, André-Marie Charue, évêque de Namur, reconnait officiellement les apparitions.

Ces apparitions ont suscité une grande polémique tant dans la société civile que dans le milieu catholique (entre les tenants de « vraies » apparitions, et ceux déclarant qu'il s'agit de « fausses » apparitions). Une importante série d'apparitions (qualifiées de « fausses apparitions » car non reconnues et parfois même condamnées par les autorités de l'Église catholique) se sont également produites en divers lieux de Belgique après la fin de celles de Beauraing.

Beauraing est un bourg de Famenne, non loin de la frontière française. Le lieu des apparitions est la cour d'entrée du pensionnat tenu par des Sœurs de la doctrine chrétienne. Une reproduction de la grotte de Lourdes est présente dans la cour, à une dizaine de mètres du lieu de l'apparition. La route située de l'autre côté de la clôture est « passablement fréquentée », et le site est surplombé par un viaduc ferroviaire où passent régulièrement des trains de marchandises bruyants. Contrairement à de précédentes apparitions (comme Lourdes ou Fátima), le site n'est ni isolé, ni calme.

Le récit des événements est bien connu, car il va être très vite couvert par la presse qui vient en grand nombre assister aux « apparitions », et qui va en donner le récit détaillé au jour le jour. De plus, nous disposons de nombreux témoignages et études réalisées par des médecins et théologiens qui vont s'emparer du phénomène et fournir une importante littérature. Des livres sont même publiés avant la fin des apparitions. La presse elle-même fournit très vite un récit détaillé des événements, non seulement au niveau local, mais également national avec « un lot d'informations plus ou moins exactes, sinon tendancieuses ». Si bien que même le nonce de Belgique, Clemente Micara, fera un rappel à l'ordre aux journalistes durant ses vœux à la presse, les rappelant à leur « devoir de prudence et d'objectivité ».

Enfin, Bouflet et Boutry indiquent que « de l'avis unanime, l’atmosphère de ferveur qui règne sur le lieu d'apparition » fidélise les foules, qui se retrouvent chaque jour plus nombreuses.

Le 29 novembre 1932, vers 18 heures, Fernande Voisin, 15 ans, et son frère Albert, 11 ans, vont chercher leur sœur Gilberte (13 ans), demi-pensionnaire au pensionnat tenu par les Sœurs de la Doctrine Chrétienne de Nancy, accompagnés de leur amie Andrée Degeimbre, 14 ans, et de sa petite sœur Gilberte, 9 ans.

Alors qu’il vient de sonner à la porte du pensionnat, Albert se retourne, regarde dans la direction du talus du chemin de fer tout proche et s'exclame : « Regardez la Vierge qui se promène au-dessus du pont ! ». Il voit une femme habillée de blanc, « toute lumière », qui marche à un mètre au-dessus du pont. Lorsque les filles se retournent à leur tour, elles peuvent aussi apercevoir la « belle dame », tout comme Gilberte qui arrive peu après de l’intérieur du pensionnat. Leur première réaction est l’affolement. Apeurés, ils retournent chez eux en courant, mais décident quand même de revenir chercher Gilberte à la même heure le lendemain vers 18 heures 30.

Le 30 novembre, la « belle dame » leur apparaît de nouveau au-dessus du pont. Le 1er décembre l'apparition est vue une première fois au-dessus du pont, puis elle leur apparaît une deuxième fois près d’un houx du jardin. Elle disparaît de nouveau et se montre une troisième fois sous une branche d’aubépine, près de la grille d’entrée du jardin, là où auront lieu les trente apparitions suivantes. Ce soir-là, les enfants sont accompagnés par leurs parents et des proches. Au moment de l'apparition, les enfants tombent à genoux et regardent dans la direction de l’aubépine. Afin que la « comédie » cesse, la supérieure Mère Théophile prend la décision de fermer les grilles du jardin et de lâcher les deux chiens. Le 2 décembre, les enfants reviennent mais, ne pouvant plus entrer dans le jardin, restent sur le trottoir dans la rue. La Vierge leur apparaît et se tourne vers eux de l’autre côté de la grille. Au moment où elle apparaît, les chiens qui avaient été lâchés s’arrêtent d’aboyer et se couchent au sol. Le jeune Albert s'aventure à interroger l'apparition et lui demande « Êtes-vous la Vierge immaculée? », les enfants indiquent qu'elle répond oui en hochant de la tête, mais reste silencieuse. Puis il demande, pour tous les enfants : « Que voulez-vous ? ». La Vierge parle pour la première fois et leur répond : « D’être bien sages ». Puis, lors d’une deuxième apparition ce soir-là, elle demande au seul Albert : « Est-ce vrai que vous serez toujours sages ? ». Lors des premiers interrogatoires, l'apparition est décrite comme étant debout sur un petit nuage qui lui cache les pieds. Elle est vêtue d’une longue robe blanche traversée par trois fins reflets bleus ; ceux-ci partent de son épaule gauche et disparaissent au bas de la robe, sur la droite. Sa tête, d'où sortent de fins rayons de lumière formant comme une couronne, est recouverte d’un long voile blanc qui tombe sur les épaules. Elle tient les mains jointes et sourit, mais ne tient pas de chapelet.

Poursuite des apparitions, arrivée des foules

Jusqu'au 3 janvier 1933, date de la dernière apparition, les apparitions vont être quasi quotidiennes. Le 8 décembre, les enfants tombent en extase durant un peu plus d’un quart d’heure et expliquent qu'elle « était plus belle que jamais ». Des médecins pratiquent des tests sur les enfants durant l’apparition mais ils y restent insensibles et n'en gardent aucune trace. L’évêque de Namur, mis au courant des apparitions pour la première fois par le doyen du lieu, invite à la prudence et interdit au clergé d’y assister. Le 17 décembre, les enfants indiquent que la Vierge demande « une chapelle ». Le 21 décembre, à la question « Dites-nous qui vous êtes » l'apparition déclare « Je suis la Vierge immaculée ». Le 23 décembre, les enfants demandent : « Pourquoi venez-vous ici ? » et la Vierge répond : « Pour qu’on vienne ici en pèlerinage ! ». Le 29 décembre, les enfants aperçoivent entre les bras de l'apparition son cœur illuminé, tel un cœur d’or nimbé de grands rayons, et cette vision se reproduira encore. Cette vision donnera aussi une dénomination à la Vierge « la Vierge au cœur d'or ». Le 30 décembre, elle demande : « Priez, priez beaucoup. ». Le 1er janvier, elle dit : « Priez toujours. ». Le 2 janvier, la Vierge dit aux enfants qu’elle livrera un secret à chacun d’entre eux le lendemain. Ainsi, l'ensemble des messages de la Vierge transmis par les voyants tient en peu de mots ou consignes.

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