Ce Jour-là

Apparition mariale de Knock

Apparition mariale à Knock en Irlande en 1879

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L'apparition mariale de Knock ou l'apparition de Notre-Dame de Knock est la désignation donnée à l'apparition de la Vierge Marie qui aurait eu lieu à Knock (Irlande) le 21 août 1879 vers 19 h. Cette apparition de la Vierge Marie, observée par une quinzaine de témoins, aurait été accompagnée d'autres personnes (de saint Joseph, de saint Jean, d'anges et de Jésus-Christ représenté comme « l'Agneau de Dieu »). Aucune parole ou message n'ont été transmis aux voyants durant les deux heures d'apparition dont ils ont dit avoir été témoins.

Très vite, l'évêque du lieu ouvre une enquête canonique (en octobre de la même année), mais, malgré l'avis favorable de la commission, l'évêque choisit de ne pas se prononcer officiellement. En 1936, le nouvel évêque ouvre une nouvelle enquête qui aboutit elle aussi à un avis favorable du caractère surnaturel des événements, et l'évêque envoie le dossier au Saint-Siège. L'évêque n’effectue aucune déclaration canonique de reconnaissance de l'apparition. Plusieurs papes sont allés prier à Notre-Dame de Knock, dont Jean-Paul II ou François.

Dans un contexte de fortes tensions politiques et sociales du peuple irlandais face à l'autorité britannique, cette apparition a un grand écho et impact dans la population en 1880. Très vite, dans les mois qui suivent, les premiers pèlerins affluent vers le lieu de l'apparition déclarée. Après une phase de déclin, le pèlerinage au sanctuaire de Knock est relancé dans les années 1930. Il accueille aujourd'hui plus d'un million de pèlerins par an.

Jamais à ce jour, ni l'évêque du lieu, ni le Vatican ne se sont prononcés pour une reconnaissance canonique.

Le village de Knock en 1879 était situé à l'écart des axes de communication et de la vie économique du pays. Il compte alors une douzaine de maisons. La population cultivaient la pomme de terre qui était la base de son alimentation. La viande et le thé étaient consommés uniquement lors de grandes occasions. L'Irlande étant toujours sous domination britannique, la question de l'autonomie gouvernementale irlandaise était une question brûlante.

Une dizaine d'années plus tôt avait débuté la guerre agraire dans le comté de Mayo, et la Ligue agraire nationale irlandaise militait pour améliorer le sort des paysans pauvres irlandais. À cette époque, les paysans irlandais n'étaient pas propriétaires des terres qu'ils travaillent. De fortes tensions politiques et sociales agitaient les populations (qui demandaient le droit de devenir propriétaires de leurs terres) et l'occupant anglais. Le clergé catholique avait parfois des attitudes ambivalentes, ne soutenant pas la population dans ses revendications, par crainte d'actions violentes et la de répression anglaise.

L'empire britannique tentait également d'imposer la langue anglaise sur la population, interdisant la pratique du gaélique dans les écoles, ce qui avait pour conséquence que la jeune génération ne parlait plus le gaélique, alors que les plus anciens, ne comprenaient pas encore l'anglais. Ainsi, il est rapporté que le curé du village devait faire chaque dimanche son prêche en anglais et en irlandais pour être compris des jeunes (qui ne comprenaient que l'anglais) et des vieux (qui ne comprenaient que le gaélique). Enfin, le gouvernement proposait des aides alimentaires aux plus pauvres, uniquement si les populations acceptaient de renier leur foi catholique, et de se convertir à l'anglicanisme.

La soirée du jeudi 21 août 1879 est très humide. Vers 19 h, la pluie se met à tomber à verse lorsque Marguerite Byrne, une fille du village âgée de 15 ans, rentre chez elle et voit une lumière insolite sur le mur extérieur de l'église, le pignon de la petite église du village, mais elle n'y prend pas garde. Peu après, une femme de 26 ans, Mary McLoughlin, passe à son tour et voit trois personnages « comme éclairés sur le même mur ». Sa première réaction est de penser qu'il s'agit de statues, et elle continue sa route. Lorsqu'elle repasse dans la rue, accompagnée par une autre femme, elle remarque que les « statues bougent », et comprend qu'il s'agit d'une « apparition ». D'autres personnes commencent à arriver sur les lieux, et Mary va avertir le curé qui n'accorde aucune importance à ses déclarations. C'est une vingtaine de personnes différentes qui se rassemblent et vont observer cette scène extraordinaire. Certains vont rester jusqu'à une heure voire une heure et demie, d'autres repartent au bout de 15 à 20 minutes, trempés par la pluie. Pendant près de deux heures, un groupe oscillant entre 2 et 25 personnes se tiennent debout ou s'agenouillent en regardant les personnages tandis que la pluie les frappe dans l'obscurité croissante.

