Richard David James, mieux connu sous le nom de scène Aphex Twin, est un compositeur britannique de musique électronique, né le 18 août 1971 à Limerick, en Irlande. Il grandit en Cornouailles. Il est généralement considéré comme un des artistes les plus influents de la scène électronique, en particulier dans les genres ambient techno et IDM.
Débutant par un style proche de l'acid techno, avec des sorties sous les pseudonymes AFX et Polygon Window, James est salué par la critique pour son premier album, Selected Ambient Works 85-92, publié en 1992. Durant cette période, il s'associe au label britannique Warp et cofonde le label indépendant Rephlex Records. En 1997, il accède à la notoriété avec le single Come to Daddy, et surtout, deux ans plus tard, avec le single Windowlicker, qui atteint la 16e place du classement hebdomadaire des singles au Royaume-Uni. Ces deux singles restent célèbres pour leurs clips réalisés par Chris Cunningham.
Après son album Drukqs en 2001, James entre dans une période d'inactivité sous le pseudo Aphex Twin, mais continue à produire de la musique sous d'autres pseudonymes, notamment la série d'EP Analord en 2005 sous celui d'AFX avant deux autres sorties en 2007 sous celui de The Tuss. Il fait son retour en 2014 sous l'alias Aphex Twin avec l'album Syro, qui remporte le Grammy Award du meilleur album dance/électronique à l'occasion de la 57e cérémonie des Grammy Awards.
James naît en 1971 à Limerick, de parents gallois. Son père est mineur et sa mère, infirmière. Il grandit à Lanner, en Cornouailles, avec deux sœurs aînées, et vit une enfance « très heureuse » au cours de laquelle il « peut faire ce qu'il veut ». Il aime se sentir séparé des villes voisines et du reste du monde. Dans ses premières expériences musicales lorsqu'il est enfant, James joue avec les cordes du piano de sa famille, à l'image du piano préparé du compositeur John Cage. À l'âge de neuf ans, il commence à acheter des cassettes et des magnétophones. Il fréquente la Redruth School à Redruth, et prétend avoir produit du son sur un Sinclair ZX81 (une machine sans matériel audio) à l'âge de 11 ans : « Quand j'avais 11 ans, j'ai gagné 50 livres dans un concours pour avoir écrit ce programme qui produisait du son sur un ZX81. Vous ne pouviez pas produire de son sur un ZX81, mais j'ai joué avec le code machine et trouvé des codes qui retransmettaient le signal de la télévision de manière à produire ce bruit très étrange lorsque vous montiez le volume. » Un blogueur ayant enquêté sur cette affirmation a découvert que le concours avait été gagné par une personne portant un nom différent, Garry N. Owen, mais il s'agit peut-être de James caché sous un pseudonyme.
À douze ans, il achète son premier synthétiseur, qu’il assemble : « J’ai commencé en modifiant des synthétiseurs analogiques et la camelote que j’avais achetés, et je suis devenu accro à la fabrication de bruits. J'étais en effervescence. Auparavant, je n'avais jamais vraiment écouté de musique. »
À treize ans, il fait l'acquisition d'un Roland 100M monosynth — une sorte de SH-101 — qui l'agace grandement. Il se met alors à modifier les composants de ses synthétiseurs. Au collège, il suit des cours en électronique, et déclare à ce propos que « la musique et l'électronique vont de pair ». Adolescent, il est disc jockey au Shire Horse Inn de St Ives, au Bowgie Inn de Crantock avec Tom Middleton et sur les plages de Cornouailles. James étudie au Cornwall College de 1988 à 1990 et y décroche un diplôme national d'ingénieur. Selon un de ses professeurs, James porte souvent des casques audio pendant les cours pratiques, « pensant sans aucun doute aux mixes sur lesquels il travaillerait plus tard ».
En 1989, James se lie d'amitié avec Grant Wilson-Claridge alors qu'ils travaillent alternativement comme DJ dans un pub, près de Newquay, sur la côte Atlantique des Cornouailles. Wilson-Claridge est intrigué par les platines de James et lorsqu'il découvre que celui-ci joue des cassettes de sa propre musique, il suggère d'en faire des disques. Au début, mettre les disques d'Aphex Twin sur vinyle était une façon de produire de la musique pour les amis du duo, qui ne pouvaient se déplacer jusqu'à Londres en raison de l'éloignement géographique.
