Fernando Martins de Bulhões, souvent appelé en latin Antonius Ulyssiponensis, en religion frère Antoine, né en 1195 à Lisbonne (Portugal) et mort le 13 juin 1231 près de Padoue (Italie), est un prêtre franciscain portugais, maître de doctrine spirituelle, prédicateur de renom et thaumaturge, qui fut canonisé en 1232, moins d’un an après sa mort, et déclaré docteur de l'Église en 1946.
Liturgiquement, il est commémoré le 13 juin et vénéré sous le nom de saint Antoine de Padoue.
Littérairement, il fait notamment l’objet des chapitres 39 et 40 des récits légendaires Les Fioretti de saint François d'Assise d’Ugolino da Brunforte pour son fameux prêche aux poissons à Rimini. Représenté sous les traits d'un homme jeune et mince tenant dans ses bras l'Enfant Jésus assis sur une Bible, il est l'un des saints les plus populaires.
Fernando Martins de Bulhões est né vers 1195 à Lisbonne, dans une famille noble et militaire. Il étudie au monastère de la Sainte-Croix de Coïmbre. À 15 ans, il entre chez les chanoines réguliers de saint Augustin au monastère de Saint-Vincent de Fora. Il y demeure 2 ans avant de demander son transfert au monastère de Santa Cruz de Coïmbre. Il y est ordonné prêtre au printemps 1220.
La même année, les dépouilles des franciscains martyrs du Maroc sont ramenées au Portugal. Le témoignage de ces vies bouleverse le jeune prêtre de 25 ans et le conduit à demander son admission parmi les disciples de François d'Assise ; il y devient « frère Antoine » en hommage à saint Antoine du désert, premier ermite chrétien connu.
À sa demande, il part en mission au Maroc, mais doit être rapatrié en Europe dès 1221 pour des problèmes de santé. Son bateau est poussé par les vents vers la côte de Sicile, où il rencontre les franciscains de Messine auprès de qui il recouvre la santé. Il se rend par après à l'église de la Porziuncola (aujourd'hui insérée dans la basilique Sainte-Marie-des-Anges d'Assise) pour participer aux côtés de François d'Assise au chapitre général du 30 mai 1221, et passe près d'un an au couvent de Montepaolo, pratiquement isolé du reste de la communauté.
En 1222, lors de l'ordination de plusieurs franciscains, il doit prendre la parole à la place d'un frère et montre un grand talent d'orateur et d'érudit. François d'Assise l'envoie alors prêcher en Italie et en France.
Antoine connaissait très bien la théologie, et ses prédications rencontrent un succès important. Il prêche et enseigne la théologie à Bologne, puis va s'établir dans le Sud de la France, à Toulouse et à Montpellier, favorisant la conversion de nombreux cathares. Il fonde un monastère à Brive, où il obtient de nombreuses conversions. Tout comme Vincent Ferrier et Torquemada, il va d'ailleurs être surnommé le « marteau des hérétiques ». Sa connaissance remarquable des Saintes Écritures lui fait conférer le titre de « Trésor vivant de la Bible » par le pape Grégoire IX, qui ne cache pas son admiration.
En 1226, il est nommé custode du Limousin. Il fonde le couvent de Brive puis rejoint Limoges en novembre. En 1227, après la mort du fondateur de son ordre, François d'Assise, il est nommé supérieur provincial d'Italie du Nord, tout en continuant ses prêches et ses controverses face aux albigeois. La tradition rapporte qu'en 1227, au moment de son retour de France, il aurait fait édifier un sanctuaire dédié à la Bienheureuse Vierge des Grâces dans la ville de Gemona del Friuli, située dans le Frioul (Italie). Gemona abritait à l'époque une importante communauté de patarins, secte considérée comme hérétique, et contre laquelle Antoine prêchait. Ce sanctuaire, qui existe toujours, sera le premier consacré à saint Antoine dans le monde.
Il arrive à Padoue en 1228 où il vient en aide aux nécessiteux. Il renonce en 1230, au chapitre, à sa charge de ministre provincial.
Il est alors envoyé à Rome, où il devient l'un des conseillers du pape Grégoire IX, qui s'interroge sur la validité du testament de François d'Assise.
En 1231, il est envoyé à Padoue, où il poursuit ses prêches durant le Carême. Il meurt d'hydropisie et d'épuisement le 13 juin suivant, à Arcella (it), près de Padoue à l'âge de 36 ans.
Si son apostolat dura moins de dix ans, le rayonnement de ses paroles et de ses actes aura une portée internationale jusqu'à nos jours. Antoine est canonisé dès le 30 mai 1232 par le pape Grégoire IX, en raison d'une quarantaine de guérisons. Les foules viennent nombreuses. Aujourd'hui encore, elles se pressent dans la basilique qui lui est dédiée à Padoue, en Italie, principalement lors des célébrations le jour de sa fête, le 13 juin.
Le culte du saint se répand surtout aux XVe et XVIe siècles. Il devient le saint national du Portugal, dont les explorateurs le feront connaître au monde entier ; au début du XVIIIe siècle, au royaume du Kongo, le mouvement antonianiste lancé par Kimpa Vita fait de lui un « second dieu ». Il est ainsi le patron des marins, des naufragés et des prisonniers (voir sa fiche pour le reste). Saint également vénéré en Italie, son culte (dulie) est ensuite propagé en France par l'immigration italienne après la Première Guerre mondiale.
À partir du XVIIe siècle, il est également invoqué pour retrouver les objets perdus, puis pour recouvrer la santé et, enfin, pour exaucer un vœu. L'idée d'invoquer saint Antoine pour retrouver les objets perdus vient du fait qu'un voleur (qui deviendra un pieux novice) lui aurait dérobé ses commentaires sur les psaumes et se serait ensuite senti obligé de les lui rendre.
Les récits le concernant contiennent de nombreux épisodes surnaturels, comme sa faculté de bilocation, celle de se faire entendre et comprendre des poissons (épisode se déroulant à Rimini et narré dans les Fioretti de saint François d’Assise d'Ugolino da Brunforte), ou l'épisode selon lequel il aurait une nuit tenu l'Enfant Jésus dans ses bras.
Les principaux attributs d'Antoine de Padoue sont la bure franciscaine, l'Enfant Jésus, une mule, un livre, des poissons, un cœur enflammé, un lys.
Au Moyen Âge, les représentations de saint Antoine de Padoue sont assez rares, mais elles deviennent très courantes à partir du XVe siècle. La plupart des églises comptent aujourd'hui une statue de lui. Il est généralement représenté vêtu de la bure franciscaine nouée par une cordelière à trois nœuds, et tenant dans ses bras l'Enfant Jésus et en main un exemplaire de l'Évangile.