Les témoins ont déclaré avoir vu une apparition de Notre-Dame, saint Joseph et saint Jean l'Évangéliste à l'extrémité sud du pignon de la petite église paroissiale (l'église Saint-Jean-Baptiste). Derrière eux et un peu à gauche de saint Jean, se trouvait un simple autel. Sur l'autel se trouvait une croix et un agneau, avec des anges adorateurs. Si la vision est resté statique, un voyant précise que « les personnages semblaient se déplacer légèrement, avançant et reculant ». Cette vision est restée parfaitement silencieuse, aucun des personnages ne « parlant ». Un fermier, à environ 800 mètres de la scène, a décrit plus tard ce qu'il voyait comme un grand globe (d'apparence circulaire) de lumière dorée, au-dessus et autour du pignon.

La vision de Marie a été décrite comme étant belle, se tenant à 60 cm au-dessus du sol. Elle portait une cape blanche, suspendue en plis pleins et attachée au cou. Elle a été décrite les yeux levés vers le ciel, les mains levées au niveau des épaules ou un peu plus haut, les paumes se faisaient face l'une à l'autre, comme si « Elle était en prière ». Elle portait une couronne brillante sur la tête, et sur le front, au bas de la couronne, une belle rose.

Saint Joseph, également vêtu d'une robe blanche, se tenait à la droite de la Vierge. Sa tête était penchée en avant, des épaules tournées vers la Sainte Vierge. Un voyant précise : « il semblait en train de rendre hommage à Marie ». Il est décrit avec « des moustaches grises et une chevelure grisonnante ». Ses mains étaient jointes, comme celles d'une personne en prière. Saint Jean l'Évangéliste se tenait à gauche de la Sainte Vierge. Il était vêtu d'une longue robe et portait une mitre. Il était en partie détourné des autres personnages. Certains témoins ont rapporté que saint Jean semblait prêcher et qu'il tenait ouvert un grand livre dans sa main gauche (un livre de messe ou un évangile). À gauche de saint Jean se trouvait un autel, avec un agneau dessus, et une croix debout sur l'autel derrière l'agneau.

Ceux qui ont été témoins de l'apparition se sont tenus sous la pluie battante pendant près de deux heures en récitant le chapelet. Lorsque l'apparition a commencé, il y avait une bonne lumière, mais bien que la lumière diminue et devienne très sombre, les témoins pouvaient encore voir les personnages très clairement - ils semblaient être de la couleur d'une lumière argentée brillante. Les apparitions n'ont pas scintillé ni bougé de quelque façon que ce soit. Les témoins ont rapporté que le sol autour des personnages est resté complètement sec pendant l'apparition, bien que le vent soufflait du sud, et qu'il pleuvait fort.

Le témoin le plus âgé était une femme d'environ 74 ans, le plus jeune était un enfant, John Curry âgé de 6 ans lors des faits. Le garçon, trop petit pour voir par dessus le mur de clôture, a été porté par un cousin, ainsi il a pu admirer ce qu'il appelait les « grands bébés ». Le nombre de voyants évolue dans le temps, oscillant de 2 à 25 environ, avec une moyenne d'une quinzaine. Certains rentrant chez eux (avant la fin), trempés jusqu'aux os.

Dans ses travaux, John White semble indiquer que cette apparition silencieuse se serait poursuivie durant trois années. Aucune autre source n'en fait mention.

Les voyants cités par les différentes sources sont :

famille Byrne : Margaret Byrne (la mère, 68 ans), les enfants Mary Byrne (29 ans), Margaret Byrne (21 ans), Patrick Byrne (16 ans), Dominick Byrne (son frère, 20 ans), Dominick Byrne (cousin du précédent et homonyme), Dominick Byrne sénior (36 ans).

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