Ce Jour-là

Apparition mariale de Notre-Dame de l'Osier

Apparition mariale en 1657

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L'apparition mariale de Notre-Dame de l'Osier est une apparition mariale qui se serait produite le 19 septembre 1657 dans le village de Notre-Dame-de-l'Osier, en France, à Pierre Port-Combet. Cet événement, rapporté par une déclaration de son épouse 29 ans après les faits n'a pas fait l'objet d'une étude canonique de l’Église catholique. Le sanctuaire Notre-Dame de l'Osier intègre néanmoins une chapelle dédiée à cette apparition, et fait largement part au récit de l'apparition mariale.

Cette apparition a été précédée par le « miracle de l'Osier » le 25 mars 1649, qui a fait l'objet d'une enquête et d'un procès civil, ainsi que d'une enquête canonique de la part de l’Église romaine. Celle-ci a reconnu cet événement comme un « miracle ». La particularité de ces récits (apparition et miracle de l'Osier) est que le voyant est un protestant convaincu, ce qui est un cas très rare d'apparition mariale à un « non-catholique ». Le voyant se convertira au catholicisme plusieurs mois après l'apparition mariale, et sur son lit de mort (sept jours avant sa mort).

Dans un contexte politico-religieux faiblement tendu (avant la révocation de l'édit de Nantes et bien après les guerres de Religion), le récit miraculeux de l'Osier, à nette tonalité antiprotestante, a fait l'objet de publications par les autorités catholiques. Une dévotion locale s'est mise en place rapidement, par les habitants locaux, avant d'être organisée par l'évêché de Grenoble, et prise en main par des communautés monastiques. Le pèlerinage local, très important jusqu'au XIXe siècle, existe toujours et rassemble chaque année plusieurs dizaines de milliers de pèlerins.

Le hameau « des Plantés », est un petit hameau de la petite ville de Vinay, sur le plateau de Chambaran, dans le Dauphiné, à 30 km à l'Ouest de Grenoble. En 1649, la région est partagée entre catholiques et protestants. Pierre Port-Combet est huguenot, alors que son épouse Jeanne Pélion, est une fervente catholique. Leurs enfants sont élevés dans la foi protestante.

Malgré les destructions des archives lors de la Révolution française, les événements survenus en 1649 sont abondement documentés car ils ont fait l'objet de procès juridiques contre Pierre Port-Combet, ainsi que d'une enquête ecclésiastique, et les dépositions et enquêtes nous sont parvenues.

Par contre, l'apparition mariale alléguée de 1657 n'est connue que par un récit tardif, rédigé peu après la Révocation de l'Édit de Nantes, et n'a fait l'objet d'aucune enquête. Le récit a été rédigé le 28 avril 1686, 29 ans après les faits, sur la déclaration de Jeanne Pélion (l'épouse du voyant), âgée de 72 ans, devant quatre notaires royaux et en présence de deux prêtres et ayant personnellement connu le voyant : Jaques Jullin, recteur de la chapelle de Notre-Dame de l'Osier, et le père Nicolas, prêtre augustin. Ce document est cité dans une publication réalisée en 1749, à l'occasion du centenaire du premier miracle. Une publication faite en 1670 (trois ans après l'apparition) par un père augustin, évoque sommairement cette apparition mariale. Joachim Bouflet et Philippe Boutry notent que cette déposition tardive est « la transcription d'un récit de tradition, transmis jusqu'à cette date par voie purement orale dans l'entourage du défunt [le voyant], mais n'ayant pas fait l'objet de déclaration publique du voyant, ni a fortiori donné lieu à enquête ni de la part des autorités civiles, ni de la part des autorités ecclésiastiques ». Cette conversion du voyant est évoquée dans un opuscule publié par Pierre de Blossat en 1659, mais il ne mentionne pas ouvertement une apparition mariale.

Le 25 mars 1649, l'agriculteur Pierre Port-Combet décide d'aller couper des branches d'osier. Sa femme le met en garde, car ce jour du 25 mars est la fête de l'Annonciation, fête très importante pour les catholiques, et un jour chômé où tout travail est interdit. Comme il est protestant, il n'en tient pas compte (même si la loi s'applique également aux protestants). Sa femme lui prédit même « quelques malheurs » s'il va travailler un jour de fête de la Vierge Marie, cela ne le convainc pas, car il déclare « qu'il n'y a pas plus de mal d'aller couper des branches, que d'aller à la foire, comme le font d'autres ».