La première sortie de James sous le nom d'Aphex Twin, qui sera ensuite changé pour AFX, est l'EP Analogue Bubblebath, publié en 1991 au format 12" sur le label Mighty Force Records (en). La piste En Trance to Exit est enregistrée avec Tom Middleton, également connu sous le nom de Schizophrenia. L'EP figure sur la playlist de Kiss FM, une radio influente de Londres, qui contribue à sa popularité.
En 1991, James et Wilson-Claridge fondent Rephlex Records pour promouvoir « l'innovation dans le domaine de l'acid - un genre de musique house très aimé et mal compris, oublié par certains et nouveau pour d'autres, notamment en Grande-Bretagne. » Cette même année, James publie deux EP en plus d'Analogue Bubblebath : Analog Bubblebath Vol 2, sous le pseudonyme d'AFX, ainsi que Bradley's Beat, sous le pseudonyme de Bradley Strider. Bien qu'il ait déménagé à Londres pour suivre un cursus d'électronique à Kingston Polytechnic, ses études battent de l'aile et sa carrière de musicien a désormais sa priorité. La signature d'un contrat avec le label belge R&S Records, sur lequel il publiera plusieurs de ses premières œuvres (Selected Ambient Works 85-92, Digeridoo, Xylem Tube), marque la fin de ses études.
Après avoir arrêté les études, James publie des albums et des EP sur plusieurs labels (dont Warp) derrière un certain nombre de pseudonymes (parmi lesquels AFX, Polygon Window et Power-Pill) ; plusieurs de ses morceaux, publiés sous des pseudonymes tels que Blue Calx et The Dice Man, paraissent sur des compilations. À la suite de son déménagement à Londres, il s'installe dans l'immeuble reconverti d'une ancienne banque dans le quartier Elephant and Castle.
Le premier album complet de Aphex Twin, Selected Ambient Works 85-92, sort le 12 février 1992 sur le label Apollo (en), une division de R&S Records. Il comprend des titres dont la conception remonterait à l'adolescence de Richard D. James. AllMusic le décrit comme « un tournant décisif pour la musique ambient ». En 2002, Rolling Stone déclare à propos de l'album : « Aphex Twin expérimentait bien au-delà de la musique ambient de Brian Eno en fusionnant des paysages sonores luxuriants avec des beats océaniques et des lignes de basse. [...] Il a prouvé que la techno pouvait être plus que de la musique dance de drogué ». Pitchfork le considère comme étant « parmi les musiques les plus intéressantes jamais créées avec un clavier et un ordinateur ». Cependant, les morceaux ont été enregistrés sur cassette et leur qualité sonore est relativement médiocre.
En 1992, James sort également les EP Digeridoo et Xylem Tube sous le nom Aphex Twin, toujours sur le label R&S Records, Pac-Man (EP) (basé sur le jeu d’arcade) sous le pseudonyme Power-Pill, ainsi que deux des quatre EP de la série Joyrex sous l'alias Caustic Window. Digeridoo atteint la 55e position du classement des singles britanniques et a été décrit par la suite par Rolling Stone comme préfigurant la drum and bass. James raconte qu'il a composé Digeridoo pour disperser son auditoire après une rave.
En 1993, James dévoile Analogue Bubblebath 3, les EP On et Bradley's Robot ; les deux derniers EP de la série des Joyrex sous l'alias Caustic Window ; et deux sorties qui sont ses premières chez Warp : Surfing on Sine Waves et Quoth, sous le pseudonyme Polygon Window. L'année suivante, Warp Records publie l'album Selected Ambient Works Volume II, qui explore un son plus porté sur l'ambient que son prédécesseur Selected Ambient Works 85-92, axé lui sur le rythme. James déclare dans des interviews que les sonorités de l'album lui ont été inspirées par des rêves lucides et qu'au réveil, il a tenté de recréer les sons et de les enregistrer. Bien qu'atteignant le 11e rang dans les charts britanniques, Selected Ambient Works Volume II n’est pas particulièrement bien accueilli, le critique Simon Reynolds notant en 1999 que « beaucoup de fans d’Aphex ont été pris par surprise » et « restaient divisés » sur l’album.