Arrivé devant l'arbre, il utilise sa serpe pour couper des branches sur le tronc, mais du sang se met à couler des différentes entailles, du tronc, comme des branches qu'il a coupées. L'homme se trouve éclaboussé et ses vêtements et chaussures maculées de sang. Effrayé, il vérifie qu'il n'est nullement blessé, et ne souffre d'aucune blessure ou coupures. Il rentre alors effrayé à son domicile, demande à ses enfants de se mettre en prière, et amène son épouse « voir le prodige ». Il explique l'aventure à sa femme, qui fait un test avec la serpe, coupe plusieurs branches, sans faire sortir la moindre goutte de sang. Le mari reprend la serpe et à la première branche coupée, le sang coule à nouveau. Il fait alors appeler son « meilleur ami » Louis Caillat et lui montre le phénomène. Un autre proche voisin, Jean Francillon-Croze est également témoin du phénomène.

Le 30 mars 1649, Pierre Port-Combert fait une première déposition (sur les instances de sa femme et de ses voisins) au juge civil de la châtellenie de Vinay. En conséquence de quoi, il est assigné en justice devant le juge Gaspard Brenier, sur réquisition du procureur de la ville pour avoir contrevenu aux textes de loi interdisant le travail le jour de la fête religieuse. Il tente néanmoins de se soustraire au juge en allant se cacher chez des amis protestants dans le village de L'Albenc, sans succès. Il doit faire une nouvelle déposition le 9 mai. Le procureur réclame une amende de 40 livres. Mais le juge Brenier, qui s'est adjoint pour l'occasion un juge protestant (comme l'accusé) réduit le montant de l'amende à 3 livres.

Le 6 août 1649, l'évêque de Grenoble demande à ouvrir une enquête ecclésiastique. Celle-ci est ouverte en janvier de l'année suivante par les curés des paroisses voisines. Des procès-verbaux de l'enquête sont établis. Cette enquête fait l'objet d'une publication nationale dans la Gazette de France, dès le mois d'août, sous le titre « Le sang sorti d'un arbre coupé le jour de l'Annonciation de la Vierge ». En 1659, Pierre de Blossat publie à Lyon une petite brochure « Relation des miracles de Nostres-Dame de l'Ozier » de 48 pages, relatant le miracle.

En mars 1657, Pierre Port-Combet est en train de labourer son champ à 400 m du lieu du « miracle de l'osier ». Il est toujours protestant et n'a pas encore renié sa foi. Alors qu'il dirige ses bœufs pour le labour, il voit « une belle dame, vêtue de blanc et de bleu, ayant sur sa tête un crêpe noir abattu ». L'homme est très surpris de voir dans ce lieu une femme « d'une beauté si éclatante et d'un port si majestueux » qu'il ne sait que penser.

La « dame » ouvre alors la discussion avec le paysan, lui demandant s'il venait beaucoup de monde prier en ce lieu (du miracle de l'osier). Le voyant répond que oui. La dame reprend lui demandant s'il « s'y fait beaucoup de miracles ». Pierre élude la question et remet en marche ses bêtes. La femme lui demande d'arrêter ses bœufs et l'interroge pour savoir si « l'huguenot qui a coupé l'osier habite bien la région, et s'il ne s'est pas encore converti ». Le voyant esquive la question en répondant « qu'il ne sait pas ». Sur ce la femme lui lance « ha! misérable, tu crois que je ne sais pas que tu es l'huguenot ? » et elle lui intime à nouveau l'ordre de stopper son travail, mais lui refuse et passe outre. Alors elle lui lance que s'il ne les arrête pas, c'est elle même qui arrêtera les bêtes. Pierre déclare alors qu'il les arrêtera lui-même.

La Vierge lui annonce alors que sa vie touche à sa fin et que s'il ne se convertit pas (au catholicisme), il finira en enfer, mais que s'il se convertit, elle-même interviendra en sa faveur devant Dieu. Enfin, elle lui donne pour mission d'aller porter un message aux pèlerins et responsables du sanctuaire, disant que « les prières n'étaient pas assez ferventes, et que s'ils priaient avec plus de ferveur, alors ils recevraient beaucoup de grâces et de faveurs de Dieu ».

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